À l’école, une autre autorité est possible

Ici, point de rapport de séduction entre l’enseignant et l’élève. Simplement une autorité, dénuée de toute charge affective et de toute culpabilité, qui garantit les apprentissages.

Au collège Fénelon, dans le 6ème arrondissement de Lyon, on a réfléchi longuement à la mise en place d’une autorité intelligente et efficace, qui respecterait les élèves. Virginie, professeur de la 6ème à la 3ème, témoigne : “Nous sommes complètement conscients que chaque élève a une histoire personnelle qui peut le pousser, à un moment donné, à enfreindre les règles et chercher des limites. Lors de journées pédagogiques, animées parfois par des psychologues, nous cherchons notamment à réconcilier autorité et bienveillance… cela sous-entend de comprendre ce qui se cache derrière les incivilités des enfants, et d’adapter notre jugement en fonction du vécu de l’élève”. Une simple fiche de suivi qui fait mention de l’infraction, suffit parfois à enrayer un problème de discipline. En cas de récidives multiples, une rencontre avec les parents peut être organisée. “Certains d’entre eux n’hésitent pas à remettre en cause l’autorité et la légitimité de l’école, parfois avec véhémence”. La réaction de l’enfant concerné ? “En général, il est gêné, voire consterné par l’attitude de ses parents”.

Mais que peut faire l’école quand l’enfant n’a aucun cadre chez lui ?
À Villeurbanne, dans une école située en zone violence, un professeur des écoles a découvert une classe de moyenne section totalement incontrôlable… Du haut de leur quatre ans, les élèves ne manquaient pas d’imagination pour défier l’autorité : grimaces, insolences, refus d’obéir, chahuts…”Les apprentissages n’étaient pas possibles, j’avais l’impression de faire la police en permanence”. Arrivée en cours d’année dans le cadre d’un mi-temps annualisé, cette maîtresse a eu l’impression d’être considérée par les parents comme une remplaçante sans légitimité. “Ils ne me soutenaient pas. La situation ne peut s’améliorer que si l’enfant voit qu’il y a une cohérence entre le discours qu’on lui délivre à l’école et celui tenu par ses parents”. Parents qui, enferrés dans des situations familiales en grande difficulté, avaient baissé les bras depuis longtemps concernant l’éducation de leurs enfants.

Punitions, fessées, et autres châtiments…

À l’heure actuelle, 18 pays européens ont interdit le recours à la fessée au sein des familles. La France reste à la traîne et refuse de légiférer dans ce domaine. Claude Halmos met en garde contre certains amalgames : “Faire passer la fessée occasionnelle d’un parent aimant pour un acte de maltraitance est non seulement une absurdité, mais, qu’on le veuille ou non, une façon de nier ce qu’est la vraie maltraitance”. Mais le Conseil de l’Europe entend surtout faire évoluer les mentalités, et supprimer les punitions corporelles des modèles éducatifs.

Mais la fessée garantit-elle vraiment l’autorité ? Certainement pas, conteste Suzon Blosse-Platière. “La fessée, c’est une violence de l’adulte sur l’enfant. Ce n’est pas forcément dramatique mais en aucun cas éducatif. Les enfants ont besoin qu’on leur indique le chemin, pas qu’on leur donne des coups”.
En revanche, pour Claude Halmos, “la punition est indispensable, à partir du moment où l’enfant connaît la règle qu’il transgresse et où ses transgressions sont répétitives.” Punition qui ne doit en aucun cas être humiliante, violente ou démesurée.

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