De gauche à droite et de haut en bas : Benedek Totth © Reka Bogdan / Selma Dabbagh © DR / Dominique Maisons © DR / Emmanuel Grand © Mathilde Régis / Christophe Molmy © DR (montage Lyon Capitale)
De gauche à droite et de haut en bas : Benedek Totth © Reka Bogdan / Selma Dabbagh © DR / Dominique Maisons © DR / Emmanuel Grand © Mathilde Régis / Christophe Molmy © DR (montage LC)

Quais du polar : la sélection de Lyon Capitale

Près de 120 auteurs des quatre coins de la planète sont attendus à Lyon ce week-end. Nous avons sélectionné quelques-uns de ces fondus de noir dont les récentes parutions nous ont captivés.

 

Thriller social

Emmanuel Grand © Mathilde Régis
Emmanuel Grand © Mathilde Régis

Après deux romans très remarqués, Terminus Belz et Les salauds devront payer, Emmanuel Grand confirme son talent pour le thriller social avec Kisanga, une manipulation captivante à l’heure de l’économie mondiale et du pillage des ressources sur le continent africain. Emmené au cœur du Congo, le lecteur découvre jusqu’où peut mener l’appétit insatiable de l’industrie minière et des grandes puissances. Sur fond de géopolitique et du passé sanglant de la région du Kivu, un journaliste enquête pour déceler ce qui se cache derrière le partenariat franco-chinois présenté officiellement comme le coup du siècle. Influencé par le gigantesque Stephen King, l’auteur français met un point d’honneur à tenir le lecteur en haleine et à le transporter littéralement sur les lieux de l’action. “L’important, dans un polar, c’est d’arriver à ce que lire un chapitre ou une page de plus devienne irrésistible”, explique-t-il. But atteint pour ce passionné des mots et de l’émotion qu’ils procurent.

Emmanuel Grand sera le 6 avril à 19h à la bibliothèque du 1er arr.

Maisons dans le noir

Dominique Maisons © DR
Dominique Maisons © DR

Tout le monde aime Bruce Willis, proclame le dernier polar de Dominique Maisons en guise de titre. Pourtant, même si la star américaine joue dans ce livre un rôle essentiel (nous ne vous dirons pas lequel), ce n’est pas le héros récurrent des pages que l’on tourne avec frénésie. Rose Century lui vole la vedette. Comédienne en vue, Rose, à vingt ans, pèse déjà plusieurs millions au box-office. Sa vie n’a pourtant rien d’enviable : son agent la manipule, des réalisateurs se comportent avec elle en prédateurs sexuels, un de ses amis d’enfance sombre dans le crack, sa mère lui fait porter ses ambitions manquées et son père, milliardaire, la méprise. Sans oublier sa sœur, morte dans des circonstances troubles. Mais cette vie est la sienne et elle aimerait continuer à la mener comme elle l’entend. Chose difficile quand elle se réveille au fin fond du Mexique dans un centre de désintox (elle a un petit problème de coke) qui ressemble à un camp militaire…

Dominique Maisons sera le 8 avril à 10h à la chapelle de la Trinité (Lyon 2e) – Table ronde Les ghettos du gotha

Polar vérité

Christophe Molmy © DR

Si le polar est un genre qui entretient avec la fiction des rapports cordiaux, il n’en demeure pas moins étroitement lié au monde réel, même s’il reflète d’abord ses recoins les plus sombres. Pour parler de cette réalité-là, celle du crime et des trafics en tout genre, il vaut mieux la connaître. Et la connaître de près. C’est le cas de Christophe Molmy, puisqu’il dirige la BRI (brigade de recherche et d’intervention, l’“antigang”) de Paris, le service spécialisé dans la lutte contre le grand banditisme. Cela se sent à la lecture de son deuxième roman, Quelque part entre le bien et le mal. Quand il décrit le mode opérationnel d’un casse de distributeur de billets, on y est ! Comme lorsqu’il peint un flic un peu fatigué qui recouvre toute son énergie pour traquer une bande de gitans. D’autant qu’il va être épaulé par une jeune inspectrice qui n’est pas dépourvue de charme. Bluffant.

Christophe Molmy sera le 8 avril à 15h à l’hôtel de ville – Table ronde Sous l’influence des séries, un nouveau hard-boiled français ?

À l’est rien de nouveau

Benedek Totth © Reka Bogdan
Benedek Totth © Reka Bogdan

En Hongrie, quand on est ado, dans la bande de Greg, on ne s’occupe pas autrement que dans n’importe quel pays du monde : drogue, jeux vidéo, bastons et YouPorn occupent le vide astral de l’ennui. On va peut-être juste un peu plus loin. En tout cas dans le premier roman de Benedek Totth, traducteur de Cormac McCarthy, Bret Easton Ellis et Hunter S. Thompson, autant de travaux qui ont dû infuser son écriture. Il y a la natation aussi qui relie encore la bande de Greg au réel et à la possibilité d’un futur que vient effacer un accident de voiture : défoncés, roulant à toute berzingue, sans permis, on renverse un vieux à vélo et on ne dit rien. Après tout, ce n’est peut-être pas si grave… Quelque part entre Moins que zéro (Ellis) et Trainspotting (Welsh), Totth frappe fort sur la Hongrie, et c’est l’Europe tout entière qui a la gueule de bois.

Benedek Totth sera le 7 avril à 17h au palais de la Bourse – Table ronde Âge ingrat et fureur de vivre

Et le même jour à 18h30 à la chapelle de la Trinité – Table ronde Europe en noir

Le roman noir de Gaza

Selma Dabbagh © DR
Selma Dabbagh © DR

Collaboratrice régulière du Guardian, de GQ et de la London Review of Books, la Britannico-Palestinienne Selma Dabbagh a également commis un roman, Gaza dans la peau, récompensé par… The Guardian, sans doute le premier roman noir écrit sur Gaza – ce qui est étonnant au vu de la situation –, qui met en scène une famille aux velléités éclatées, un père parti dans le Golfe, une mère au passé trouble, un frère tenté par l’aventure londonienne, une sœur par la résistance islamiste, un autre victime d’attentat. Bref, la souffrance du peuple palestinien par ce qu’on imagine être toutes ses facettes. Dans la catégorie auteures étrangères “débutantes”, Selma Dabbagh se pose là.

Selma Dabbagh sera le 7 avril à 18h30 au palais de la Bourse – Frères ennemis

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