À Saint-Fons, les salariés de Polytechnyl dénoncent une reprise partielle par un fonds américain qui entraînera la suppression de la quasi-totalité des 547 emplois du site.
Des salariés de l'entreprise chimique Polytechnyl se sont rassemblés mardi à Saint-Fons, près de Lyon, pour protester contre sa reprise par un fonds d'investissement, qui va entraîner la mise sur le carreau, dès la fin de semaine, de la majorité de ses employés. "Jusqu'à hier, j'attendais encore un miracle", a confié à l'AFP Olivier Serre, 51 ans, au lendemain d'une décision de la justice commerciale qui a validé l'offre de l'Américain Lone Star bien qui ne prévoit de conserver que 72 salariés sur 547.
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Employé depuis près de 30 ans à l'usine Belle Etoile, ce spécialiste de la gestion des risques espère retrouver du travail en se formant à un autre métier. "Mais ce ne sera sûrement pas avec le même train de vie, l'inquiétude elle est là", dit-il. Filiale française du groupe belge Domo Chemicals, Polytechnyl produisait jusqu'alors des plastiques techniques à base de nylon pour l'industrie automobile, textile ou encore électronique dans ses usines de Saint-Fons et de Valence.
Fin de l'activité ce jeudi
Elles devront s'arrêter de tourner passé le 30 avril, car la trésorerie de Polytechnyl ne permet pas une poursuite d'activité au-delà. "Les derniers grains de polyamide sont sortis ce matin", a indiqué à l'AFP Véronique Buttez, déléguée CGT sur l'usine de Valence, qui a participé avec une centaine de personnes à ce rassemblement à l'appel des organisations syndicales.
L'offre de Lone Star ne concerne ni les outils de production, ni le foncier. Le repreneur va seulement récupérer les brevets, la marque Technyl, la R&D et les fonctions supports. Il s'est pour cela engagé à débourser 10,1 millions d'euros, une somme jugée dérisoire par les syndicats. "Il ne s'agit pas d'une reprise, c'est simplement du pillage à moindre coût", a dénoncé lors d'une prise de parole Bruno Bouchard, délégué fédéral FCE-CFDT en charge de la branche Chimie. Côté humain, "c'est une transformation de nos vies en lignes comptables", a-t-il ajouté.
Fabrice Clerc, 60 ans, technicien de performance, s'est dit pour sa part "désabusé": "Belle-Étoile faisait pleinement partie de ma vie". La cession de Polytechnyl "marque une étape douloureuse pour le territoire", a déclaré la Métropole de Lyon dans un communiqué, le nouvel exécutif regrettant qu'"aucune mesure d'envergure" n'ait été prise auparavant pour "protéger ce site stratégique".
Par ailleurs, "l'État s'assurera que le groupe DOMO (...) respecte les obligations de sécurité liées à son statut d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE), SEVESO seuil haut", a affirmé la préfecture du Rhône dans un communiqué.

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Non.