Etudiante éborgnée : quatre policiers renvoyés en correctionnelle

Au soir de l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, une étudiante perdait un oeil, à Grenoble, après avoir été touchée par un grenade de dispersion tirée par des policiers pour dissoudre une manifestation à laquelle elle ne prenait pas part. Plus de dix ans après les faits, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Lyon a décidé que les policiers seraient finalement jugés pour ces faits.

16 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu à la présidence de la République. A Grenoble la jeunesse est mécontente, et le fait savoir. Plusieurs mouvements d'extrême-gauche se réunissent dans le centre de la ville. Etudiante en médecine, Maud Caretta, 23 ans, fête elle la fin des examens quand la situation se tend. Des irréductibles font face aux forces de l'ordre venus disperser les contestataires. Les policiers utilisent des grenades de désencerclement. Maud traverse la scène par hasard. Elle reçoit un éclat, perd un oeil, le goût, l'odorat, subira douze opérations chirurgicales pour reconstruire son visage.

Qui a tiré ?

La jeune femme portera plainte dès le mois de juin. Et l'instruction mettra en cause trois policiers, soupçonnés d'avoir tiré des grenades de désencerclement ce 16 mai 2017, ainsi que le commissaire à la tête des opérations. Le tireur de la grenade qui touché Maud ne pouvant être identifié, les policiers ont bénéficié d'un non lieu. Leur supérieur en revanche a été renvoyé en correctionnelle pour "blessures involontaires", en 2013. La victime et son père ont exploré de nombreux recours pour que les policiers aient à répondre de leurs actes. Jusqu'au 11 juillet dernier, quand un arrêt de la Cour de la cassation leur en donne la possibilité.

"Co-action"

Ledit arrêté estime que le fait d'avoir "participé consciemment à une action exposant un tiers à un risque particulièrement grave" n'impose pas de "déterminer qui est l'auteur du tir" et autorise à placer les faits sous le régime de la" co-action". Sur la base de cet arrêté la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon a décidé, par un arrêt du 29 décembre dernier, de renvoyer les quatre policiers en correctionnelle à Grenoble, comme le rapporte l'AFP. Les policiers verront ainsi leur responsabilité pénale engagée conjointement et pourraient être condamnés sans que l'auteur du tir qui a touché Maud ne soit connu. Ils risquent trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

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