Emmanuel Macron, à Lyon, en septembre 2017 © Tim Douet
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Fake news : une loi pour rien ou pour censurer ?

Présentée comme la petite sœur de la loi sur le secret des affaires, celle sur les fake news est vécue par les médias comme une entrave supplémentaire à la liberté de la presse. La promesse du Gouvernement de les exclure du périmètre d’une loi, focalisée sur les plateformes en ligne, peine à convaincre. Quant à l’efficacité même du texte, elle laisse dubitatif à l’heure où les États ont du mal à tordre le bras des réseaux sociaux.

Dans la France d’Emmanuel Macron, tout va très vite. En janvier, lors de ses vœux à la presse, le président annonçait une loi pour empêcher la propagation de fake news. Trois mois plus tard, début avril, une proposition de loi allant dans ce sens était déposée à l’Assemblée nationale par les députés de La République en Marche. Comme la loi sur le secret des affaires, en cours d’adoption par le Parlement, ce texte cristallise les inquiétudes des journalistes, qui l’envisagent comme une manière de contourner la plus protectrice loi sur la liberté d’informer de 1881. Les pistes évoquées par le président de la République se concrétisent autour de trois nouveautés qui englobent la seule période des campagnes électorales. Désormais, les plateformes en ligne devront donner une information claire sur la personne qui leur verse une rémunération pour mettre en avant des contenus sponsorisés et aussi en rendre public le montant. Il sera aussi possible de déréférencer des contenus reconnus comme des fake news ou faire fermer des sites les relayant. La loi permettra aussi au CSA de couper la diffusion de médias étrangers qui propageraient de fausses nouvelles. “La campagne d’Emmanuel Macron a été polluée sur les réseaux sociaux par des fake news venant soit de la fachosphère soit de Russie. Le gouvernement russe ne les pilotait pas, mais nous nous sommes rendu compte que les rumeurs venaient de sites hébergés dans des pays slaves. L’idée de cette loi est de contrôler la valeur des informations qui circulent sur les réseaux sociaux et de s’attaquer à ceux qui propagent des fake news”, avance Bruno Bonnell, député LREM de Villeurbanne. Le climat délétère sur fond d’intervention russe de la campagne présidentielle américaine a aussi illustré la nécessité de lutter contre les fake news.

Une loi “fondée sur l’émotion”…

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