Lanneluc et Auvray : une cheville ouvrière dans le système Collomb

L’un est affable, élégant et se prête à la conversation. L’autre est discret, insaisissable bien que courtois, et fuit toute relation avec les journalistes. Jean-François Lanneluc et Sylvain Auvray sont les deux hommes du maire.

De tous les collaborateurs de Gérard Collomb, ils sont les seuls à être “physiquement” proches de lui. Dans le long couloir de l’Hôtel de ville qui conduit le visiteur jusqu’au bureau du maire, il y a un vestibule dans lequel se nichent les bureaux de Lanneluc et d’Auvray. Là est le cabinet. Sous la main. Lanneluc et Auvray ont tous deux traversé le premier mandat de Collomb et sont encore là au début du deuxième. Leur rôle bien défini les rend complémentaires. À Lanneluc le fond des dossiers et la charge de faire de Lyon une ville attractive ; à Auvray les jeux politiques et la relation avec le parti.

Filière alsacienne

Passé par la région Picardie, les villes de Strasbourg et Grenoble, Jean-François Lanneluc est d’abord un as de la communication. C’est lui qui popularisera aux yeux des Français le marché de Noël de Strasbourg à la fin des années 1990. Arrivé à Lyon 18 mois après le début du premier mandat de Gérard Collomb, Lanneluc s’occupe d’abord de la communication avant de prendre également la casquette de directeur de cabinet. Quelques journalistes à l’époque ont raillé l’absence totale de réseaux et les creux du carnet d’adresses de Gérard Collomb en voyant arriver ce quasi inconnu dans le monde très feutré des cabinets. Mais Lanneluc a duré et, dans ce milieu, il s’agit d’un signe de confiance à ne pas négliger. À tel point que Collomb l’a même laissé installer ses propres hommes. Lanneluc a en effet fait venir quelques collaborateurs qui ont travaillé avec lui à Strasbourg. Ils sont au moins quatre à avoir suivi cette “filière alsacienne”. Isabelle Schwarz et Jacques Dumont s’occupent de communication, l’une à la Ville et l’autre au Grand Lyon. Jean-François Zurawik est au poste stratégique de directeur de l’événementiel à la ville puisque c’est lui qui pilote la Fête des Lumières. Enfin, Jean-Baptiste Fauroux est directeur général des services à la Ville de Lyon.
Ces recrutements démontrent que Collomb laisse carte blanche à Jean-François Lanneluc.

Pourtant, on les a dits parfois fâchés ou brouillés. Notamment lorsque Collomb s’est engagé pour Ségolène Royal dans les débats du PS lors du dernier congrès, Lanneluc a pensé que cela ne pouvait que desservir les affaires locales. Certains indiquent même que le précieux dir’ cab’ aurait cherché un poste ailleurs. L’intéressé dément. Seul Bordeaux, sa ville de naissance, avait tenté de le débaucher au tout début des années 2000. Jean-François Lanneluc reste un collaborateur complexe. Son poste l’exige. Lui-même répète fréquemment qu’il a “passé l’âge d’être manichéen”. Il faut le prendre au mot. Volontiers manipulateur, il a l’art de s’adapter à son interlocuteur et de faire entendre des messages dont il pourra aisément se désolidariser. Lanneluc, c’est la “diplomatie” de Collomb. Il doit être agréable avec tout le monde quitte à dire tout et son contraire.

"Auvray, il n’est pas PS ni même à gauche. Il n’est que Collomb !"

Quant à Sylvain Auvray, son rôle très politique le rend plus lisible que Jean-François Lanneluc même s’il se fait moins présent depuis les municipales. Alors que Queyranne est à la manoeuvre pour les régionales de 2010, ces dernières semaines, le chef de cabinet a fait le tour des socialistes pour expliquer que son patron ne s’immiscerait pas dans cette campagne. Sa particularité étant qu’il ne travaille que pour Collomb. “Auvray, c’est un robot. Il n’est pas PS ni même à gauche. Il n’est que Collomb !” assure un de ses interlocuteurs au bureau fédéral du PS.

Mais plus généralement, tout le monde le dit en retrait. D’ailleurs, Auvray aurait dû quitter ses fonctions pour rejoindre la direction générale de la SACVEL. L’affaire ne s’est pas conclue. Mais le jour où il y aura le feu à la fédération PS du Rhône, on peut être sûr qu’Auvray réapparaîtra pour faire respecter les consignes du patron.

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