Christian Janier entouré de ses deux enfants, Pierre et Alice, devant les portraits de trois générations familiales de fromagers affineurs @William Pham
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Meilleurs Ouvriers de France : Christian Janier, fromager affineur

Depuis quatre générations, la maison Janier affine et commercialise une sélection de fromages fermiers et artisanaux. Une passion récompensée en 2000, par un titre de Meilleur Ouvrier de France.

“Comme Obélix, je suis tombé dans le chaudron quand j’étais tout petit”, résume Christian Janier. Sauf que sa potion magique à lui a un nom : le comté. “De par les origines jurassiennes de la famille, j’ai une affection pour le comté qui reste, pour moi, un grand classique.” Et d’ajouter, hilare : “Si je n’ai pas un morceau de comté à la maison, je tue le chien ! Et mon chien est toujours en vie.”

Tout a commencé par une carriole tirée par des chevaux. À la fin du XIXe siècle, Clément-Félix Janier, jurassien du lieu-dit les Janier (ça ne s’invente pas), dans la commune des Piards, près de Prénovel, charge quelques pains de comté et tente sa chance sur la route de Lyon. L’opération, renouvelée avec succès, le convainc de s’installer à Lyon. Le dernier voyage reste dans la mémoire familiale puisqu’en plus des meules, c’est toute sa famille qu’il embarque pour ce départ définitif. Un petit commerce de détail ouvre en 1885, rue Paul-Bert, dans le quartier de la Part-Dieu. L’histoire continue depuis dans les sous-sols de Perrache.

Son fils Noël, puis le petit-fils Maurice, perpétuent l’aventure. Fils unique très complice avec son père, Maurice apprend le métier dès 6 ans, retournant les fromages en cave. Le BEPC à peine en poche, il quitte l’école à 15 ans pour travailler à ses côtés. Noël l’envoie ensuite en stage chez plusieurs fournisseurs où il se frotte au bleu d’Auvergne, au camembert, et à bien d’autres productions. Un vrai tour de France du fromage. De commissionnaires en produits laitiers, le père et le fils font leurs premiers achats fermes, posant les bases de la maison Janier, avant que Christian n’en prenne à son tour les rênes.

À plusieurs mètres sous terre, dans les caves maintenues entre 10 et 12 degrés et à 90 % d’hygrométrie, un stock de 100 tonnes est affiné en permanence. @Willima Pham

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