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Sarselli : "Je ne suis pas là pour couper des rubans”

Véronique Sarselli, nouvelle présidente LR de la Métropole de Lyon, délivre son discours de la méthode pour une gouvernance qu’elle veut apaisée avec les maires des cinquante-huit communes de l’agglomération. Sur sa relation avec Lyon, elle espère un dialogue mutuel et appelle Grégory Doucet à assumer la centralité de sa ville.

Lyon Capitale : Votre victoire a été présentée comme celle des maires. Bruno Bernard, votre prédécesseur, a expliqué sa défaite par la primauté du fait municipal sur le fait métropolitain. Partagez-vous ce constat ?

Véronique Sarselli : Ainsi Bruno Bernard n’a pas perdu. Ce sont les gens qui n’ont pas compris l’élection. C’est une façon particulière de voir les choses. Dans dix des quatorze circonscriptions, je crois, au contraire, que les habitants ont bien compris ce qu’était la Métropole de Lyon. Notre victoire n’est pas celle du fait municipal. Le mandat précédent a été justement vécu de façon très difficile dans les communes et plus globalement par les Grand-Lyonnais. Là où les maires ont joué un rôle important dans cette campagne, c’est qu’ils sont en proximité. C’est leur cœur de mission. La majorité métropolitaine précédente est passée à côté de ce rôle de proximité. La Métropole de Lyon est une collectivité qui peut accompagner dans la vie de tous les jours mais qui, par sa taille, doit rayonner plus largement dans la région voire au niveau national ou international. Notre enjeu est d’avoir une vision de long terme pour le territoire qui trouve aussi une traduction dans les villes. Lors du mandat précédent, il n’y avait qu’une idéologie avec une méthode sur laquelle je ne reviendrai pas. Les Grand-Lyonnais ont fait clairement leur choix les 15 et 22 mars. Nous avons gagné dix circonscriptions sur quatorze dont trois à Lyon. Je ne pense pas que le rôle de la Métropole de Lyon n’ait pas été compris par les Grand-Lyonnais, je pense plutôt qu’ils ont voté pour un projet clair. Est-ce incongru ou inapproprié de reconnaître que la Métropole est composée de cinquante-huit communes et que les habitants cherchent la proximité dans leur commune ? Cela ne va pas à l’encontre de la Métropole dont les politiques publiques ne peuvent pas être déconnectées des cinquante-huit communes. En voulant le faire, nos prédécesseurs ont créé un fossé. J’entends les critiques que l’on me fait selon lesquelles je voudrais revenir à la communauté urbaine. C’est faux mais quand bien même si nos politiques trouvent une traduction municipale, c’est ce que veulent les électeurs. Bruno Bernard n’a pas été dans ce sens car il n’avait pas d’ancrage local. La situation des élus en place forge ce qu’ils font. Moi je suis pragmatique. Je pense que les intérêts de la Métropole et des communes ne sont pas incompatibles.

La conception que vous développez de la Métropole de Lyon ressemble plutôt à un retour en arrière, à l’époque du Grand Lyon…

Nous ne pouvons pas ignorer que nous sommes composés de cinquante-huit villes. Nous ferons de l’accompagnement à l’investissement sur la sécurité par exemple mais notre gouvernance ne se limitera pas à être un guichet. Les communes seront parties prenantes et cela se traduira dans le nouveau pacte de cohérence métropolitaine. Dans la programmation pluriannuelle d’investissement, il y aura un accompagnement financier aux communes mais nous aurons aussi des politiques métropolitaines qui se traduiront territorialement. Ce qui a péché lors du mandat précédent, c’est la verticalité et la méthode. Ils ont dit : “Nous avons été élus pour faire ces politiques métropolitaines et nous ne discutons pas avec les communes.” S’il y a eu une fronde des maires, c’est qu’il y a eu des équipements qui leur ont été imposés. Il ne peut pas y avoir d’appropriation des politiques métropolitaines s’il n’y a pas le respect du territoire.

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