Les élus LR Stéphane Guilland et Philippe Cochet en juin 2018 © Tim Douet
Les élus LR Stéphane Guilland et Philippe Cochet © Tim Douet

Campagne de Macron à Lyon : les élus LR saisissent le procureur

Les élus LR n'en démordent pas. Ils soupçonnent toujours la ville et la métropole de Lyon d'avoir mis à disposition des moyens humains et matériels pour la campagne d'Emmanuel Macron sans que cela soit affecté aux comptes de campagne d’En Marche. Pour en avoir le cœur net, ils ont décidé de saisir le procureur de la République de Lyon.

Après avoir adressé plusieurs demandes écrites et posé une question orale lors d'un conseil métropolitain, les élus LR de la ville et de la métropole de Lyon ont décidé de saisir le procureur de la République de Lyon sur l'utilisation de moyens de la métropole pour la campagne d'Emmanuel Macron. “Faute de réponses satisfaisantes, nous engagerons une autre démarche”, confie Stéphane Guilland, président du groupe LR au conseil municipal de Lyon.

Comme nous l'écrivons depuis plusieurs semaines, les élus Les Républicains pointent du doigt plusieurs faits, qu'ils ont versés au dossier, dont la réception à l'hôtel de ville de Lyon organisée le 2 juin 2016 par Gérard Collomb pour Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie. “Dans ce dossier, pour mémoire, il nous a fallu six mois pour obtenir les factures de la part de la métropole. Ce n'est pas normal dans un pays où la transparence est un principe”, dénonce Stéphane Guilland. “On essaie aussi d'avoir la liste des invitations. La métropole ne veut pas nous la donner puisque la jurisprudence de la Cada l'interdit. Mais cela veut dire que la liste existe et que quelqu'un doit pouvoir la consulter. David Kimelfeld nous a par ailleurs dit que la réception était faite sur le même type que celles pour Manuel Valls et Bernard Cazeneuve quelques mois auparavant. On a demandé les éléments. Mais, là encore, pas de réponse”, abonde Philippe Cochet. Pour le président du groupe LR à la métropole cet événement du 2 juin était bien un meeting de campagne, pas une rencontre avec un ministre. “Si ça avait été un déplacement ministériel, le protocole républicain aurait voulu que l'opposition soit invitée. Collomb dit que Macron n'était pas en campagne, pourtant des réunions plus anciennes que ce 2 juin ont été ajoutées aux comptes de campagne d’En Marche”, souligne Philippe Cochet.

Soupçon sur le meeting à La Plateforme

Les élus LR ont aussi inscrit dans leur dossier la réception qui a eu lieu à La Plateforme en septembre 2016. Une réception pour laquelle le parti En Marche a payé 996 euros alors que plus de 7000 euros avaient été demandés aux équipes des Républicains deux ans plus tôt. “On pensait que le coût de la vie augmentait... Visiblement, non”, ironise Stéphane Guilland. Comme nous l'écrivions le 8 juin dernier, Caroline Hawkins, responsable commerciale de la péniche, avait confié à Lyon Capitale  : “Nous avons adressé la facture à la métropole, car c'était quelqu'un de la métropole qui en a fait la demande.” Le symbole du mélange des genres, pour Philippe Cochet. “Est-ce normal que cette facture ait été envoyée à la métropole ? Si la personne a répondu à la métropole, cela veut dire que c'est quelqu'un de la métropole qui a passé commande. Dans ce cas, où est le bon de commande ? Qui a passé la commande ? Sur quel temps de travail ? C'est pour avoir ces réponses que nous allons saisir le procureur.” Le maire de Caluire a par ailleurs trouvé surprenant que les députés LREM fêtent leur première année sur lieu du crime. “On n’est pas dans le nouveau monde, mais dans la préhistoire”, selon lui.

“On dénonce un système”

Enfin, les deux élus questionnent la justice sur l'utilisation des locaux du Grand Lyon à Paris. Locaux dans lesquels une rencontre entre Emmanuel Macron et Alain Juppé aurait eu lieu, selon Le Figaro. “Il est normal que la métropole ait des locaux à Paris. Mais est-ce normal que ces locaux soient utilisés pour une campagne ? C'est un avantage en nature et ça doit être affecté aux comptes du parti”, estime Stéphane Guilland. Là encore, Philippe Cochet juge la réponse de la métropole trop vague : “À Paris, le Grand Lyon a visiblement une amnésie pour savoir qui rentre et qui sort de ses locaux. Il n'y a aucun rapport sur l'utilisation des lieux alors qu'à Lyon on peut avoir le détail précis de l'utilisation de chaque salle du Grand Lyon depuis dix ans.

C'est pour ces raisons que les élus LR ont décidé de saisir le procureur. “Aujourd'hui, il y a beaucoup éléments sur lesquels on a très peu de réponses et, quand on emboîte tout, on a quelque chose qui nous laisse penser que ce n'est pas si net que ça sur l'utilisation de moyens publics”, soutient Stéphane Guilland, qui a déposé la saisine en son nom. “On dénonce un système”, ajoute-t-il. “Gérard Collomb a eu un rôle primordial dans l'élection d'Emmanuel Macron. Il en a d'ailleurs pleuré durant l'investiture de ce dernier. Comme il l'a reconnu, il a mis à disposition ses moyens et son réseau pour Macron. Il a peut-être aussi mis à disposition quelques moyens qui ne lui appartiennent pas. On n'accuse pas, on pose la question”, conclut Philippe Cochet. Le dossier transmis, le procureur pourra se saisir ou non de l'affaire.

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