Assia
©JEFF PACHOUD / AFP

Le procès du père d'Assia, la fillette enlevée en Syrie, est en cours

Le procès du villeurbannais qui a enlevé sa fille de 18 mois pour l'emmener en Syrie rejoindre les djihadistes du front Al-Nosra démarre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris.

"Ce monsieur devra bien finir par rendre des comptes à la justice de son pays". En décembre 2013, ce sont les mots qu'avait choisis l'avocat lyonnais, Me Versini, à l'annonce de la publication d'un mandat d'arrêt international par Interpol à l'encontre de Hamza Mandhouj. Dès ce lundi et pendant deux jours, le villeurbannais d'origine tunisienne est jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour "association de malfaiteurs à visée terroriste et soustraction d’enfant par ascendant". Le 14 octobre 2013, Mériam Rhaeim, la mère de la petite Assia, âgée de 18 mois à l'époque, s'inquiète. "Le soir, il m’a appelée en disant qu’il voulait rester avec elle pour les fêtes de l’Aïd. Là, j’ai pris peur. J’ai filé au commissariat. Mais ils n’ont pas voulu prendre ma plainte : Hamza est son père. Le lendemain, il m’a recontactée en me disant qu’il partait en vacances deux semaines avec Assia. Je suis retournée voir la police en expliquant tout : mes craintes de ne pas revoir ma fille et la radicalisation de mon ex-mari,” racontait-elle à Lyon Capitale. Son inquiétude sera malheureusement confirmée, son ex-mari, vraisemblablement aidé par le recruteur lyonnais Mourad Farès, a pris la route pour rejoindre le front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Pendant onze mois, sa mère remuera ciel et terre pour récupérer sa fille, notamment en exhortant les autorités françaises à la reconnaître comme "la plus jeune otage française". En septembre 2014, la jeune fillette alors âgée de deux ans retrouvait sa mère. "La petite Assia va bien" avait alors rapporté Me Versini. Quelques semaines plus tard, le père de l'enfant sera interpellé à Roissy. Dès lors, la mère d'Assia, qui racontera son combat de mère dans le livre "Assia, mama est là", veut des réponses. Des réponses qu'elle obtiendra sans doute après de longues années d'attente, alors que le procès d'Hamza Mandhouj s'ouvre ce lundi à Paris.

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