Trois ans après son premier passage à l’ASVEL, Yves Pons, 27 ans, est de retour à Villeurbanne. Mais derrière le joueur se cache aussi un passionné de photographie, qui voit déjà Lyon comme un terrain de jeu. Portrait.
Il nous a suffit de quelques minutes pour comprendre le personnage. Lors du Media Day de l’ASVEL, ce mardi 15 septembre à l’Astroballe de Villeurbanne, Yves Pons se balade avec son appareil photo, immortalise ses coéquipiers et s’amuse même à filmer les journalistes lorsqu’ils viennent l’interroger.
Le sourire est présent. Le ton posé du haut de ses deux mètres. Trois ans après avoir quitté Villeurbanne, l’ailier est de retour dans un environnement qu’il connaît bien. "C’est un grand honneur de pouvoir revenir à l’ASVEL. Je me sens comme à la maison. Le projet est incroyable. On a un staff et une équipe au top", confie-t-il à Lyon Capitale.
Son retour s’effectue aussi dans un contexte particulier. Coaché par T.J. Parker lors de son premier passage, il sera désormais entraîné par le frère, Tony. "Ça fait bizarre d’avoir Tony Parker en tant que coach. Les derniers textos que j’avais de lui, c’était lorsqu’il était président, en 2023. Il est très transparent dans sa manière de parler, très positif, donc c’est motivant."
Les ambitions sont grandes, à commencer par une performance en EuroLeague, l’un des objectifs affichés d’Yves Pons durant ses années espagnoles. "Retrouver l’EuroLeague était un de mes objectifs de ces trois dernières années. Cette année, on y est, donc il va falloir faire le taf. Et pour moi, c’est un très bon sentiment."
De l’ASVEL à l’Espagne, trois années pour grandir
Né à Port-au-Prince (Haïti), Yves Pons est adopté à l’âge de quatre ans par une famille française. Il grandit à Fuveau, près d’Aix-en-Provence, dans un environnement marqué par la culture. Sa mère est danseuse de jazz et son grand-père musicien. La photographie et la danse font partie de ses premières passions. Le basket arrive un peu plus tard. Ses qualités physiques l’amènent au Centre fédéral de l’INSEP, avant un départ aux États-Unis en 2017 pour être formé chez les Tennessee Volunteers.
Son profil lui ouvre les portes de la NBA, avec les Memphis Grizzlies, où il dispute douze rencontres lors de la saison 2021-2022. Puis, il revient en France et découvre l’ASVEL en 2022. Avec le club villeurbannais, il remporte la même année la Leaders Cup en 2023 et le concours de dunks du All-Star Game LNB. Il choisit ensuite de poursuivre sa progression en Espagne, au Bàsquet Girona puis au BC MoraBanc Andorra.
"J’ai vraiment adoré le championnat espagnol et la vie là-bas. Le basket est différent. Je vais ramener deux, trois trucs ici qu’on ne fait pas forcément en France", assure-t-il. Lesquels ? "Je les garde en secret", lâche-t-il en riant. "Défensivement, il y a des techniques qu’on ne voit pas en France, donc ça risque d’en surprendre plus d’un."
En parallèle de son retour à l’ASVEL, Yves Pons garde un objectif en tête avec l’équipe de France. "L’objectif est d’atteindre le groupe. Pour l’instant, je suis dans le groupe élargi, mais je vais essayer, petit à petit, d’intégrer les douze. En France, on a la chance d’avoir des gros compétiteurs. La concurrence est aussi très élevée, donc ce n’est pas facile d’avoir sa place."
"Je me sens bien à Lyon"
À 27 ans, Pons a bien grandi. "J’ai plus d’expérience que lors de mon premier passage. Plus de confiance et de tirs à trois points aussi", glisse-t-il. Son rôle, lui, est clairement identifié. "J’apporte beaucoup d’énergie, que ce soit défensivement ou offensivement. Ils ont confiance en moi sur mon tir à trois points que j’ai développé ces dernières années, sur mon agressivité. Et sur toutes les choses qui ne peuvent pas apparaître sur la feuille de match."
De retour dans la capitale des Gaules, Yves Pons ne retrouve pas seulement un club, il retrouve aussi une ville qu’il apprécie. "Je me sens bien à Lyon. Il y a de bons restaurants, de beaux coins à photographier. On se rapproche de la famille et des amis. Je ne vais pas vous mentir, j’aime bien aussi l’étranger, mais revenir jouer devant les fans français est un plaisir."
Avec son expérience, il pourrait également jouer les guides auprès des nouveaux arrivants. À condition de ne pas lui demander les meilleures boîtes de nuit. "Je suis un peu vieux jeu, donc je ne pourrais pas leur faire découvrir des boîtes de nuit. En revanche, pour les sorties ludiques, les restaurants et les coins, je pourrais leur montrer des choses."
La photographie comme passion
Son appareil photo ne lui sert pas seulement à passer le temps entre deux entraînements et s’amuser avec les copains. "Ça fait dix ans que je fais de la photographie en parallèle. Ça me permet de décompresser et d’avoir un équilibre avec la vie professionnelle au basket. Et pourquoi pas faire une transition là-dessus après ma carrière." Le joueur possède même un compte Instagram secondaire consacré à ses shootings.

Ses lieux favoris sont déjà identifiés : le Vieux Lyon, Caluire-et-Cuire, le musée des Confluences, les quais et le parc de la Tête d’Or. Fans d’Yves Pons, vous saurez où le trouver. Et ce ne sera pas avec un ballon dans les mains…
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