Métropolitaines 2026 : tram ou métro, Voies lyonnaises ou tunnel, le grand débat des mobilités
Métropolitaines 2026 : tram ou métro, Voies lyonnaises ou tunnel, le grand débat des mobilités

Métropolitaines 2026 : tram ou métro, Voies lyonnaises ou tunnel, le grand débat des mobilités

Métro, tram, voiture, vélo : Gilles Gascon et Vinciane Brunel croisent leurs visions des mobilités pour la Métropole de Lyon.

Jusqu'au premier tour des élections municipales et métropolitaines, Lyon Capitale vous proposera des débats sur les grands enjeux de ces deux scrutins pour vous permettre de vous forger un avis et de prendre connaissance des différentes propositions portées par les candidats ou leurs soutiens.

Ce débat sur les mobilités s'articule autour de quatre thèmes qui balaient les transports en commun, la circulation automobile et la pratique du vélo. Il oppose Vinciane Brunel, coprésidente du groupe Les Écologistes à la Métropole de Lyon et soutien de Bruno Bernard, à Gilles Gascon, coprésident du groupe Grand Cœur Lyonnais et soutien de Véronique Sarselli.

La retranscription intégrale du débat entre Vinciane Brunel et Gilles Gascon

Bonjour à tous et bienvenue. La rédaction de Lyon Capitale est très heureuse de vous présenter un cycle de débats qui va nous mener jusqu’aux 15 et 22 mars, dates des élections municipales et métropolitaines. Dans ces débats, nous allons explorer les grandes priorités pour l’agglomération, pour la ville de Lyon. Nous commençons aujourd’hui avec l’un des enjeux les plus importants et probablement le plus gourmand en budget : les mobilités. Je dis mobilités avec un S, puisque nous allons parler de transports en commun, de transports individuels, la voiture, mais aussi des déplacements à vélo. Pour ce débat, nous avons invité Vinciane Brunel. Vous êtes coprésidente du groupe Les Écologistes à la Métropole de Lyon. Et un autre coprésident, Gilles Gascon. Vous êtes coprésident du groupe Grand Cœur Lyonnais, qui est le nom de la liste portée par Véronique Sarselli, soutenue par Jean-Michel Aulas. Pour vous, Vinciane Brunel, c’est la liste Avançons Ensemble portée par Bruno Bernard. On va commencer par aller dans l’Ouest lyonnais pour parler d’un projet qui est au cœur des campagnes métropolitaines et municipales depuis 2014 : comment desservir l’Ouest lyonnais, avec deux scénarios qui s’opposent, un métro soutenu par votre liste, Gilles Gascon, et un tramway express de l’Ouest lyonnais, TEOL, soutenu par votre liste et par la majorité sortante, Vinciane Brunel. Je vous ai demandé à chacun de nous résumer votre projet. On commence avec vous, Gilles Gascon. Pourquoi le métro E est-il la bonne solution pour desservir l’Ouest lyonnais ?

Gilles Gascon : Alors déjà, pour commencer, c’est effectivement la solution que nous avons retenue parce que pour nous, c’est la meilleure. D’ailleurs, on peut se le dire, c’est ce que vous aviez prévu en 2020 et que vous avez abandonné. Là, je m’adresse au président de la Métropole et à sa représentante. Tout ça par dogmatisme et parce qu’on sait qu’ils détestent l’automobile dans son ensemble. Pour nous, il est important de pouvoir décongestionner la surface, de pouvoir passer tout simplement en souterrain. C’est la solution la plus appropriée. Il y a eu l’abandon du téléphérique, donc l’abandon du plan métro. On sort maintenant de tout ce qui avait été annoncé. Il y a eu le plan mobilité qui a été voté à la Métropole et qui n’a pas reçu la majorité escomptée. Tout ceci a été expliqué. Pour nous, il est bien plus concevable de passer par le métro, le métro E, qui pourrait n’être qu’une étape pour la suite.

On y reviendra. Vinciane Brunel, présentez-nous ce projet de TEOL, qui est plus qu’un projet, puisque les travaux pourraient commencer bientôt. En quoi consiste-t-il et en quoi est-ce la meilleure solution pour desservir l’Ouest lyonnais ?

Vinciane Brunel : C’est la meilleure solution parce que les habitants de l’Ouest lyonnais attendent des solutions concrètes et sérieuses. Notre projet répond à un besoin de desserte, à un souci de rapidité puisqu’il est prêt, financé, il coûte 800 millions d’euros, il peut démarrer dès le lendemain des élections et il est livrable en 2032. C’est un projet précis, clair, avec lequel on sait où on va. Vous parliez de dogmatisme, non, parce qu’entre le démarrage des réflexions sur la possibilité de métro, il y a eu une concertation et puis la question budgétaire. Ce n’est pas du dogmatisme, c’est prendre en compte les résultats de la concertation, qui a montré que tous les territoires ont besoin de solutions de transport, et un budget contraint. Pour répondre aux besoins de tous les territoires, TEOL est la solution la plus pertinente et permet de rejoindre Alaï à Confluence en quinze minutes, avec une connexion à la ligne A à Perrache et à la ligne B à Jean Macé.

Gilles Gascon, avez-vous une question à poser à Vinciane Brunel sur ce projet de TEOL ?

Gilles Gascon : Oui. Je rebondis sur ce qui vient d’être dit. Une concertation, mais c’est une pseudo-concertation. Quand on commence par le territoire le plus concerné, celui de Tassin, le maire de Tassin vous a dit que ce n’était pas sa solution. Et quand on parle de rapidité d’exécution, si on compare le temps de trajet entre le métro et le tram, on voit qu’on n’est pas dans la même temporalité. Pourquoi ne pas repartir sur le métro ? La question est simple : vous l’aviez prévu en 2020, vous étiez pour, vous le proposiez dans vos documents de campagne. Pourquoi êtes-vous revenus sur le métro pour passer au tramway ?

Vinciane Brunel : Je vous l’ai dit, parce que la question n’est pas une question de mode pour le mode, c’est une question de service de déplacement. Le besoin, c’est un besoin de déplacement. Ce n’est pas un besoin absolu de métro. TEOL permet de répondre à ce besoin, puisqu’il est rapide, partiellement semi-enterré, il dessert Tassin, Sainte-Foy, Lyon 5ᵉ, avec des connexions intéressantes. C’est une question de réponse aux besoins, c’est pour cela que nous avons fait évoluer le projet. Et encore une fois, le budget de TEOL permet de garder des marges de financement pour répondre aux besoins des autres territoires. Avec votre projet, vous ne répondez qu’à un seul territoire, c’est un choix.

La question était justement celle-là.

Vinciane Brunel : Effectivement, vous évaluez le métro à 1,4 milliard d’euros, mais ce sera plus. Ce chiffre date de quelques années et les prix ont augmenté. Vous serez plutôt autour de 1,8 milliard. Les marges d’investissement jusqu’à 2038-2040 sont entre 1,5 et 2,5 milliards. Si vous mettez quasiment tout sur l’Ouest lyonnais, vous ne pourrez pas répondre aux autres territoires, comme le Plateau Nord.

Gilles Gascon : Nos choix ne sont pas les vôtres. Il y a environ 600 millions d’euros d’écart entre les deux projets. Le métro permet de désengorger la surface, de ne pas supprimer des voies de circulation, de ne pas pénaliser les commerces. Nous avons besoin de conserver notre tissu commercial. Le métro existe dans toutes les grandes métropoles européennes. Lyon a environ 32 kilomètres de métro, Barcelone plus de 100. On a le droit d’offrir des lignes directes sans bloquer la surface. Le dogmatisme anti-voiture bloque la circulation et met en danger les secours. Samedi, j’ai discuté avec les forces de l’ordre, qui expliquaient les difficultés liées aux travaux actuels. Quand on fait un métro, on fait des travaux aussi, mais on ne bloque pas la circulation.

Vinciane Brunel : Vous allez devoir faire passer un tunnelier place Bellecour, donc faire des travaux aussi. On ne sait pas comment vous allez vous y prendre. À Tassin, nous ne prenons aucune voie de circulation. Nous avons trouvé un tracé. La question n’est pas métro ou pas métro, mais quel mode répond au besoin. TEOL peut démarrer à 50 000 voyageurs par jour et monter à 100 000.

Je me permets d’apporter une information : le bassin de population est déjà limite pour un métro comme pour un tramway. Ce n’est pas le territoire le plus densifié de la métropole. Cela pose aussi la question du logement et de la densification. Vous avez évoqué l’un comme l’autre l’autre enjeu, qui sera le deuxième thème de notre débat : qu’est-ce qu’on fait pour les autres territoires ? Vous, Vinciane Brunel, votre liste porte un tramway notamment pour desservir le plateau nord, Caluire et Rillieux. Finalement, jusqu’à la livraison, si vous êtes réélue, du TEOL, qu’est-ce que va faire la majorité métropolitaine, le SYTRAL ? Qu’est-ce qui va être porté pour le reste du mandat ?

Vinciane Brunel : Alors, on intervient sur trois volets. Il y a à la fois la question de la modernisation des lignes, la question de l’amélioration.

Et là-dessus, vous serez probablement d’accord tous les deux.

Vinciane Brunel : Voilà. La question de l’accessibilité, la question de la sécurisation : ce sont des financements qu’il faut sécuriser. Ensuite, il y a l’amélioration des dessertes. Donc, effectivement, nous, on essaye de couvrir tous les territoires. On a parlé du TEOL pour l’Ouest lyonnais. Pour le plateau nord, on propose une ligne qui passera, qui fera Part-Dieu, Caluire, Rillieux. Donc une réponse aussi à ce besoin-là, que les habitants attendent depuis un certain temps. À l’Est, vous le savez, on a plusieurs projets : il y a notamment le prolongement du TB12 de cet(te)… chemin à Paris. On a le passage du T3 en T3 express, qui est aussi une demande parce qu’il y a une tension sur cette ligne. Donc c’est un point, un enjeu important, qui permet sur cette ligne de réduire la fréquence à moins de 4 minutes. Donc c’est vrai que c’est quelque chose d’important. Il y a le T8 qui va passer de Vaulx-en-Velin à la gare de Vénisseux. L’intérêt de ça, outre les zones desservies, c’est aussi de fermer une rocade de tramways, d’avoir une connexion entre les territoires avec le T9, au nord de Vaulx-la-Soie à Charpennes, et le T10 pour le sud — et je finis comme ça mes points cardinaux — de Gare de Vénissieux à Gerland. C’est tout ça, en fait, les réponses. Et le troisième volet dont je n’ai pas parlé, c’est la facilité d’accès au transport en commun. Et là, effectivement, c’est la suite de notre politique. On a fait la gratuité pour les personnes les plus précaires. On a fait celle pour les sorties scolaires. On a fait les enfants de moins de 11 ans. On propose une prochaine étape, qui est la gratuité pour les enfants de moins de 18 ans, à partir du moment où un des deux parents est abonné. Ça permet de faciliter l’accès au transport en commun et ce sont des choses importantes. Et puis, en élargissement aussi, on a le métro 24/24, c’est-à-dire un métro toute la nuit les week-ends.

Vous, Gilles Gascon, votre liste Grand Cœur Lyonnais, qu’est-ce qu’elle propose en attendant la livraison du métro E ? Bon, qui, alors là, ce sera sur encore un autre mandat. Mais qu’est-ce que vous voulez faire, en attendant, rapidement, pour le réseau de transport en commun ?

Gilles Gascon : Il y a des priorités. Et la première des priorités, c’est de faire le plan zéro panne. J’avais demandé au président Bernard, il y a plusieurs années, un audit du métro, et essentiellement du métro A, et des lignes dans leur ensemble, pour arriver à trouver la solution. Donc la première des choses, c’est arriver à faire un plan zéro panne, pouvoir rétablir le fonctionnement des escalators et des ascenseurs, chose qui est encore…

Vinciane Brunel : Il a été voté ?

Gilles Gascon : Oui, mais ça ne sert à rien d’aller voter des trucs six mois avant. Vous me parlez de financement. Le SYTRAL investit 43 millions d’euros dans un nouveau siège. C’est 43 millions pour un nouveau bâtiment, plus un loyer aux HCL, qui va courir le temps de présence du bâtiment, sans savoir ce qui va se passer dans l’ancien site. Je pense que là, pour le coup, ce n’était pas une priorité. Quand vous me parlez de financement, je pense qu’il aurait mieux valu, dans un premier temps, s’occuper des pannes du métro et pouvoir les sécuriser, parce qu’on ne peut pas aussi — vous avez parlé de sécurisation — se contenter d’une victime par heure tous les jours de l’année. Ça, ce n’est pas possible. Donc il va falloir mettre en place également le sujet de la sécurisation du métro — enfin, des transports en commun dans leur ensemble — pour que les gens puissent prendre, utiliser ces transports en commun en toute sérénité et en toute sécurité. Et puis il y a également la possibilité de revoir absolument les points noirs, tramways et métros, qui nous permettront de sortir de certaines délicatesses qui peuvent se passer tout au long de l’année.

Vous avez un peu de retard pour finir sur ce thème ?

Vinciane Brunel : Je vais répondre là-dessus parce que nous avons effectivement voté un plan de 50 millions d’euros pour les escalators et les ascenseurs, et c’est en cours et rapide, puisque, en 2027, on aura tous les ascenseurs vieillissants de la ligne D qui seront remplacés. Le seul truc où je suis d’accord avec vous, c’est que, oui, effectivement, ça ne va jamais assez vite, ça, c’est évident. Mais vous savez, quand on creuse un peu le sujet, ce n’est pas si simple. Pourquoi ? Et là, je vais élargir un peu le sujet. Une des problématiques qu’on a sur les ascenseurs, c’est la question du stockage des pièces. C’est-à-dire qu’à chaque fois qu’un ascenseur tombe en panne, ou un escalator, les pièces, aujourd’hui, parce que les intervenants — vu que c’est quasi un monopole sur les ascenseurs — les entreprises ne stockent plus les pièces sur place. C’est-à-dire qu’elles doivent les commander très, très loin, et on perd énormément de temps par rapport à ce stockage, puisque maintenant elles sont stockées très loin, et plus in situ. Ce qui est une vraie problématique. Et ce n’est pas qu’une problématique sur les ascenseurs dans les métros, c’est une problématique aussi sur les ascenseurs dans les logements, les logements sociaux en particulier. Donc il y a un vrai enjeu, et là, je pense qu’on pourrait se rejoindre, tous les groupes confondus, au niveau national, sur cette question : comment on gère ces problématiques qui se posent partout, de vieillissement des ascenseurs, avec des pièces détachées qui sont difficilement trouvables localement. Donc, relocaliser ces pièces, et la question du métier d’ascensoriste, qui est problématique.

L’argent, il va beaucoup en être question puisqu’on va aborder maintenant le troisième thème, qui concerne la mobilité en voiture. Vous, vous avez, pour fluidifier la circulation automobile dans l’agglomération lyonnaise, un projet qui va consommer là aussi beaucoup d’argent : créer un nouveau tunnel sous Fourvière, un tunnel sous le tunnel. En quoi, finalement, cette solution s’apparente à une nouvelle version du tronçon ouest du périphérique lyonnais, de l’Anneau des sciences, qui a été rejetée par les électeurs en 2020, quand les écologistes ont été élus sur la promesse de ne pas le réaliser ? Pourquoi est-ce que vous ressortez ce projet aujourd’hui ?

Gilles Gascon : On a besoin de respiration. L’automobile, moi, je ne suis pas un fan de l’automobile au sens propre du terme. Aujourd’hui, on a des véhicules électriques, nous avons des constructeurs qui ont fait des efforts énormes sur les véhicules thermiques. Les véhicules restent les véhicules, mais on a besoin de sortir les véhicules du cœur de Lyon. C’est 40 millions de véhicules par an. Donc ce tunnel, il est vital. Il est vital parce qu’on va récupérer 45 hectares de surface végétalisable sur la surface, du côté de Perrache.

Ce qu’on voit derrière vous, cet axe M6-M7, qui ressemblerait à autre chose, probablement.

Gilles Gascon : Exactement, et permettre de fluidifier tout ça. Aujourd’hui, on est en train d’essayer de réparer les erreurs du passé. Donc autant, aujourd’hui, commencer à prévoir ce qui va se passer demain, mais pour ça il faut croire à la croissance et non pas la décroissance. Mais il est important, ce tunnel, parce que, comme je le dis, ça va nous permettre de libérer la surface, de pouvoir fluidifier la circulation. Il n’est pas exclu — je dis bien il n’est pas exclu — de discuter d’un tube poids lourds, mais ça, ce sera dans un autre temps.

Vous créez un troisième tube ?

Gilles Gascon : Il n’est pas exclu d’en discuter. Voilà. Donc il y a des choses qui se passent au niveau de la rocade Est, et vous n’êtes pas sans savoir qu’elle est complètement embolisée parce que tout le report de circulation, en interdisant la M6-M7, est passé sur l’Est de Lyon, et ça, vous le savez, c’est complètement embolisé. Donc, à un moment donné, on ne peut pas, à l’Est non plus, récupérer tout et n’importe quoi. La solution du tunnel pourra nous apporter cette fluidité. On peut même le comparer à TEOL, qui avait été décrié au départ et dont, aujourd’hui, tout le monde s’en félicite.

Vinciane Brunel, vous, comment vous faites pour requalifier cet axe M6-M7, puisqu’il est déclassé techniquement, mais pas dans les faits ? Comment est-ce que vous comptez le réaménager, reprendre la main dessus ?

Vinciane Brunel : Alors, je vais répondre à votre question, mais je vais me positionner sur le projet de grand tunnel. Non, en fait, ce projet de méga-tunnel, c’est un projet inutile, infinançable et infaisable. Inutile parce qu’encore une fois vous vous trompez de réponse à la question.

Laissez-la parler, vous voudrez lui répondre après.

Vinciane Brunel : Inutile parce qu’il ne répond pas à la bonne question, puisqu’en fait il répond à une question de trafic nord-sud. Or 85 % du trafic est un trafic local qui va vers Lyon et Villeurbanne. Donc, premièrement, il est inutile à ce point-là. Deuxième inutilité : on ne réduit jamais la congestion routière par un autre tunnel ou par une autoroute. On sait ça depuis les années 1970, et tous les experts qui se sont exprimés sur le sujet le disent. Infinançable : vous savez, il est très coûteux, 2 milliards d’euros, et au bas mot ça sera 3 ou 4, certainement. Donc il est très coûteux. Il va falloir nous dire comment vous le financez. Vous endettez la métropole, parce qu’il faudra rembourser aussi chaque année, donc ça va être un point pendant près de 20 ans, certainement, de remboursement. Il va falloir dire qu’est-ce qu’on ne fera plus : est-ce que c’est moins d’investissement dans l’aménagement urbain, dans l’isolation thermique, dans les collèges ? Il va falloir dire, à un moment donné, pour financer ça, est-ce qu’on financera moins au niveau de la métropole.

Et après, on reviendra sur ce que vous voulez faire pour le déclassement.

Gilles Gascon : Les collèges, déjà, vous leur avez mis un sérieux coup d’arrêt il y a quelque temps. On n’a pas les mêmes priorités, on n’a pas la même vision des choses. Ce qu’on voit, c’est à long terme. Et quand vous dites qu’on ne sait pas où le financement va s’arrêter, je rappelle juste une chose : le Lyon-Turin. Vous allez voir où je veux en venir, laissez-moi parler. Le Lyon-Turin, c’est 56 km, 12 milliards d’euros. Là, on parle de 7 km. On a une montagne sur le Lyon-Turin. Le ratio est tout juste bon. Les techniciens et des ingénieurs ont travaillé sur le sujet. On ne s’est pas lancé, on ne s’est pas levé un matin, à Brunel, en disant : « On va créer un grand tunnel », et vous dites qu’il est inutile. Moi, je dis une chose certaine : quand on arrive à faire disparaître 40 millions de véhicules par an de la surface, je n’appelle pas ça « inutile », j’appelle ça être conscient de ce qui est en train de se passer. Donc j’ai du mal à comprendre que, dans votre façon de penser écologique, qui veut sauver la planète, on ne soit pas d’accord avec la possibilité d’enterrer, tout simplement, la circulation des véhicules. Et on parle de 40 millions.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer, vous, quel projet vous portez pour arriver finalement à déclasser cette autoroute M6-M7 ? C’est une erreur historique qui doit être réparée un jour. Comment vous le faites-vous, sachant que, sur les six dernières années, vous vous êtes parfois heurtés à une impossibilité émise par l’État et que, globalement, il ne s’est quand même pas passé grand-chose ?

Vinciane Brunel : C’est un peu ça le problème : effectivement, l’idéal, ce qu’il faudrait faire, c’est le faire évoluer vers un boulevard urbain, et pour ça on a besoin de travailler avec l’État.

Mais concrètement, vous ferez quoi sur le mandat à venir ?

Vinciane Brunel : Par exemple, pour accompagner ce déclassement vers le boulevard urbain, il faut réaménager de nouveaux carrefours. On parle notamment d’un nouveau carrefour à la Soie ou au niveau de l’autopont à Confluence, qui permettrait d’accompagner la réduction de la vitesse, c’est une des options. Effectivement, continuer les politiques parce que, en réalité — et c’est là où on se confronte un peu — réduire une circulation, ce n’est pas que faire des tunnels et faire des autoroutes, on sait que ça ne marche pas : il faut aussi accompagner les alternatives. Et parmi ces alternatives, il y a notamment toute la question du covoiturage, qui permet de faciliter le déplacement. Ça ne suffit pas, mais ça fait partie des panels possibles. Donc c’est un ensemble de politiques. Et, effectivement, là, il nous faut l’accompagnement de l’État sur ce déclassement-là.

On va aller sur le dernier thème qui nous intéresse aujourd’hui : la mobilité vélo, qui a connu une croissance très forte durant ce mandat, avec notamment un réseau aussi qui a été largement étoffé. On voit là, sur la carte, apparaître les Voies lyonnaises telles qu’elles ont été promises. On va passer maintenant à ce qui a été réalisé, et vous allez voir qu’il y a quelques trous dans la raquette, notamment dans l’Ouest lyonnais, entre Écully et Sainte-Foy. Il y en a aussi un peu dans l’Est. En gros, il va manquer 100 km du réseau de Voies lyonnaises qui avait été promis en 2020. La question, Gilles Gascon : si vous êtes élu, si votre liste a la majorité, ces Voies lyonnaises, stop ou encore ? Est-ce que vous finissez ? Est-ce que vous comblez les trous ?

Gilles Gascon : Un ralentissement, pour le coup, sur les Voies lyonnaises, ça, c’est clair. Parce qu’on peut s’apercevoir également que, si on regarde très finement la carte — je prends l’exemple de Saint-Priest — Saint-Priest, la commune, détient à peu près 60 km de pistes cyclables. Nous avions demandé à votre vice-président, Fabien Bagnon, de pouvoir commencer, lors du mandat qui se termine, la sécurisation, l’entretien, la sécurisation de ces pistes cyclables. Ce qui n’a pas été fait. Vous avez mis, sur le plan vélo, un demi-milliard d’euros.

Vinciane Brunel : C’est faux. Ce chiffre est faux.

C’est ce qui avait été annoncé.

Vinciane Brunel : Un demi-milliard d’euros sur les autoroutes à vélo. Je veux bien que vous preniez des chiffres, mais arrêtez de reprendre un chiffre : c’est le chiffre qui avait été annoncé en début de mandat. On ne va pas se raconter d’histoire.C’est le chiffre qui a été annoncé, qui inclut le plan piéton, puisqu’on en parlait tout à l’heure. Donc il inclut le plan piéton, il inclut les trottoirs.

Gilles Gascon : Toujours est-il : on n’est pas des anti-vélo, tout au contraire. Moi, j’ai essayé d’améliorer les pistes cyclables sur mon territoire. Il y a des points noirs qui n’ont pas été réglés et qui n’ont pas voulu être pris en compte, puisque même dans les sujets de plan de programmation avec les CTM, nous avions proposé, avec les communes limitrophes de la mienne, de pouvoir faire des travaux pour passer les ponts, etc., tout simplement, puisqu’il n’y a pas de transport en commun à ce niveau-là : ces pistes vélo. Et le résultat, c’est que ça n’a pas été fait. Donc je vais dire : à un moment donné, on va ralentir tout ça. Il n’est pas question de tout démolir, ça, c’est clair.

Et moi, je vais vous ralentir, puisque, en plus, vous êtes largement en avance dans le temps de parole. Vinciane Brunel, vous, vous vous engagez à les finir, à aller encore plus loin ? Ou est-ce que vous avez intégré que la question des pistes cyclables, ça pouvait être crispant dans cette métropole ?

Vinciane Brunel : En tout cas, ce qui est certain, c’est qu’elles ont fait leurs preuves. C’est un grand succès. Et il n’y a qu’à sortir, monsieur Gascon, et aller sur les quais ou sur certains axes et voir le nombre de cyclistes qui empruntent ces pistes cyclables. Donc c’était un vrai besoin. Et si la pratique explose aujourd’hui, ce n’est pas pour rien. Donc encore une fois, on était dans la réponse aux besoins, et besoin de voies sécurisées. Donc oui, effectivement, on a fait 180 km, ce qui est quand même assez important pour un mandat. On finira, on poursuivra les Voies lyonnaises, bien évidemment. Et puis, vous parlez des pistes cyclables, mais il y a aussi d’autres choses, notamment l’offre de services. On a proposé de rajouter 2 000 vélos électriques, plus 250 stations vélos électriques, puisqu’on a beaucoup de demandes, monsieur Gascon — pas mal de communes différentes, y compris à droite — pour le développement de stations vélos.

Gilles Gascon : vous faites bien de parler des vélos. Ça fait six ans que je réclame des stations vélos. Mais je n’ai jamais dit que j’étais contre le vélo. Ces pistes, ces points vélos, n’ont jamais été discutés sur mon territoire. Vous savez qu’il y a 40 % des Grands Lyonnais et des emplois qui ne sont pas desservis par des transports structurants. Donc les quais sont extrêmement importants, et ça, j’en conviens parfaitement. Mais vous n’avez pas que les quais dans la Métropole de Lyon.

Pour finir, rééquilibrer : ce qui était reproché, c’était que, finalement, le réseau vélo ne permettait pas de desservir tous les usages. C’est une dimension que vous avez intégrée ?

Vinciane Brunel : Le réseau vélo ne permet pas forcément d’aller sur les zones industrielles. Tout dépend de la distance. Bien sûr, tout dépend de l’usage, évidemment. On n’a jamais dit qu’il fallait faire tout du vélo. L’important, c’est la mobilité pour tous, donc le partage de l’espace public. Et c’est vrai que Lyon, en tant que grande ville, avait un retard assez important, par rapport aux grandes villes européennes, sur la question des pistes cyclables. Et on voit bien, avec l’explosion de l’usage, qu’il y avait un vrai besoin. Donc c’est ça, la problématique. Et moi, pendant six ans, je vous ai entendu dire des « oui, mais ». C’est-à-dire : oui, on veut bien, mais pas là. Oui, on veut bien, mais pas comme ça. Ça s’appelle la concertation ? Non. Ça s’appelle une fausse volonté, monsieur Gascon. Ça s’appelle la fausse volonté : c’est-à-dire que vous ne dites pas : « Je suis contre le vélo », parce que vous savez que c’est compliqué, mais vous ne faites rien pour le faciliter.

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