conseil municipal

Collomb vante (toujours) le modèle lyonnais, il invite Hollande à s'en inspirer

A la veille de la passation de pouvoir entre Sarkozy et Hollande, les rôles ont semblé s'inverser hier, lundi 14 mai, au conseil municipal de Lyon. L'opposition a critiqué le nouveau président. La majorité a fortement levé le pied en matière de critique du "désengagement" de l'Etat. Au final, Gérard Collomb a mis tout le monde d'accord en reprenant son refrain habituel sur le "modèle lyonnais". Récit.

Majorité et opposition municipales ont profité du premier conseil municipal d'après élection-présidentielle, lundi 14 mai, pour se positionner par rapport au nouveau pouvoir, lundi après-midi.

L'adjoint aux Finances, Richard Brum, a commencé par soumettre le compte administratif 2011 aux élus. Il a annoncé un montant record de "droits de mutation", taxes indirectes perçues en partie par la ville et tirées de la vente de biens immobiliers. Leur montant, en 2011, s'est élevé à 31,3 millions d'euros, en augmentation de 5 millions d'euros par rapport à 2010. Par comparaison, Paris a perçu 1 milliard d'euros l'année dernière de droits de mutation, une somme jamais atteinte également. Nicolas Sarkozy avait proposé de les supprimer s'il était élu.

695 euros de dette par Lyonnais

Richard Brum a souligné que la Ville avait profité de cette manne financière pour réduire l'endettement de la Ville, en baisse de 47 millions d'euros par rapport à 2010. "La dette correspond à un endettement par Lyonnais de 695 euros en 2012, contre 807 euros en 2010 et 1 200 euros en moyenne dans les villes françaises", a souligné l'adjoint aux finances.

"Nous espérons que le matraquage fiscal que le nouveau président de la République souhaite imposer aux Français ne viendra pas casser cette dynamique", a attaqué Michel Havard, président du groupe "Ensemble pour Lyon" (UMP et apparentés) au moment de sa prise de parole. Le député de l'ex-majorité a précisé que la Ville de Lyon "a profité en 2011 d'un marché immobilier fort qui lui a permis d'engranger des droits de mutation exceptionnels sur les ventes d'immobilier ancien", mais il craint qu'"avec le programme d'Hollande nous ayons mangé notre pain blanc dans ce domaine....".

Denis Broliquier, Lyon-Divers-Droite, a regretté lui que la Ville n'ait pas profité de cette abondance de recettes fiscales pour "jouer son rôle contra cyclique en période de crise". Le maire du 2e a fait remarquer que les dépenses d'investissement "établies à 98,7 millions d'euros en 2011, en augmentation de 17 % par rapport à 2010, restaient en deça des prévisions du maire à 111 millions d'euros".

Les groupes de la majorité (PS, PC, EE-LV et GAEC) ont quant à eux levé le pied par rapport à leur niveau habituel de critique en matière de "désengagement" de l'Etat. Habitués à brocarder les baisses de dotations de l'Etat, Richard Brum, adjoint aux finances, a sobrement relevé une baisse de 3 millions d'euros de leur montant entre 2010 et 2012.

Le modèle lyonnais dont devrait s'inspirer l'Etat

Gérard Collomb lui n'a pas dérogé à la règle reprenant son habituel refrain sur "le modèle lyonnais dont devrait s'inspirer l'Etat". Le maire a illustré son propos avec un graphique sur l'évolution comparée de la dette de l'Etat (1700 milliards d'euros fin 2011) et celle de la ville (340,6 millions). "Lorsque l'on constate l'évolution nationale, quel contraste ! ! ! Et pourtant nous sommes dans les mêmes circonstances. Le taux d'intérêt est même plus élevé pour les collectivités locales que pour l'Etat", a estimé le maire provoquant l'ire de l'opposition. "Il suffit d'un graphique pour tout comprendre. Pourquoi ? Parce que nous avons fait les bons choix ! En développant un certain nombre d'entreprises. Il y en avait 5 000 en 2001 à Lyon, il y en aujourd'hui 15 000. Le nombre d'immeubles d'entreprises est en hausse de 36 %. Est-ce à dire qu'il ne se passerait rien dans cette ville ? Levez la tête, regardez le nombre de grues, vous serez surpris" a poursuivi Gérard Collomb.

"Ce que nous avons fait, trouver un modèle de croissance, c'est ce que j'espère que nous pourrons faire pour la France de demain. La situation ne va pas changer du jour au lendemain, mais avec de la ténacité, du courage, de la justice et de la solidarité on pourra faire comme on l'a fait à Lyon, repartir sur le chemin de la croissance. De concert avec les autres nations d'Europe" a souhaité Gérard Collomb.

Pour finir, les groupes "Ensemble pour Lyon" (UMP et apparentés) et "Centristes et démocrates pour Lyon" ont voté contre le compte administratif 2011, confirmant leur statut d'opposants. Les membres de Lyon-divers-droite se sont contentés de s'abstenir.

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