L'Asvel, champion ?

Soit moins d'une chance sur deux. Quand on sait que l'Asvel a copieusement dominé les années 1995-2003 (2 premières places de la saison régulière, 3 deuxièmes places, 2 troisièmes places et 7 finales) pour ne remporter qu'un titre, on peut légitimement se poser la question suivante : vainqueur de la phase régulière, l'Asvel 2009 est-elle taillée pour le titre ? Tentative de réponse à 50/50.

OUI :

L'Asvel a su battre ses rivaux dans les matches décisifs

Pour l'équipe rhodanienne, qui a connu, comme tous les favoris, quelques trous d'air cette saison, la première place du championnat passait par des victoires à domicile contre les rivaux Orléans et Nancy. Les deux fois, l'Asvel, qui avait déjà battu Le Mans fin mars, l'a emporté. Certes, le 11 avril dernier à l'Astroballe, Orléans a connu un passage à vide monstrueux qui a permis à l'Asvel de gagner sans vraiment briller. Mais contre Nancy, pour la " finale " de la saison régulière, l'Asvel a su, au moment décisif, porter l'estocade à de solides Lorrains. Psychologiquement c'est important.
L'Asvel est expérimentée

Avec Laurent Foirest, Aymeric Jeanneau, Nebosja Bogavac, Eric Campbell ou Amara Sy, l'Asvel dispose de joueurs rompus aux phases finales et au très haut niveau (Euroligue, équipe de France, championnats étrangers...). " Savoir gagner " et repousser la pression est un plus non négligeable dans les moments décisifs. A ce niveau, tous les " gros " disposent de joueurs d'expérience, mais c'est sans doute le collectif asvelien qui est le plus impressionnant quand la machine tourne à plein. Et puis, il y a Vincent Collet. Le meilleur coach français, fin tacticien choisi pour diriger l'Equipe de France, sait assurément comment gagner un championnat. Comme avec Le Mans, son précédent club, en 2006.
L'Asvel est un collectif efficace

Le basket consistant à marquer plus de paniers que l'adversaire, il est difficile de perdre un match quand on rentre ses tirs. Or l'Asvel est l'équipe la plus adroite du championnat (49,9 % de réussite aux tirs). JR Reynolds, Ben Dewar et Laurent Foirest s'occupent des shoots longue distance (une discipline où brillent également Jeanneau et Bogavac) avec la deuxième réussite du championnat (38,8 % à 3 pts). Egalement deuxième à l'évaluation globale et au pourcentage aux lancers francs (un facteur souvent décisif en fin de match), l'Asvel est une équipe qui " gâche " peu. Seul bémol : beaucoup de pertes de balles mais c'est presque logique quand on est également numéro un aux passes décisives, grâce à la paire Jeanneau-Reynolds et à l'esprit (trop ?) collectif qui règne dans l'équipe.
NON :

L'Asvel est déjà qualifiée pour l'Euroligue

Disposant d'une wild-card lui donnant accès au tour préliminaire de la prochaine Euroligue, l'Asvel a mis un point d'honneur à se qualifier sur le terrain pour la compétition reine en Europe, en arrachant la première place contre Nancy. Un titre de champion de France ou une élimination en quarts n'y changeront rien. Est-ce à dire que cette qualification déjà acquise peut émousser la motivation de l'Asvel ? Possible, surtout face à des adversaires (Orléans, Le Mans, Nancy mais aussi Roanne), prêts à tout pour jouer eux aussi l'Euroligue, synonyme de gros matchs et de budgets plus conséquents.
L'Asvel manque d'un joueur d'impact

Tous les favoris pour le titre ont un joueur capable de tuer un match si nécessaire. Orléans et Le Mans avec les pistoleros Cedric Banks et Dewarick Spencer, qu'il vaut mieux ne pas croiser dans un bon soir ; Nancy avec l'Homme-orchestre dominicain Ricardo Greer ; Roanne avec les frères pétards Monroe-Harper. Même le premier adversaire de l'Asvel en play-offs, Strasbourg, dispose en Brion Rush d'une gâchette (21,2 points de moyenne) capable de marquer des vestiaires s'il le faut. L'Asvel, elle, fait valoir son collectif et une répartition plus homogène de la marque (5 joueurs entre 10 et 13 points mais pas de gros scoreur). Mais cela masque aussi l'irrégularité chronique de ses leaders (Dewar, Sy, Troutman, Traoré). Alors, en cas de match serré, qui pour prendre le dernier shoot ?
L'Asvel n'aime pas le costume de favori

Ces 15 dernières saisons, l'Asvel reste sur 7 finales mais un seul titre. Un syndrome qui pourrait bien faire encore des dégâts cette année. Car si l'Asvel a remporté ses matches décisifs en saison régulière, elle a aussi perdu quelques matches " éliminatoires ". En Eurocup, à domicile face à Gran Canaria après avoir gagné à l'extérieur. A la Semaine des As, où des Verts dominateurs se sont soudain écroulés face à Orléans. Et en Coupe à domicile, face au Mans. 1ère de la phase régulière, l'Asvel bénéficie de l'avantage du terrain pour ces play-offs (1), mais a parfois perdu à domicile face à de " petites " équipes (dont Strasbourg, son adversaire en quarts). En demi, face à Nancy ou Roanne, injouables chez eux, une défaite à domicile s'avèrerait très problématique. Quant à la finale de Bercy, où rien ne se passe jamais comme prévu, elle remet généralement les compteurs à zéro et ne récompense que les mentals forts.

(1) Les quarts, qui débutent le 23 mai, et les demies se déroulent au meilleur des 3 manches, le 1er et le 3e match se déroulant dans la salle de l'équipe la mieux classée durant la phase régulière. La finale, match unique, se déroule à Bercy le 20 juin.

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