Jean-Marc Ayrault : 21 gendarmes pour une maison vide


Par Fabien Lécuyer
Publié le 07/11/2013  à 09:22
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La résidence secondaire du Premier ministre, dans le Morbihan, est gardée 24h/24 par 21 gendarmes. Lors de ses rares séjours, un hélicoptère complète le dispositif. Logés dans un hôtel 3 étoiles, les militaires sont cependant assujettis au menu ouvrier. On ne plaisante pas en temps de crise.

 

 

Trouver la résidence secondaire de Jean-Marc Ayrault n’est pas compliqué : l’adresse est dans l’annuaire ! Le Premier ministre ayant des racines morbihannaises, c’est à Sarzeau, dans la presqu’île de Rhuys, qu’il a choisi de faire bâtir une résidence secondaire en 2000. Dans ce village bucolique tout en granit, à l’entrée encadrée par deux anciens moulins à vent, la maison de vacances de l’ancien maire de Nantes est située au fond d’une impasse.

L’électeur sourcilleux n’y trouvera rien à redire : l’ensemble est de taille raisonnable, petit jardin, crépi blanc, belle vue sur une vallée. En revanche, il est impossible d’en approcher : deux voitures de la Gendarmerie barrent l’entrée de la rue. Il faut dire que la résidence a déjà été l’objet de manifestations. Des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes voulaient pique-niquer sur sa pelouse, et des militants bretons s’étaient enchaînés à un bloc de béton au milieu de la route.

Entre belote et restaurant

À l’intérieur des véhicules, les militaires bullent entre belote et rondes de routine. Les voisins ont compté : “Il y en a vingt et un en tout ! Ils se relaient par groupe de trois toutes les trois heures. Les autres patientent dans un hôtel-restaurant du Tour-du-Parc, une commune voisine.” Les habitants alentour parlent facilement de l’illustre voisin. “Il est sympathique. Par contre, depuis qu’il est Premier ministre, on ne le voit plus que quelques jours par an. Les gendarmes, eux, sont là sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ça doit nous coûter de l’argent, tout ça”, indique l’un d’entre eux. Et quand l’ancien maire de Nantes est de retour, toute la presqu’île est au courant : “Un hélicoptère est là en permanence. Soit il tourne au-dessus, soit il attend avec pilote et copilote dans le champ en bas de la maison. Ça va encore : à son arrivée à Matignon, l’hélicoptère tournait pratiquement toute la journée au-dessus de la presqu’île.”

3 étoiles mais menu du jour

À La Croix du Sud, l’hôtel-restaurant trois étoiles où les gendarmes se reposent, le cadre est confortable. Les fonctionnaires sont régalés aux frais de la République mais sans excès : “Ils sont logés dans une partie de l’hôtel réservée aux séminaires et prennent le menu du jour”, précise le personnel. Lors des relèves, ce ne sont pas moins de 42 gendarmes, soit deux équipes, qui sont à table. En ces temps de disette, une telle débauche de moyens pour une maison pratiquement vide tout au long de l’année peut surprendre. Aborder le sujet avec les commerçants des environs entraîne bien souvent des remarques sur l’“argent public jeté par les fenêtres”. “Tout est légal et habituel”, assure-t-on du côté de la Gendarmerie. Avant d’ajouter : “Vous savez, du temps de Fillon et de ses prédécesseurs, c’était la même chose…”

 

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