OL : c’est grave docteur ?

Analyse - Défait chez le promu caennais (3-2) dimanche en fin d’après-midi, l’OL n’avait plus connu aussi mauvais départ en Ligue 1 depuis la saison 2000-2001. Une éternité. Alors simple accident ou blessure plus profonde ? Explications.

La semaine promet d’être agitée entre Rhône et Saône. Outre le résultat, très défavorable contre Caen (3-2), l’OL a perdu en quatre jours ses trois Brésiliens pour plusieurs semaines : Cris et Bastos (ils souffrent d'une déchirure aux ischio-jambiers) et pour de longs mois Ederson (rupture totale des muscles ischio-jambiers). Le staff médical lyonnais va avoir du travail. Claude Puel aussi. Entre la composition du match face à Brest, les velléités de prêts de certains jeunes (Tafer, Kolo), les éventuels nouveaux achats (un milieu de terrain ?), les joueurs dont le club aimerait se séparer (Makoun, Källström), l'entraîneur général de l'OL a de quoi se "tortiller les méninges". Et le natif de Castres le souligne lui-même : "Il y a déjà urgence !".

Une équipe déséquilibrée

Trois buts encaissés chez un promu. Le constat brut est alarmant. Positionnés très hauts sur le terrain, les Lyonnais ont énormément souffert face à la vivacité et la rapidité des jeunes attaquants caennais. Deux ballons perdus (Toulalan et Källström), deux contre-attaques, deux buts. Difficile d’incriminer pourtant seulement la charnière centrale comme il est souvent coutume de le faire. Le débat sur Toulalan en défense centrale – il est vrai auteur d’un match très moyen – va sans doute raviver les interrogations des supporters.

C’est pourtant au milieu de terrain que le bât blesse. A Caen, exit le talentueux Gonalons et place à Makoun et Källström, deux joueurs que la direction lyonnaise ne serait pas contre se séparer. Difficile de construire l’avenir avec ces joueurs-là. Pjanic, quant à lui, peine à prendre les clés du jeu lyonnais en main. Si l’on ajoute la grave blessure d’Ederson – bien que celui-ci ne se soit jamais imposé à l’OL – un renfort au milieu de terrain semble inévitable aujourd’hui. En attendant, deux jeunes champions d’Europe aux qualités techniques certaines piaffent d’impatience : Clément Grenier et Enzo Reale.

Briand, Gomis…

Tout n’est pas à jeter de la performance lyonnaise en terre normande. Mentalement, déjà, les Gones n’ont jamais rien lâché. Et ce malgré la multiplication d’éléments contraires (buts contre le cours du jeu, expulsion de Réveillère, blessure de Cris). Individuellement, Jimmy Briand et Bafé Gomis ont surclassé leurs camarades. Le néo-Lyonnais, virevoltant et très entreprenant sur son aile droite a rendu fou Tafforeau. Sa complémentarité avec Bafé Gomis, excellent dimanche soir, semble innée. L’ex-Stéphanois a prouvé qu’il était bel et bien 100 % Lyonnais, se dépouillant sur le terrain.

Une situation inquiétante ?

Réveillère, la semaine dernière, puis Cris, dimanche soir, ont réclamé des renforts. "Lyon doit se renforcer, je pense. Notre effectif est bien, mais il y a beaucoup de jeunes. Maintenant, c'est au coach et au président de voir ce qu'il faut faire...", déclare sans détours le capitaine de l’OL. Avec les blessures, Lyon semble s’y résoudre. La solution de repli, c’est d’incorporer les jeunes, dont les qualités sont souvent mises en avant par le club du président Aulas. Les quinze prochains jours – jusqu’au 31 août – s’annoncent déterminants pour l’OL. La plaie, aujourd’hui superficielle, peut très bien se résorber comme s’infecter. Il sera alors temps de dresser un diagnostic plus fiable des maux rhodaniens.

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