En conseil métropolitain la semaine dernière, Gérard Collomb a défendu à nouveau la nécessité de transférer le service de réadaptation de l’hôpital de Saint-Genis-Laval à l’hôpital Desgenettes. Mais pour les opposants, la pilule ne passe toujours pas.
"Nous appelons les habitants de la métropole à défendre notre cause en intervenant auprès de leurs élus de la métropole". C’est sur cet appel que se termine le communiqué du Comité de défense de l’hôpital Henry Gabrielle, en réaction aux propos de Gérard Collomb. Lors du dernier conseil métropolitain, lundi 12 décembre, le président de la Métropole de Lyon a en effet réaffirmé son intention de fermer l’hôpital de Saint-Genis-Laval. "Ce qui me choque, c’est que dans sa réponse, Gérard Collomb ne parle à aucun moment des patients et des familles, les premiers touchés par la fermeture de leur hôpital", s’indigne Didier Machou, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital Henry Gabrielle et membre du Comité de défense de l’hôpital.
L’hôpital Henry Gabrielle, une des seules structures en France à être spécialisée dans la rééducation et la réadaptation de personnes handicapées, devrait fermer ses portes en 2021. C’est l’hôpital des armées Desgenettes qui accueillera alors ce service, faute d’argent pour rénover celui existant. Mais pour Didier Machou, "ce qui est aberrant, c’est de construire un gymnase et des équipements de balnéothérapie à l’hôpital Desgenettes, argumente-t-il. On a déjà tout à Saint-Genis-Laval pour accueillir les personnes handicapées." Pour lui, la vraie motivation de ce transfert, "c’est surtout que les Hospices civils de Lyon souhaitent réaliser une opération financière, en revendant l’hôpital et le terrain du parc."
"Nous ne comptons pas nous arrêter là"
Du côté des patients, il s’agit d’un véritable "crime silencieux", comme l’avait écrit Emilien Blay, pompier volontaire pris en charge à Henry Gabrielle, dans une lettre d’alerte au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez. Le jeune homme avait aussi lancé une pétition en ligne contre la fermeture. Leurs craintes ? Perdre une qualité de soin et un cadre exceptionnel : le parc et ses allées boisées tout autour de l’établissement, un plus jugé essentiel pour la bonne rémission des patients.
Pour le moment, l’action du Comité de défense de l’hôpital Henry Gabrielle s’est limitée à Saint-Genis-Laval et ses environs. La pétition lancée contre la fermeture a d'ores et déjà recueilli 1800 signatures. Mais Didier Machou prévient : "Nous ne comptons pas nous arrêter là. Pour la suite, notre objectif est d’être visible à Lyon."