Augmentation des amendes : les Lyonnais vont-ils payer pour les Parisiens ?

Les amendes de stationnement pourraient passer de 17 à 35 euros pour financer le super-métro parisien, le Grand Paris Express. Pour autant, le flou demeure : cette augmentation concernera-t-elle les Parisiens ou tous les automobilistes de France ? L’une des deux hypothèses nécessiterait la dépénalisation du stationnement gênant. Explications.

Les automobilistes lyonnais vont-ils payer pour les transports du Grand Paris ? La question est posée, en raison d'une petite ligne dans le projet de financement du Grand Paris Express. Deux milliards d'euros doivent encore être trouvés pour financer la structure, mais l’Etat pourrait apporter son soutien au Grand Paris à hauteur d'un milliard d'euros, grâce à des recettes fiscales qui lui seraient affectées (taxe sur les nuitées d'hôtel par exemple). Mais le Gouvernement compte également sur les collectivités, appelées à participer à hauteur de 225 millions d'euros. En échange, il se dit "ouvert à la mise en œuvre de leviers permettant aux collectivités de mieux contrôler les recettes tirées du stationnement sur voirie en majorant les amendes forfaitaires". Comprendre par là une augmentation du montant des prunes.

Doublement de l'amende

L’amende passerait ainsi de 17 à 35 euros, pour financer indirectement le Grand Paris Express, via les collectivités. Ces dernières étant bénéficiaires d’une partie du montant des amendes. Cette simple hypothèse a fait bondir les automobilistes, l’association 40 millions d’automobilistes en tête, qui estime qu’il est "absolument inacceptable d'imaginer le financement de ce projet à travers l'augmentation des amendes de stationnement, comme l'imagine actuellement le Gouvernement".

En août 2011, l’amende était déjà passée de 11 à 17 euros. "Il paraît ainsi démesuré d'imaginer cette fois-ci de doubler le prix de cette amende", relève l’association, qui ne manque pas de souligner que l’arrivée du PV électronique a déjà donné naissance à une envolée du nombre des verbalisations.

Le mauvais stationnement dépénalisé ?

Mais voilà, le texte reste encore obscur sur un point essentiel : la mesure sera-t-elle appliquée localement, sur le territoire du Grand Paris, ou dans toute la France ? Les deux hypothèses sont probables. Néanmoins, la première soulève un problème légal. Actuellement, le mauvais stationnement est considéré comme une infraction, donc réprimé pénalement. En conséquence, le montant des amendes doit être le même pour tous les Français. La solution : la dépénalisation de cette infraction. Cette compétence pourrait alors être transférée aux collectivités locales, qui établiraient une tarification à la carte. La mesure pourrait ainsi s’inscrire dans l’acte 3 de la décentralisation, qui sera présenté en avril.

Cette disposition aurait au moins une vertu, afficher pour une fois la couleur et assumer l’augmentation pour faire de l’argent sans se cacher sous des atours écologiques.

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