Quentin D., militant nationaliste mortellement agressé à Lyon. DR

"Témoignages significatifs", "l’ultra-gauche" et Jeune Garde mises en cause… Ce que l’on sait après la mort de Quentin à Lyon

Après la mort samedi du militant nationaliste de 23 ans Quentin Deranque, "l’ultragauche" et le groupuscule La Jeune Garde ont été mises en cause par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le procureur de Lyon tiendra une conférence de presse ce lundi à 15 heures.

Près de deux jours après la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste mortellement agressé par des militants antifascistes d'utra gauche, alors qu'il faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de militantes du collectif d’extrême droite Némésis qui manifestaient contre une conférence de l'eurodéputée la France Insoumise (LFI) Rima Hassan à Sciences Po Lyon, l’enquête s’oriente désormais sur l’identification de plusieurs suspects.

Le procureur de Lyon tiendra une conférence de presse ce lundi à 15 heures et pourrait faire des annonces, les services de police ayant "recueilli plusieurs témoignages significatifs". L’enquête s’oriente à présent sur "l’identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles", a indiqué le parquet dimanche dans un communiqué. Selon nos confrères du Parisien, entre cinq et six suspects auraient été identifiés. Une enquête a été ouverte du chef de coups mortels aggravés et de violences aggravées après la mort du jeune homme âgé de 23 ans. Ces violences sont aggravées par les circonstances de réunion, d’usage d’arme, et de dissimulation du visage des auteurs des faits. Selon l'avocat de la famille, Me Fabien Rajon, Quentin a été victime d'un "crime", d'"un guet-apens méthodiquement préparé".

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"Le lien entre LFI et la Jeune garde est très fort"

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez ont mis en cause dimanche "l'ultragauche" dans la mort de l’étudiant récemment converti à la religion catholique, tandis qu’Emmanuel Macron a appelé "au calme, à la retenue et au respect", et souhaité que soient condamnés "les auteurs de cette ignominie".

"La radicalité dans le discours ça peut se traduire par de la violence dans la rue. Le lien entre LFI et la Jeune garde est très fort. Il y a quelques jours, il y avait un communiqué de LFI qui me demandait de renoncer à la dissolution", a rappelé le ministre de l'Intérieur.

"L’enquête permettra de confirmer ou pas si c’étaient des militants de la Jeune Garde. Mais les témoignages vont en ce sens manifestement", a également déclaré ce dernier sur France 2.

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Le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a exprimé dimanche la "sidération", l'"empathie" et la "compassion" des Insoumis "pour la famille, pour les proches" de l'étudiant et rappelé "l'opposition" de sa formation "à la violence". "Tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n'ont aucun rapport avec la réalité", a-t-il ajouté, en réaffirmant : "C'est nous qui sommes agressés, réunion après réunion". Selon le coordinateur du parti, Manuel Bompard, plusieurs permanences LFI ont connu depuis jeudi des dégradations, à "Paris, Rouen, Metz, Castres, Bordeaux, Lille, Montpellier et Toulouse".

Le collectif Némésis assure que des militants, dont certains issus de la Jeune Garde, seraient responsables de l’agression de Quentin Deranque, sans que le parquet n'ait établi un tel lien à ce stade. C’est le cas notamment de l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot. Ce dernier a annoncé chez nos confrères du Progrès par la voix de son avocat se mettre en retrait. Jacques-Elie Favrot "se retire de ses fonctions d’assistant parlementaire durant le temps de l’enquête" et "se met à disposition de la justice", a-t-il déclaré. Et d’ajouter : "Il est menacé de mort par l’extrême droite dans tout le pays et en Europe, il ne peut assurer ses fonctions de cette manière". L’assistant parlementaire assure par ailleurs qu’il attaquera en diffamation toute personne l’accusant d’être responsable du drame. Bien connu des mouvements antifascistes de Lyon, Jacques-Elie Favrot avait notamment co-fondé La Jeune Garde. 

Ce collectif antifasciste, co-fondé en 2018 par Raphaël Arnault, devenu ensuite député LFI, et dissous en juin 2025, a déclaré dimanche qu'il "ne saurait être tenu pour responsable" du décès, "ayant suspendu toutes ses activités". Raphaël Arnault avait exprimé samedi "horreur et dégoût" après la mort de l'étudiant.

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Une mobilisation prévue samedi à Lyon

L’université Lumière Lyon 2, où étudiait Quentin Deranque, a appris "avec une immense tristesse le décès tragique" de l’étudiant. "L’équipe présidentielle adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches en ces heures de sidération. Elle partage leur chagrin et leur détresse de même que ceux des étudiants et des encadrants de sa promotion de l’IUT et que ceux de toute la communauté universitaire. Elle partage également leur incompréhension face à un événement d’une gravité extrême qui nous a toutes et tous plongés dans l’horreur", écrit l’établissement dans un communiqué.

Dénonçant "avec force les innombrables tentatives d’instrumentalisation politiques et médiatiques de ce drame", l’université rappelle que "rien ne peut justifier le recours à la violence en lieu et place d’un débat apaisé". Un accompagnement psychologique va être mis en place "pour permettre à toutes celles et ceux qui le souhaitent de bénéficier de l’aide nécessaire pour traverser ce moment difficile".

Un appel à la mobilisation a par ailleurs a été lancé par plusieurs mouvements d’extrême droite radicale. Un rassemblement devrait se tenir samedi 21 février à 15 heures, place Jean-Jaurès, dans le 7e arrondissement de Lyon.

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