Audrey Henocque
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Audrey Henocque : "la bibliothèque de la Part-Dieu nécessite une rénovation de fond"

Audrey Henocque, première adjointe à la Ville de Lyon, en charge des finances, de la culture et des grands événements et candidate sur la liste de Grégory Doucet, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Grégory Doucet et sa liste Pour vivre Lyon l'ont annoncé. La bibliothèque municipale de la Part-Dieu sera un projet phare de leur prochain mandat s'il venait à être réélus le 22 mars prochain. "C’est un très grand équipement de la Ville de Lyon, de plus de 25 000 mètres carrés, et la deuxième bibliothèque de France. Plus d’un million de personnes entrent chaque année à la bibliothèque de la Part-Dieu. C’est un bâtiment qui a plus de 50 ans et qui nécessite une rénovation de fond très importante, notamment pour enlever l’amiante, rendre le bâtiment sain et l’isoler. Même sans parler de projet culturel, le bâti, comme l’auditorium qui date de la même période, nécessite une rénovation très lourde", justifie Audrey Henocque actuelle première adjointe à la Ville de Lyon en charge des finances et de la culture.

L'élue écologiste exprime aussi ses doutes sur le financement des gratuités promises par d'autres candidats aux municipales à commencer : "des gratuités aussi importantes ne sont ni chiffrées ni soutenables. La gratuité de la cantine représenterait un coût de 30 millions d’euros par an. C’est considérable, car il faudrait compenser à la fois ce que les familles ne paieraient plus et la perte des cofinancements de la CAF, qui sont liés à la participation des familles. Perdre 30 millions d’euros par an est très lourd".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Audrey Henocque

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Audrey Hénocque.. Vous êtes première adjointe à la Ville de Lyon, en charge des finances, de la culture et des grands événements. Vous êtes aussi candidate sur la liste de Grégory Doucet aux élections municipales Pour vivre Lyon. Nous vous avons invitée pour parler d’un projet culturel porté par votre liste, présenté comme un projet phare d’un éventuel second mandat : un grand projet pour la Bibliothèque municipale de Lyon, à hauteur de 140 millions d’euros, la bibliothèque de la Part-Dieu. Quel est aujourd’hui le besoin pour cet établissement ?

C’est un très grand équipement de la Ville de Lyon, de plus de 25 000 mètres carrés, et la deuxième bibliothèque de France. Plus d’un million de personnes entrent chaque année à la bibliothèque de la Part-Dieu. C’est un bâtiment qui a plus de 50 ans et qui nécessite une rénovation de fond très importante, notamment pour enlever l’amiante, rendre le bâtiment sain et l’isoler. Même sans parler de projet culturel, le bâti, comme l’auditorium qui date de la même période, nécessite une rénovation très lourde. De la même manière que nous avons investi massivement dans la culture pendant ce mandat, environ 140 millions d’euros pour une dizaine d’établissements, c’est ce montant qu’il faut aujourd’hui consacrer à la bibliothèque de la Part-Dieu pour pouvoir l’utiliser encore dans les 50 prochaines années.

Je vais être taquin, mais généralement, quand le grand projet d’un mandat est une bibliothèque municipale, on est plutôt dans des villes de 5 000 à 20 000 habitants. Cela peut paraître étonnant que, dans une ville comme Lyon, le projet phare soit la rénovation d’une bibliothèque.

Non, parce que l’on est ici à une toute autre échelle. Comme je le disais, au moins un Lyonnais sur quatre est détenteur d’une carte de bibliothèque et fréquente régulièrement la Part-Dieu. À côté de cette grande bibliothèque, il y a aussi quinze autres médiathèques et bibliothèques en réseau avec celle de la Part-Dieu, pour lesquelles nous avons réalisé de nombreux travaux durant ce mandat. Nous lançons actuellement la rénovation de la grande médiathèque de Vaise, mais la Part-Dieu est encore plus grande. En plus de la rénovation du bâti, ce sera l’occasion d’offrir de nouveaux services aux Lyonnaises et aux Lyonnais, afin de faire entrer pleinement la bibliothèque et la lecture dans le XXIᵉ siècle.

Quels seront ces nouveaux services ? En quoi allez-vous améliorer l’offre culturelle ?

Il s’agit d’abord d’améliorer tout ce que les Lyonnaises et les Lyonnais pratiquent déjà avec la bibliothèque. Malgré les réseaux sociaux et les outils numériques, les emprunts de livres restent très importants. Tous les espaces seront revus, notamment l’espace jeunesse, qui est vieillissant. Ce sera aussi l’occasion de développer de nouveaux services autour du numérique. Nous voulons outiller la jeune génération, mais aussi les personnes plus âgées, pour comprendre ce qu’il y a derrière les applications, les réseaux sociaux, les images et l’information numérique. Pas seulement dans une logique défensive, mais aussi positive. Les jeunes créent aujourd’hui beaucoup grâce au numérique, que ce soit de la vidéo, de la musique ou des jeux vidéo, et nous souhaitons les accompagner collectivement dans ces usages.

Sur la partie culturelle du programme, y aura-t-il d’autres annonces ? La Ville a engagé une réflexion sur le devenir du musée Guimet. Est-ce que cela peut se télescoper avec la campagne électorale ? Avez-vous, en tant que candidate, une idée pour ce site qui cherche une destination depuis plus de vingt ans ?

Nous concevons les équipements culturels comme un écosystème pour développer la culture pour tous. J’ai parlé du numérique, mais aussi des espaces dédiés à la culture scientifique, à l’expérimentation. On retrouvera cela à la bibliothèque de la Part-Dieu. Dans les différents scénarios envisagés pour le musée Guimet, nous aimerions également prévoir un espace pour les enfants et la jeunesse, notamment dans la grande salle qui était autrefois la patinoire.

Je voudrais évoquer avec vous le contexte budgétaire de la Ville de Lyon. Vous proposez certaines gratuités, par exemple pour les fournitures scolaires. D’autres candidats vont plus loin, comme Jean-Michel Aulas et Anaïs Belissa-Cherifi, qui proposent la gratuité totale des cantines scolaires. La Ville peut-elle absorber aujourd’hui ces mesures de gratuité, qui pèsent sur un budget de fonctionnement déjà contraint ? En tant qu’adjointe aux finances depuis cinq ans et demi, cela vous paraît-il raisonnable ?

Non, des gratuités aussi importantes ne sont ni chiffrées ni soutenables. La gratuité de la cantine représenterait un coût de 30 millions d’euros par an. C’est considérable, car il faudrait compenser à la fois ce que les familles ne paieraient plus et la perte des cofinancements de la CAF, qui sont liés à la participation des familles. Perdre 30 millions d’euros par an est très lourd. Et surtout, ce n’est pas juste. Pourquoi des familles qui ont les moyens ne paieraient-elles pas entre 3 et 7 euros pour le repas de leurs enfants et pour la pause méridienne, avec les animations ? Si les familles ne participent plus, qui paie ? Plus de la moitié des recettes de la Ville provient désormais de la taxe foncière, depuis la suppression de la taxe d’habitation. Or la taxe foncière n’est payée que par un tiers des Lyonnais, les propriétaires. Les locataires, qui représentent les deux tiers, ne participeraient pas du tout si les services devenaient gratuits.

Ce qui vous est reproché par le camp Aulas, c’est une mauvaise gestion, trop de recrutements, et des finances de la Ville en moins bon état qu’en 2020.

C’est faux. Tous les chiffres montrent que la Ville est peu endettée, que nous avons conservé une bonne épargne brute, et l’agence de notation DBRS Morningstar nous attribue la note maximale chaque année depuis le début du mandat. Nous avons une très bonne gestion. Si nous avons augmenté les effectifs municipaux, c’est pour rendre des services publics. Les services publics, ce sont des femmes et des hommes. Par exemple, ouvrir une crèche de quarante berceaux nécessite environ dix-sept auxiliaires de puériculture ou éducatrices de jeunes enfants. Ces recrutements servent à offrir davantage de services quotidiens aux Lyonnaises et aux Lyonnais.

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