Dominique Strauss-Kahn
©DENIS CHARLET / AFP

Affaire dite du Carlton : un complot politique contre DSK ?

Le procès de Dominique Strauss-Kahn et de 13 autres prévenus, jugés pour proxénétisme aggravé dans l’affaire dite du Carlton, a débuté ce lundi au tribunal correctionnel de Lille. Le premier après-midi a été marqué par des questions de procédure. Par une demande en nullité, les avocats de la défense ont jeté le doute sur l’origine même du dossier, évoquant des écoutes administratives réalisées en amont de l’enquête préliminaire. Explications.

La demande en nullité de la défense a jeté un véritable trouble sur l’origine de l’affaire. Formulée en premier lieu par l’avocat de Jean-Christophe Lagarde, l’un des prévenus, elle s’appuie notamment sur la version d’un ancien policier aujourd’hui à la retraite. Celui-ci, dans un ouvrage, explique que l’enquête préliminaire ouverte en février 2011 résultait en fait d’écoutes administratives, réalisées en 2010. L'homme est d'ailleurs appelé à témoigner dans les jours prochains.

Des écoutes administratives validées par le 1er ministre

Ces écoutes sont validées par le Premier ministre lui-même, en général pour des affaires de terrorisme ou d’atteinte à la sécurité nationale. Or, de manière très officielle, comme le stipule l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (ORTC), la PJ de Lille a été prévenue par un signalement anonyme. Tous les avocats de la défense ont plaidé en faveur de cette annulation. Une demande avant tout basée sur l’enquête d’une journaliste de Canal+.

"Cette instruction a vraiment été conduite dans une totale partialité", affirme Me Dupond-Moretti, l’avocat de David Roquet, ancien patron d’une filiale du groupe Eiffage. Et Me Henri Leclerc, celui de Dominique Strauss-Kahn, d’acquiescer et de relever la présence d’une étrange caricature de l’ancien patron du FMI chez les juges d’instruction, avant même que celui-ci ne soit mis en examen. Le ténor du barreau évoque également d’étranges conversations entre René Kojfer, un des prévenus, homme d'affaires très connu à Lille et des policiers, attestant de ces fameuses écoutes administratives.

Le trouble jeté sur l’origine réelle de l’affaire

La défense a donc demandé, outre l'annulation de l'ordonnance de renvoi – synonyme de procès écourté –, un supplément d’information pour en savoir un peu plus sur ces écoutes, afin de comprendre qui était vraiment ciblé. La question centrale étant : le nom de Dominique Strauss-Kahn est-il vraiment apparu par hasard ?

Le président du tribunal n’a pas accédé à la demande de la défense. Il a pourtant rappelé que son tribunal n’était pas le gardien de l’ordre moral mais bien celui du droit. Mais, même dans les rangs de la partie civile, le trouble est jeté sur l’origine même de l’affaire.

Complot politique à la veille d’une présidentielle qui pouvait s’annoncer serrée entre l’ancien patron du FMI, grand favori des sondages, et un président de droite souhaitant se faire réélire ? L’histoire en a décidé autrement, en faveur de celui que personne n’attendait : François Hollande.

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