Villefranche : “On ne part pas à l’abattoir, on n’a pas la trouille au ventre”

A quelques heures du 16e de finale historique de Villefranche contre Saint-Etienne, le président du club CFA veut y croire. Interview de Christian Du Verne, président du Football Club Villefranche-Beaujolais (FCVB).

Lyon Capitale : Dans quel état d’esprit sont les joueurs à quelques heures du match contre Saint-Etienne ?
Christian Du Verne : Je les sens plutôt confiants. Il est clair qu’ils ne sont pas persuadés qu’ils vont gagner, mais ils ne sont pas persuadés non plus qu’ils vont être ridicules. Ils ont vraiment envie de prouver qu’ils ont un niveau satisfaisant au foot, qu’ils sont de bons joueurs. Je les trouve bien, pas trop stressés. Ils ne partent pas à l’abattoir, ils n’ont pas la trouille au ventre. Je pense qu’ils vont jouer libérés d’un point de vue technique. Et puis de toute façon, perdre contre Saint-Etienne n’aurait rien de honteux.

Comment arrive-t-on à tenir tête à onze joueurs pros quand, en face, il y a seulement trois joueurs semi-pros, le reste étant artisans, étudiants, comptables...
L’année dernière il y avait trois semi-pros. Cette année, il n’y en a plus que deux. En réalité, il faut deux choses pour tenir tête : d’une part, que Saint-Etienne ne nous prenne pas forcément avec le sérieux nécessaire, donc qu’ils viennent en pensant qu’une équipe de CFA c’est facile ; ensuite, il faut que l’on joue à 120 % de nos capacités. Pas forcément au niveau qualité du ballon, mais au niveau concentration, envie, volonté. Il faut être au-dessus de ce que l’on montre d’habitude en championnat, et il faut que Saint-Etienne soit en-dessous de ce qu’ils sont capables de faire. Le foot est l’un des rares sports collectifs où c’est possible. Il n’y a qu’à regarder Colmar en CFA qui a éliminé Lille, troisième de Ligue 1 ou Quevilly, en CFA aussi, qui est allé taper Angers, en Ligue 2... Ça , ça ne se voit pas au rugby, ni au basket. Ça ne se voit que dans le foot.

Sur le terrain, il y a une petite pression. En coulisses aussi, on imagine...
Sur le plan organisationnel, pour les dirigeants et les bénévoles, c’est hyper compliqué de préparer un match comme celui-ci. Tous les problèmes de sécurité qu’on avait connus l’année dernière avec l’AS Orly, battue en 32e de finale de la Coupe de France, c’est multiplié par 10 avec Saint-Etienne.

Évidemment, recevoir Saint-Etienne nécessite un dispositif de sécurité spécial, non ?
On attend entre 550 et 600 supporters stéphanois pour un total d’environ 3500. On a 90 stadiers professionnels, la Croix-Rouge, des maîtres-chiens, 3 compagnies de CRS, des policiers, gendarmes.

Jouer Saint-Etienne, c’est aussi un sacré coup de projecteur pour le club...
C’est clair. On existe soudainement. C'est joli coup de pub. Eurosport qui retransmet le match en direct. Si on ne gagne, pas on touche zéro. Le droit à l’image je ne sais pas ce que ça veut dire moi.

Sainté part archi-favori...
Le lendemain du tirage au sort, on pouvait lire sur le site web de l’ASSE : “ce sera Vannes/Saint-Etienne”. Pour eux, c’était plié. C’est là qu’on a peut-être notre chance.

Justement, quelles sont les chances du FCVB ?
Allez, je dirais entre 2 et 3 %.

D’autant que Saint Etienne n’est pas au mieux de sa forme actuellement....
C’est clair. Ils ne sont pas dans une bonne dynamique. A priori, sur les derniers matchs, ils ont plus été malchanceux que mauvais. Mais ils sont certains de ne pas terminer dans les premiers de Ligue 1. Pour eux, la Coupe de France devrait être importante, c’est un peu leur dernier moyen de se qualifier pour une coupe d’Europe. Et pour nous de sabrer le champagne !

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