Raphaëlle Mizony, candidate du NPA Révolutionnaires aux élections municipales à Lyon, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Candidate du NPA Révolutionnaires aux élections municipales de Lyon, Raphaëlle Mizony refuse d'être réduite à une candidature de témoignage. Face au duel Doucet-Aulas qui monopolise la campagne, elle revendique une place à part entière : "Entre Jean-Michel Aulas, qui est un patron millionnaire, et Grégory Doucet, qui est un écologiste mais principalement pour les bourgeois du centre-ville, il y a d'autres sujets à aborder."
Sur les transports, sa proposition phare est la gratuité totale des TCL, y compris pour les habitants hors de Lyon. Contrairement à Grégory Doucet, elle rejette l'idée d'un arbitrage entre gratuité et développement de l'offre : les deux sont possibles, à condition d'aller chercher les financements là où ils se trouvent. "La fortune de Jean-Michel Aulas, estimée à environ 450 millions d'euros, permettrait déjà de financer un an et demi de gratuité des transports en commun", illustre-t-elle.
La retranscription intégrale de l'entretien avec Raphaëlle Mizony
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Raphaëlle Mizony. Vous êtes candidate du NPA Révolutionnaires aux élections municipales à Lyon, candidature que l’on va qualifier de témoignage. Vous êtes pour l’instant, dans les sondages, créditée de moins de 1 % des intentions de vote. Vous avez toujours des candidats aux élections, c’est une spécificité de votre parti. Vous vous vexez lorsque je parle de candidature de témoignage ? Est-ce simplement pour faire passer un message ou espérez-vous réellement jouer un rôle, éventuellement sceller des alliances entre les deux tours avec d’autres candidats ?
Ce n’est pas une question de se vexer, c’est simplement un peu faux. Nous ne sommes pas une candidature de témoignage. Nous avons vraiment des choses à dire dans ces élections. Notre objectif est d’être élus. Dans cette campagne municipale, nous avons beaucoup de choses à dire. Même si le duel semble se jouer principalement entre Jean-Michel Aulas et Grégory Doucet, nous pensons qu’entre Jean-Michel Aulas, qui est un patron millionnaire, et Grégory Doucet, qui est un écologiste mais principalement pour les bourgeois du centre-ville, il y a d’autres sujets à aborder.
Nous voulons mettre en avant les travailleurs et les travailleuses. Notre candidature a ce sens dans ces élections municipales : dire que seuls les travailleurs et les travailleuses pourront décider de leur propre sort. Nos revendications, mises en avant dans notre programme, servent précisément à parler d’autres choses, à parler des travailleurs, des travailleuses, de leurs intérêts et de leurs préoccupations. Nous voulons montrer que ces élections ne se résument pas à Jean-Michel Aulas et Grégory Doucet.
Vous venez d’émettre quelques critiques, notamment contre Grégory Doucet et l’action qu’il a menée pendant six ans. Pour vous, ce n’est pas une mandature de gauche à Lyon qui s’achève ?
Si, c’est une mandature de gauche. Il est de gauche et c’est une union de la gauche. Mais lorsque la gauche est au pouvoir à la mairie de Lyon, nous avons vu ce que cela donne sur de nombreux aspects. Pour nous, ce sont des politiques patronales et même répugnantes.
Un exemple concerne la politique d’allotissement du réseau TCL mise en place par Bruno Bernard.
C’est une compétence de la Métropole de Lyon. La Ville de Lyon n’a pas son mot à dire.
Dans les faits, ce sont deux élus écologistes qui ont collaboré sur ce projet. Le réseau TCL, qui était auparavant exploité uniquement par Keolis, a été divisé. Keolis a conservé le réseau de bus et la RATP a récupéré le réseau lourd, c’est-à-dire les tramways, les métros et les funiculaires.
Pour nous, c’est une politique patronale qui a divisé les travailleurs et les travailleuses du réseau TCL et qui diminue leur capacité à se battre ensemble lorsqu’ils réclament des augmentations de salaires ou de meilleures conditions de travail.
Si l’on parle de la mairie de Lyon, les conditions de travail des agents municipaux se sont également dégradées. Grégory Doucet a été à l’origine de restrictions du droit de grève pour les agents municipaux des cantines et des crèches. Il a également participé à l’augmentation de leur temps de travail en passant leur durée annuelle à 1 607 heures.
Il pourrait vous répondre qu’il y a eu des revalorisations, notamment pour les policiers municipaux.
Peut-être, mais pour les agents municipaux qui assurent le bon fonctionnement de la ville, ce n’est pas ce qu’ils ressentent. J’ai des camarades qui travaillent à la mairie et ils n’ont pas vu d’améliorations. Ils évoquent plutôt les deux exemples que je viens de citer.
Vous disiez tout à l’heure que la vie s’était améliorée pour, pour reprendre votre expression, les bourgeois. Est-ce vraiment votre sentiment concernant l’action municipale ?
Oui, tout à fait.
Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
Les préoccupations mises en avant concernent surtout les pistes cyclables ou la hauteur des trottoirs. Ce ne sont pas les sujets que nous voulons voir au centre des élections municipales. Nous voulons mettre en avant les véritables préoccupations des travailleurs et des travailleuses.
Cela ne concerne d’ailleurs pas seulement les habitants de Lyon. Pour nous, Lyon appartient à tous ceux qui font vivre la ville : ceux qui y travaillent, ceux qui s’y déplacent, ceux qui viennent y pratiquer leurs loisirs. Cela concerne aussi les habitants de la banlieue. C’est également ce que nous voulons mettre en avant dans ces élections. Je viens de Vaulx-en-Velin, j’y ai grandi et pourtant je dis que je suis lyonnaise, car cette ville, je l’ai pratiquée toute ma vie.
Quelles propositions portez-vous qui pourraient réellement changer la vie des ouvriers et des Lyonnais qui n’ont pas de hauts revenus ?
D’abord sur les transports en commun, qui ont été un sujet central de cette campagne. Nous avons vu d’autres candidats dire des choses inexactes. Par exemple, Jean-Michel Aulas ne connaît pas le prix de l’abonnement mensuel TCL, qui est de 74,10 euros par mois.
Grégory Doucet, de son côté, a un bilan négatif avec l’allotissement du réseau, qui a divisé les travailleurs du réseau TCL. Il affirme également que la gratuité des transports en commun serait incompatible avec le développement de l’offre.
Nous sommes pour un développement massif de l’offre. Il existe des projets de nouveaux tramways et de nouveaux métros. Nous voulons cela, et même davantage. Mais il faut surtout rendre les transports en commun gratuits afin qu’ils soient accessibles à toutes et à tous, et pas seulement aux Lyonnais.
Nous ne pensons pas que cela soit incompatible avec l’amélioration des conditions de travail des agents TCL. Cela nécessitera beaucoup d’argent, mais cet argent existe dans la société. Nous irons le chercher dans les poches des patrons.
La fortune de Jean-Michel Aulas, estimée à environ 450 millions d’euros, permettrait déjà de financer un an et demi de gratuité des transports en commun.

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