Le maire de Lyon à la tête de la Ville depuis six ans défend son bilan sur le fond comme sur la forme : transition écologique, sécurité, logement, critiques, communication à revoir. Il trace aussi les grandes lignes d’un second mandat plus social.
Lyon Capitale : En 2020, vous disiez que le temps n’était plus aux petits pas et qu’il vous fallait conquérir le pouvoir pour faire de grands pas. Six ans plus tard, quel adjectif utiliseriez-vous pour qualifier la taille du pas qui a été fait à Lyon durant vos six années à la tête de la Ville ?
Grégory Doucet : Je peux le mesurer très précisément : sur le plan voté en début de mandat, 96 % des engagements ont été réalisés. On peut considérer que le résultat est très satisfaisant.
En 2020, vous aviez une formule : vous ne vouliez plus que Lyon soit un poids pour la planète. Est-ce que vous estimez que la mission est accomplie ?
La mission n’est pas accomplie. Il faudra encore plusieurs années pour atteindre nos objectifs de décarbonation mais nous décarbonons deux fois plus vite qu’au niveau national. Nos émissions de CO2₂ diminuent donc à un rythme très significatif. Mais il n’y a pas que le CO₂ lorsqu’on parle d’être un poids pour la planète : la gestion de la ressource en eau est une autre limite planétaire à laquelle il faut s’attaquer. Le retour à une régie publique à l’échelle métropolitaine, les travaux importants pour limiter les fuites, économiser la consommation d’eau ainsi qu’une tarification incitative à une consommation raisonnée contribuent à réduire notre impact sur cette ressource.
"Je ne souhaite pas pratiquer la mauvaise foi, le mensonge ou la fake news”
Les pas n’étaient-ils pas trop grands pour les Lyonnais ? Est-ce que vous n’êtes pas allé trop vite, trop fort ?
Nous avons réalisé 96 % de nos engagements. Demandez à n’importe quelle organisation si elle est insatisfaite quand elle a réalisé une telle proportion de ses engagements… La question n’est pas tant la vitesse que l’accompagnement du changement. Nous avons des efforts à faire, notamment en matière de communication sur laquelle nous n’avons pas passé assez de temps. On me demande souvent en réunion d’appartement pourquoi autant de travaux, pourquoi tous en même temps. Quand je prends le temps d’expliquer qu’on a refait tous les réseaux souterrains en même temps que les travaux de surface, pour éviter de devoir casser la voirie deux, trois ou cinq fois dans les années suivantes, les gens comprennent et admettent que ça valait le coup d’être patients. Pourtant, cela, je l’ai expliqué à de nombreuses reprises en interview, en conférence de presse… Malgré tout, le message ne passe que partiellement. C’est un bon exemple des difficultés que nous avons eues et des réponses insuffisantes que nous avons apportées en termes d’accompagnement au changement.
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