Carrefour
©JACQUES DEMARTHON / AFP

Carrefour : condamné pour avoir licencié une femme voilée

La société Carrefour a été condamnée ce jeudi par le conseil de prud’hommes de Lyon pour avoir licencié en 2010 une caissière voilée. Cette femme âgée de 44 ans travaillait dans un hypermarché de Villeurbanne.

Le licenciement d'Hafida Treille a donc été reconnu "sans cause réelle" et la société Carrefour a été condamnée à lui verser 10 000 euros de dommages et intérêts, révèle l'AFP. Interrogée, une porte-parole du groupe a indiqué que l'entreprise ne souhaitait pas réagir avant d'avoir pris connaissance des motivations de ce jugement.

Le foulard, un signe ostentatoire à caractère religieux ?

Hôtesse d'accueil dans un hypermarché de Villeurbanne, Hafida Treille avait fait l'objet d'une procédure de licenciement après être revenue d'un congé parental en portant un foulard sur sa tête manifestant son appartenance à la religion musulmane.

Selon le groupe de grande distribution, la décision de son ex-salariée contrevenait au règlement intérieur interdisant tout signe ostentatoire à caractère politique, syndical et religieux pour les personnes en relation avec la clientèle.

“Elle se sent victime de discrimination”

Or, pour Me Haouda Hatroubi, conseil de l'ex-salariée, le principe de "neutralité absolue" édicté dans le règlement intérieur se heurte à celui de la liberté religieuse garantie par la Constitution française et la Cour européenne des droits de l'homme.

"Ma cliente pense que travailler au sein de la société Carrefour tout en manifestant sa croyance n'est pas en contradiction avec son contrat de travail", a déclaré Me Hatroubi, qui s'est félicitée de la décision prud'homale. "Elle a eu l'impression d'être victime de discrimination. Cette décision lui permet d'être restituée dans sa dignité", a commenté l'avocate. Les deux parties ont deux mois pour interjeter appel de la décision.

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3 commentaires
  1. kaoetic - 18 septembre 2014

    Si le RI prévoyait la neutralité le conseil des prud'hommes c'est fourvoyé ! De plus qu'un tribunal de la République valide une discrimination basée sur le sexe au nom d'une religion est une preuve de plus de son inconséquence. Les islamistes utilisent souvent cette tactique et instrumentalisent la religion musulmane pour bénéficier des ASSEDIC c'était le cas dans l'affaire de Baby-Loup ...

  2. Sophie_Lyon - 19 septembre 2014

    Les mêmes arguments ont été utilisés dans l'affaire baby loup et rejetés après la longue bataille juridique que l'on connait. J'espère que Carrefour va faire appel, sinon ils sont mal barrés.

  3. Kasneh - 12 octobre 2014

    Les lacunes de la législation sur le voile, laissent trop de champ libre à toute interprétation en milieu professionnel.

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