Le Congrès des Villes de France se tient jeudi 2 et vendredi 3 juillet à Roanne. Un événement institutionnel majeur qui remet la Loire au centre de l'agenda gouvernemental, après plusieurs années d'éclipse.
Roanne accueille cette semaine le gratin des villes moyennes françaises. Le Congrès annuel de Villes de France, association qui rassemble les communes de 10 000 à 100 000 habitants, se tient les 2 et 3 juillet au Scarabée, à cheval entre Roanne et Riorges. Après Libourne l'an dernier, la sous-préfecture ligérienne prend le relais. Un choix qui n'est pas anodin pour la Loire.
Plusieurs centaines de maires, élus locaux et partenaires publics et privés sont attendus. Surtout, quatre ministres feront le déplacement, ce qui constitue un signal politique fort. Jeudi, Françoise Gatel, ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, ouvrira les débats aux côtés de Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Vendredi, ce sera au tour de Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, et d'Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique. Le président de l'association, Gil Avérous, maire de Châteauroux, animera les échanges.
Quatre tables rondes pour un mandat qui débute
Trois mois après les élections municipales de mars 2026, le congrès s'ouvre sur un mandat neuf pour les villes moyennes. Le programme reflète les priorités du moment. Ainsi, quatre tables rondes structurent les deux journées. Elles porteront respectivement sur l'autonomie financière des villes, la sécurité du quotidien, l'attractivité des centres-villes via le dispositif Action Cœur de Ville, et enfin les usages de l'intelligence artificielle au service de la performance publique.
Ces thématiques concentrent en effet les tensions de la période. En premier lieu, l'autonomie financière des communes demeure un serpent de mer. Les élus locaux réclament davantage de visibilité budgétaire sur l'ensemble du mandat. Par ailleurs, la sécurité du quotidien reste un dossier brûlant, avec la lutte contre le narcotrafic et le développement des polices municipales. Enfin, la maîtrise des usages de l'IA au service des politiques publiques constitue un sujet émergent, sur lequel les villes moyennes cherchent leur place face aux grandes métropoles mieux dotées.
Un signal politique pour la Loire
Le choix de Roanne récompense d'abord une candidature locale portée par Yves Nicolin. Le maire LR, réélu le 22 mars dernier avec 53,37 % des voix pour un quatrième mandat, préside également Roannais Agglomération. Il a bâti une partie de son bilan sur le programme Action Cœur de Ville, qu'il défend régulièrement dans les médias nationaux.

Au-delà du symbole roannais, l'événement dépasse largement le cadre local. En effet, la Loire s'était trouvée à l'écart de l'agenda ministériel ces dernières années. Le fait qu'un département accueille désormais quatre ministres en deux jours marque donc un renversement de tendance. Pour Régis Juanico, nouveau maire de Saint-Étienne et président de Saint-Étienne Métropole, comme pour Yves Nicolin à Roanne, ce congrès offre une occasion rare de peser dans les arbitrages nationaux à venir sur l'aménagement des territoires.
