Dans une tribune publiée ce dimanche, plus de 600 élus locaux, dont les maires de Lyon et Paris, ou encore Marine Tondelier, demandent l’adoption d’une loi intégrale et plus de moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Alors que la mort de la jeune Lyhanna en mai dernier a remis en lumière le manque de moyens alloués à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et que la classe politique lyonnaise a été secouée par la plainte pour viol déposée contre Roman Abreu, ex-conseiller de Jean-Michel Aulas, plus de 600 élus locaux "s’engagent pour une loi intégrale" dans une tribune publiée ce dimanche 12 juillet chez nos confrères de La Tribune Dimanche. Parmi eux, le maire de Lyon, Grégory Doucet, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, la patronne des Écologistes Marine Tondelier ou le communiste Fabien Roussel.
"Dans les foyers, les écoles, les clubs de sport, les structures culturelles ou l’espace public, les violences sexuelles s’inscrivent dans un continuum qui traverse tous nos territoires. Élus de grandes métropoles, villes, villages, zones rurales et territoires ultra-marins, aucun territoire n’est épargné. Face à ce phénomène massif, structurel et systémique, la réponse publique demeure trop fragmentée et insuffisamment dotée", écrivent ainsi les élus en préambule, apportant dans le même temps leur "soutien" à la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes. Les signataires interpellent notamment le Gouvernement et le Parlement, leur demandant d’inscrire cette proposition de loi "en priorité" à l’agenda parlementaire "afin qu’elle soit examinée et votée dans son intégralité en octobre 2026, conformément à l’engagement pris par le Premier ministre le 23 juin."
Donner aux collectivités "les moyens de protéger, accompagner et transformer"
Toujours dans leur tribune, les élus déplorent des moyens "largement insuffisants", pourtant "indispensables pour renforcer les missions des collectivités et soutenir durablement le tissu associatif en particulier là où les dispositifs institutionnels sont saturés ou insuffisamment adaptés", assurent-ils encore.
Et d’ajouter : "Nous, collectivités, prenons déjà nos responsabilités. Avec la loi intégrale, nous sommes déterminées à renforcer nos politiques pour briser la spirale des violences sexuelles, protéger les victimes et contribuer à l’éradication de la culture du viol. Mais nous ne pouvons pas, et ne devons pas, agir seules. Il est temps que l’État donne à l’ensemble des acteurs et actrices les moyens de cette ambition, en faisant adopter cette loi intégrale et en l’accompagnant d’un budget à la hauteur des enjeux."
Lors du conseil municipal du 25 juin, le maire de Lyon avait notamment exprimé son souhait d’organiser une commission des violences sexistes et sexuelles (VSS) en septembre prochain. Cette dernière serait "le point de départ" d’un pacte municipal de lutte contre les VSS voulu "transpartisan" par Grégory Doucet afin de transformer "l’affaire Abreu" en "action résolue." L’ensemble des groupes de l’hémicycle avaient approuvé la proposition.
