Gérard Collomb
© Tim Douet

Collomb se console avec les chantiers lyonnais

Au lendemain de son rendez-vous manqué avec le gouvernement Valls II, Gérard Collomb s’est replongé – sans amertume, assure-t-il – dans son costume de maire bâtisseur à l'occasion de sa traditionnelle visite de chantiers de rentrée.

Vue de Lyon depuis la tour Incity en construction, le 27 août 2014 © Tim Douet

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Traditionnelle visite des chantiers en cours ce mercredi matin pour le maire de Lyon. Cette année, le Collomb Tour passait par la tour Incity, le parc de la Passerelle dans le 5e et le 9e avec notamment le pont Schuman. Entre points d'étape des chantiers et pré-inaugurations, Gérard Collomb a livré la philosophie de son prochain mandat : "Allier la force de la ville" avec un cadre plus verdoyant. Le maire a surtout mis l'accent sur des financements public-privé à l'heure où les dotations de l'État s'amenuisent et où le cadre budgétaire devient incertain.

Tour Incity, la vitrine de son plan Part-Dieu

La tour Incity en travaux

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Du haut du 32e étage de la nouvelle tour Incity, Gérard Collomb tient une réalisation concrète de son plan Part-Dieu et un énième exemple de son modèle lyonnais, où se conjuguent investissements privé et public. La tour est, en effet, un projet purement privé : portée par le promoteur immobilier Sogelim et propriété désormais de la Caisse d'Épargne. Mais, avec le réaménagement par la puissance publique de la circulation piétonnière du quartier d'affaires, elle s'inscrit dans la lignée du plan Part-Dieu 2021.

"La force de la tour n'est pas contradictoire avec une ville respectueuse de la nature. C'est la ville de demain", claironne Gérard Collomb en pointant l'esplanade de l'auditorium, 32 étages plus bas. Il faudra toutefois plus que des discours pour ôter de la minéralité au quartier de la Part-Dieu. La tour Incity joue justement de la fibre verte avec sa batterie de labels type HQC BBC.

"C'est la seule tour en France à ce niveau de performance énergétique", plastronne son constructeur. Incity tutoie aujourd'hui la pointe du Crayon de la Part-Dieu, vu du 32e étage. Au rythme d'un étage par semaine, elle atteindra sa hauteur maximale en septembre. La façade est désormais vêtue de verre jusqu'au 24e étage. La livraison est prévue pour la fin de l'année 2015. Prochaine prouesse technique : l'installation de l'ascenseur Twin Cab, une cabine jumelle avec des ascenseurs indépendants qui pourront donc se croiser.

Halte champêtre dans une visite très béton

Le parc de la Passerelle dans le 5e

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Changement de décor et de taille. Au parc de la Passerelle, à cheval sur le 5e et le 9e, Gérard Collomb troque la puissance urbaine pour un cadre plus champêtre. L'espace vert a été inauguré durant l'été. Dans une visite des chantiers du Grand Lyon concernant uniquement des projets lyonnais, Gérard Collomb vante une connexion avec Tassin-la-Demi-Lune. Dans l'historique des visites de rentrée, ce parc apparaîtrait presque comme une incongruité : 1,4 million d'euros pour sept mois de travaux.

Rue Marietton, public-privé et gagnant-gagnant

Le prolongement de la rue de la Claire

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Dans le 9e arrondissement, cher à son cœur, Gérard Collomb fait un détour par la rue de la Claire. Une artère dont la construction est presque bouclée. Elle est bordée d'immeubles neufs destinés à accueillir des habitations et du logement étudiant. Mais la rue vaut surtout le détour pour des raisons de technique budgétaire. La crise des finances publiques rattrape Lyon avec une baisse des dotations de l'État et Gérard Collomb joue donc de l'arsenal législatif pour construire la ville. Ici, il s'agit d'un PUP (projet urbain partenarial).

Pour faire simple, les deux promoteurs immobiliers ont payé les travaux de construction du prolongement de la rue de la Claire, normalement à la charge de la collectivité publique, ainsi que la réalisation de 1,3 classe de l’agrandissement de l'école primaire. En échange, le Grand Lyon s'est engagé à livrer dans les temps l'artère en question. Sur les 2,56 millions d'euros que coûtent les équipements publics, le privé prend en charge 1,72 million.

"L'outil est intéressant pour nous, précise Michel Le Faou, adjoint et vice-président du Grand Lyon en charge de l'urbanisme. Cela nous permet d'avoir des recettes supplémentaires et supérieures à la taxe d'aménagement. L'entreprise y gagne aussi puisqu'elle a l'assurance que le chantier avance vite." Quatre autres PUP sont en cours de réalisation dans le Grand Lyon et 14 autres en projet.

Pont Schuman, dernier arrêt avant inauguration

Visite de chantier du pont Schuman par les élus, à trois semaines de son inauguration © Tim Douet

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Le constructeur du pont, Vinci, se donne un petit mois pour livrer l'ouvrage. Le tablier a été posé et les travaux de goudronnage ont partiellement débuté. "Le pont permettra de désengorger Vaise en captant le flux qui vient des monts d'Or", pointe Gérard Collomb. L'ouverture du 14e pont sur la Saône réservera la passerelle Masaryk aux modes doux. D'une longueur de 176 m et large de 12, sa réalisation aura coûté 67 millions d'euros.

2 commentaires
  1. cecile972 - 27 août 2014

    En tant que président du Grand Lyon ce serait bien que Monsieur COLLOMB se penche sérieusement sur le problème du débit internet au Carré de soie. Il y a tout juste 4 Mo de débit dans ce nouveau quartier ! Il faudrait un nouveau NRA mais personne ne semble bouger. Ce quartier à cheval sur Villeurbanne et Vaulx-en-Velin a le droit d'avoir un débit ADSL équivalent à celui de Lyon 7 par exemple non ? ! Les habitants des logements neufs dont n'en peuvent plus de ce 'désert' internet !

  2. FOurs - 28 août 2014

    et le Grand-Stade ? et le é)périmètre de Derrière les Voûtes de Perrache ? et le Parc de la Motte ? ce ne sont plus des chantiers ?

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