Philippe Scoffoni est président de l'association PLOSS-RA.
Philippe Scoffoni est président de l’association PLOSS-RA.

Logiciels libres : "Internet ne fonctionnerait pas sans eux" (vidéo)

Philippe Scoffoni est président de l'association PLOSS-RA. Il était sur le plateau de l'émission "6 Minutes Chrono" de Lyon Capitale pour expliquer ce qu'est un logiciel libre à l'occasion des rencontres professionnelles du logiciel libre qui se tiendra le 10 juin à l'hôtel de la Métropole de Lyon.

Philippe Scoffoni début en donnant une définition du logiciel libre : "Un logiciel libre déjà c'est un logiciel informatique comme un autre. Il n'y a pas grand chose techniquement qui le différencie. Ce qui le différencie fondamentalement c'est la façon dont il est créé, conçu, maintenu, et développé. Un logiciel libre va respecter quatre règles. La première règle est la liberté d'utilisation : tous les utilisateurs doivent pouvoir utiliser le logiciel sans contrainte. On va pouvoir avoir accès au code source et ça c'est une grosse différence avec ce qu'on appelle le logiciel propriétaire, par opposition au logiciel libre. Dans un logiciel propriétaire on n'a pas accès au code source donc on n'est pas capable de savoir ce que fait le programme. Avec un logiciel libre, si on en a les compétences, on va pouvoir savoir ce que fait ce logiciel. De fait, on va être aussi en mesure de le modifier pour ses besoins, si on le souhaite. Deuxième autre aspect, on va pouvoir distribuer des copies. Si mon voisin a besoin du même logiciel que moi, je peux le lui donner sans contrainte. Et puis dernier élément, effectivement si je modifie le logiciel, j'ai conservé le droit d'en distribuer des copies. Voilà donc c'est un modèle qui est très différent, qui se veut ouvert par opposition au modèle traditionnel du logiciel propriétaire".

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Le président de PLOSS-RA explique sur le particularisme de la région lyonnaise : "on a la chance entre Lyon, Grenoble, Valence, etc., Saint-Étienne, d'avoir un terreau d'entreprises numériques libres qui est bien développé aujourd'hui. On va trouver facilement quand même des prestataires aujourd'hui sur notre région. On est une des régions les plus actives, peut-être pas la plus active, le bassin parisien est peut-être le plus actif. En tout cas, il y a des entreprises qui peuvent répondre à tous les besoins informatiques d'une société, d'une collectivité locale avec du logiciel libre. Aujourd'hui, on va le trouver assez facilement."

Plus de détails dans la vidéo...

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Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, on va parler du logiciel libre à l'occasion de la quatrième édition des rencontres professionnelles du logiciel libre qui se tiendra le 10 juin à l'hôtel de la Métropole de Lyon, à côté de la Part-Dieu. Pour en parler, nous recevons Philippe Scoffoni qui est organisateur de l'événement et lui-même président de l'association PLOSS-RA. Bonjour Philippe Scoffoni. Merci d'être venu sur notre plateau, on va rentrer dans le vif du sujet, est-ce que vous pouvez nous définir, nous donner, nous dire ce que c'est qu'un logiciel libre ?

Un logiciel libre déjà c'est un logiciel informatique comme un autre. Il n'y a pas grand chose techniquement qui le différencie. Ce qui le différencie fondamentalement c'est la façon dont il est créé, conçu, maintenu, et développé. Un logiciel libre va respecter quatre règles. La première règle est la liberté d'utilisation : tous les utilisateurs doivent pouvoir utiliser le logiciel sans contrainte. On va pouvoir avoir accès au code source et ça c'est une grosse différence avec ce qu'on appelle le logiciel propriétaire, par opposition au logiciel libre. Dans un logiciel propriétaire on n'a pas accès au code source donc on n'est pas capable de savoir ce que fait le programme. Avec un logiciel libre, si on en a les compétences, on va pouvoir savoir ce que fait ce logiciel. De fait, on va être aussi en mesure de le modifier pour ses besoins, si on le souhaite. Deuxième autre aspect, on va pouvoir distribuer des copies. Si mon voisin a besoin du même logiciel que moi, je peux le lui donner sans contrainte. Et puis dernier élément, effectivement si je modifie le logiciel, j'ai conservé le droit d'en distribuer des copies. Voilà donc c'est un modèle qui est très différent, qui se veut ouvert par opposition au modèle traditionnel du logiciel propriétaire.

Pourquoi organiser des rencontres professionnelles du logiciel libre ? Quel est le sens de cet événement que vous organisez le 10 juin ?

L'intérêt de ce genre d'événements c'est de faire connaître ces solutions. Même si elles existent depuis déjà de très nombreuses années, on a toujours besoin de faire connaître ces solutions. L'idée de cet événement c'est de regrouper des acteurs locaux, parce que ça aussi c'est un élément important dans le logiciel libre, c'est la dimension locale. On va pouvoir retrouver des prestataires dans sa ville qui vont pouvoir mettre en place ces logiciels. Les rencontres du logiciel libre, c'est effectivement une rencontre entre des utilisateurs, des entreprises qui mettent à disposition ces logiciels et qui vont pouvoir vous expliquer comment ça marche, qu'est-ce que ça fait, etc.

Parce que quels sont les avantages pour une entreprise, une institution d'utiliser ces logiciels ? Pourquoi, qu'est-ce qui pourrait les séduire, les convaincre de les utiliser ?

On en revient aux quatre libertés que j'expliquais un petit peu au début, avec cette liberté d'utilisation. Quelque part, je n'ai pas de contrainte, je ne dois pas signer de contrat, si je me fâche avec le prestataire qui m'a mis en place ce logiciel, je peux aller en voir un autre. Donc il y a une forme de résilience autour des logiciels libres et de leur utilisation qui est beaucoup plus forte, une forme de souveraineté, ils maîtrisent le logiciel.

Il y a un coût ?

Oui, ce n'est pas gratuit, un logiciel libre n'est pas gratuit. Alors dans certains cas, bien sûr, je vais pouvoir télécharger le logiciel, l'installer. Quand on est un particulier, il y a plein de logiciels libres aujourd'hui qu'on peut télécharger gratuitement, installer, utiliser et jamais personne ne vous demandera quoi que ce soit. Dans le monde professionnel, il y a des entreprises, parce qu'effectivement un professionnel attend un service, une garantie de bon fonctionnement du logiciel, et nous, entreprise du numérique libre, on est là pour apporter ce service.

Pourquoi ce n'est pas si répandu encore dans les entreprises, les institutions, même par les particuliers, ou peut-être ça l'est, mais intuitivement, on n'a pas l'impression que ce soit encore le cas…

J'ai envie de dire là-dessus, que l'on est tous un peu des monsieur Jourdain du logiciel libre. On utilise tous les jours des logiciels libres sans le savoir. Aujourd'hui, Internet ne fonctionnerait pas sans les logiciels libres. Tous les grands, tous les monstres du numérique, Google, Facebook, Twitter, tous ces grands services en ligne, n'existeraient pas s'ils n'avaient pas pu utiliser des logiciels libres pour construire leurs offres de services. Le résultat n'est pas forcément libre, mais en tout cas, les briques technologiques qu'ils utilisent, elles le sont, et c'est ça qui leur a permis de monter à l'échelle. Ils n'auraient jamais pu le faire avec des logiciels propriétaires s'ils avaient dû payer des milliers, des centaines de millions de dollars de licences.

Voilà, donc finalement, nous sommes tous utilisateurs sans le savoir, derrière ces applications très connues. Plus localement, vous l'avez dit, il y a des prestataires locaux. Est-ce qu'il y a un particularisme lyonnais ou au moins de la région Auvergne-Rhône-Alpes ? Est-ce qu'il y a un soutien particulier ici ?

Alors, on a la chance entre Lyon, Grenoble, Valence, etc., Saint-Étienne, d'avoir un terreau d'entreprises numériques libres qui est bien développé aujourd'hui. On va trouver facilement quand même des prestataires aujourd'hui sur notre région. On est une des régions les plus actives, peut-être pas la plus active, le bassin parisien est peut-être le plus actif. En tout cas, il y a des entreprises qui peuvent répondre à tous les besoins informatiques d'une société, d'une collectivité locale avec du logiciel libre. Aujourd'hui, on va le trouver assez facilement.

Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Philippe Scoffoni. C'est déjà la fin des 6 Minutes Chrono. Vous l'avez compris, les rencontres professionnelles du logiciel libre, lundi 10 juin à la Métropole de Lyon. Merci d'avoir suivi cette émission. Vous pouvez retrouver plus de détails sur les entrepreneurs de Lyon sur le site lyoncapitale.fr. A très bientôt.

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