UN "FESSE-TIVAL" MARCHAND

Les clichés sont désormais disponibles sur le net et soumis au vote des internautes. Le plus beau postérieur masculin et féminin du monde représentera la marque l'année prochaine.

L'homme de quarante ans aime son corps, et surtout ses fesses ! Voilà la vérité insoupçonnée que nous a apprise ce concours lors de son passage à Lyon. Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, tous ont participé à ce "fesses-tival" qui se déroulait au Galeries Lafayette. Les organisateurs, qui s'attendaient à rencontrer principalement des jeunes filles, ont été très étonnés de voir de nombreux hommes d'une quarantaine d'année s'inscrire au concours. Les hommes sont-ils moins pudiques ?"On a même vu des mecs en string !" nous confie une des organisatrices.

Vous voulez savoir comment ça marche ? Lyon Capitale a testé pour vous. Après avoir choisi un pseudo et signé de nombreux papiers attestant que vous autorisez la publication de vos fesses sur Internet, deux hôtesses vous expliquent le fonctionnement du "sloggimaton". "Pas de nu intégral, rien de provocant, que du sexy." Une fois dans la cabine, vous vous installez entre les différents scotchs posés au sol et vous vous saisissez de la télécommande qui déclenche l'appareil photo. La partie la plus honteuse consiste alors à demander aux hôtesses, sans avoir l'air trop prétentieux, si la photo est réussie.

"Parfaite" répondent-elles en cœur, avec un sourire au coin des lèvres. Vous sortez, légèrement troublé et attendez le tirage de la photo.

Le premier à se présenter, Romaric, 37 ans, participe à cette opération car il espère gagner un cadeau en échange du don de son postérieur : "je ne montre pas mes fesses pour un pin's." Après une courte hésitation, il s'inscrit, et repart avec...un pin's. Emilie participe également avec l'espoir de recevoir des surprises : "j'ai vu qu'il y avait des cadeaux à la clé, si ça se trouve c'est des petites culottes, et j'adore la lingerie !" Quant à Michèle, 19 ans, elle participe pour le fun et pour avoir une photo de ses fesses : "je les accrocherai au-dessus de mon lit !" Sa copine, pas trop emballée par ce concours, accepte mais veut changer de sous-vêtements avant de se faire photographier : "j'ai un truc de grand-mère en ce moment !" avoue t-elle. Un homme d'une trentaine d'années s'arrête devant le stand Sloggi. Les hôtesses le poussent à participer. Un quart-d'heure plus tard, il regrette de ne pas avoir choisi le slip idéal pour ce genre de concours : "j'aurais peut-être dû prendre un slip plus clair, histoire qu'on voit un peu plus le galbe de mes fesses. Mais ceci dit, je suis assez content de ma photo d'identité." Et pour ceux qui croyaient encore que ce concours était réservé aux jeunes, deux mamies de 74 ans se sont chargées de leur rappeler : "il n'y a pas d'âge pour s'amuser !" Ce concours qui va s'arrêter dans huit villes françaises et dans quarante pays. Reste à attendre les résultats pour savoir si les postérieurs lyonnais sont les plus beaux du monde.

Je montre mes fesses, c'est grave docteur ?

"Andy Warhol l'avait dit, chaque personne aura son quart d'heure de célébrité. Ici ce n'est qu'une seconde, et cela passe par les fesses." La sociologue de l'ENS-LSH de Lyon, Christine Détrez, est très remontée contre le concours organisé par sloggi : "chacun peut voir, surveiller, juger tout le monde. Plus rien n'échappe aux regards des autres." Elle est aussi inquiète compte tenu de l'objectif de cet événement :"Il faut bien voir qu'il ne s'agit pas ici d'une exposition mais d'un concours des plus jolies fesses. C'est ce qui est inquiétant. En fait, on demande aux gens d'avoir le même corps que les mannequins lorsqu'ils sont retouchés. On intériorise un corps idéal dans son corps." Elle rappelle qu'à l'inverse des publicités où l'on voit de "vrais gens", ça ne sera donc pas les fesses de "monsieur tout le monde" qui seront placardées :"Les déboulonneurs* étaient justement contre ce type de publicité qui impose un idéal."

Le psychologue de Lyon 2, Denis Mellier, est moins sévère dans son analyse : "ce concours relève du voyeurisme partiel. On ne conçoit pas l'autre comme étant une personne totale. L'homme met en œuvre une pulsion partielle, c'est à dire qu'il se satisfait avec un bout du corps humain. Ce type de pulsion active certaines modalités de fonctionnement de l'érotisme." Selon lui, on ne doit donc surtout pas voir dans ce concours une quelconque libéralisation des mœurs, "c'est avant tout commercial, mercantile." Curieusement, ce concours qui s'adresse à la fois aux hommes et aux femmes, n'a pour l'instant pas suscité le mécontentement de féministes. Interrogé par Lyon Capitale, Isabelle Alonzo, la chroniqueuse féministe de Laurent Ruquier, ne semble pas révoltée :"S'il y a des gens qui trouvent qu'ils ont de belles fesses, qu'ils se prennent eux-mêmes en photo, et que ça les amuse, il n'y a pas de problème. La marque Sloggi récoltera plein de photos de belles fesses. Tant mieux pour elle, c'est ce qu'elle voulait. A partir du moment où il n'y a pas de contrainte et ou on ne nous impose pas la vision de ces fesses, ça ne me dérange pas." Et quand les fesses gagnantes seront placardées sur tous les murs d'Europe ?

*Les déboulonneurs sont des militants antipublicitaires. A Lyon, trois ont déjà été condamnés et deux sont en attentes du verdict.

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