Le maire de Lyon et le maire de Villeurbanne ont décidé d'apporter leur soutien au monde de la culture, menacé par d'importantes coupes budgétaires.
Alors que des menaces de gel budgétaire planent sur le monde de la culture, une quarantaine d'élus français, dont le maire de Lyon Grégory Doucet et celui de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, ont signé une tribune lancée par les acteurs du milieu culturel. Pour rappel, il y a quelques jours, le gouvernement annonçait un possible gel des subventions pour 28 structures culturelles, dont le TNP de Villeurbanne, ou encore l'Opéra de Lyon.
Si la directrice régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes, Aymée Rogé, rappelait lundi 6 juillet, qu'il était bien question d'"un gel d'une partie des crédits", "visant à mettre de côté une partie de la subvention en espérant pouvoir la reverser d'ici la fin de l'année" et non "d'une baisse de la subvention", les directeurs des 28 structures concernées s'inquiètent et dénoncent un "arbitrage brutal sans concertation préalable".
"De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits"
Les acteurs de la cultures craignent notamment que ces nouvelles coupes viennent aggraver un domaine déjà très fragile : "de telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions", peut-on lire dans la tribune écrite par les 28 directeurs concernés. Déjà fragilisées par de nombreuses coupes depuis plusieurs années, le monde culturel s'inquiète de devoir faire face à des "arbitrages impossibles", tels que des annulations de spectacles, des abandons de projet, ou encore des suppressions de poste.
La tribune questionne également l'efficacité de ces coupes, visant à faire diminuer le déficit de l'Etat : "celle et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?", questionnent par ailleurs les acteurs du monde culturel, demandant à Emmanuel Macron de "ne pas laisser s'accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle."
Les structures "prêtes à participer à la réflexion collective"
En parallèle, les directeurs des 28 structures affirment être "prêts à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle". "Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée", rappellent-t-ils.
"En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires. Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement", concluent-ils enfin.
De leur côté, plusieurs élus français appellent l'Etat à réagir. En marge d'une conférence organisée au TNP lundi 6 juillet, le maire de Villeurbanne Cédric Van Styvendael, réaffirmait son soutien au monde de la culture, tout en alertant : "Oui pour continuer à soutenir ce théâtre mais il faut que tout le monde joue le jeu, y compris au delà de l'Etat, dont la Métropole et la Région."
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