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© Kevin Masseteau

NVB : “Oui, à Villeurbanne, la gauche reste forte”

Plusieurs personnalités de la gauche, dont Anne Hidalgo et Christiane Taubira, se sont réunies ce mercredi matin sur les marches du TNP de Villeurbanne pour soutenir Najat Vallaud-Belkacem, la candidate PS de la 6e circonscription, qualifiée au second tour face à Bruno Bonnell (LREM).

Un soleil étouffant et une foule attentive aux prises de parole successives des personnalités politiques présentes, sereinement assises sur les marches du Théâtre national populaire de Villeurbanne. Le cadre était idéal, ce matin, pour cette réunion de soutien publique à Najat Vallaud-Belkacem. Après une brève introduction de la candidate, chacun s’est exprimé, notamment autour d’une idée centrale : le rassemblement de la gauche.

“Capter les différentes sensibilités de la gauche”

Cette idée de rassemblement était d’abord incarnée par la présence de deux candidats de gauche de la 6e circonscription éliminés au premier tour : Mathieu Soares (PCF) et Béatrice Vessiller (EELV). Mais elle était également largement évoquée dans chacune des prises de parole d’Anne Hidalgo, de Christiane Taubira et de Najat Vallaud-Belkacem. L’ancienne garde des Sceaux a ainsi loué la capacité de la candidate à "capter les différentes sensibilités de la gauche". Cette dernière s’appuie pour sa part sur le ralliement des divers mouvements de gauche après le premier tour : "Je remercie Mathieu Soares et Béatrice Vessiller de s’être tournés vers moi. Et, même si je déplore le fait que La France Insoumise n’ait pas publiquement appelé à voter pour moi, le communiqué de presse de Laurent Legendre [candidat FI dans la 6e circ., 14,71% au 1er tour, NdlR] va dans le sens d’un rapprochement de la gauche en déconseillant de voter pour Bruno Bonnell."

En évoquant leurs expériences communes et leurs travaux menés à bien durant le dernier quinquennat, Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem ont donné à voir quelque chose qui a manqué au Parti socialiste ces derniers mois : une alliance pleine de connivence et de sincérité. "Elle fut la première femme à accéder au poste de ministre de l’Éducation et ensemble nous nous sommes battues pour l’égalité homme-femme et contre le harcèlement, en aggravant les sanctions, en privilégiant les femmes policières pour recueillir les plaintes des femmes, a déclaré Christiane Taubira. Nous avons toutes les deux été victimes de sexisme vulgaire et de diverses discriminations lors du quinquennat. Et, pour avoir subi cela des années durant, je sais que Najat a l’expérience et le tempérament suffisant pour intégrer l’Assemblée nationale et ne pas se laisser faire. C’est une femme qui incarne l’optimisme de la combativité."

“Dans le pays de Montesquieu, nous serions prêts à renoncer à l’équilibre des pouvoirs ?”

Cette force, Najat Vallaud-Belkacem veut l’employer à rétablir le débat démocratique. "Un combat pour la justice sociale, pour la justice fiscale", dit-elle. Elle veut la mettre "au service des promesses sociales du gouvernement" et y recourir pour "contrer les projets qui mettraient à mal les acquis sociaux des uns et les droits des autres". Une volonté illustrée par une question rhétorique lancée par Christiane Taubira : "Est-ce que, dans le pays de Montesquieu, nous serions prêts à renoncer à l’équilibre des pouvoirs ?"

Mais la marche est haute, car Bruno Bonnell dispose de vingt points d’avance sur Najat Vallaud-Belkacem. Confiantes, les personnalités de la gauche présentes au TNP espèrent un rassemblement majeur à gauche et comptent sur une mobilisation des abstentionnistes. "Il n’est pas trop tard pour changer d’avis ou pour se décider à aller voter", a déclaré la candidate. "Tôt ou tard, les Français réaliseront que Bruno Bonnell est un robot de Collomb et qu’il n’incarne pas le renouveau. Comment un chef d’entreprise soupçonné de ne pas payer ses impôts sur la fortune et de tricher avec ses sociétés le pourrait-il ? C’est une question d’honnêteté démocratique", a-t-elle ajouté, avant de conclure par ces mots : "Nous avons la chance d’être l’une des seules circonscriptions avec la gauche au second tour. Alors, oui, à Villeurbanne, la gauche reste forte !" Rendez-vous dimanche pour le verdict. En attendant, Najat Vallaud-Belkacem pourra toujours tenter d’accrocher quelques voix supplémentaires ce soir à 20h30 au DZ Café, lors de son débat avec Bruno Bonnell.

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2 commentaires
  1. Kasneh - 16 juin 2017

    Une photo symbolique de la décadence de la gauche : une ex ministre et une mairesse assise pour soutenir une ex ministre. Pitoyable comme Guigou au carnaval.

  2. Gérard Eloi - 16 juin 2017

    Au contraire de la décadence que tu lui attribues, je trouve que cette photo respire une saine décontraction.Evidemment, 'les goûts et les couleurs'...Une petite question : chez Macron, on ne s'asseoit donc jamais ? Sauf derrière un paravent quand on commence un malaise ?

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