Nuits de Fourvière : "un maximum de bruit" pour le blues

La Nuit Blues du 16 juillet s’est déroulée dans une ambiance particulière : c’était le premier concert des Nuits de Fourvière après l’attentat de Nice.

Le concert débute par un discours symbolique de Dominique Delorme, directeur du festival. Les Nuits de Fourvière ont décidé de ne pas annuler les spectacles, en accord avec la déclaration du préfet du Rhône qui avait annoncé qu’après Nice, "il n’est pas question de tout stopper". Au contraire, la vie et la culture l’emportent sur la tristesse et la sidération. C’est pourquoi, à la place d’une traditionnelle minute de silence, Dominique Delorme a demandé au public de faire "un maximum de bruit, de vie". Une longue minute d’applaudissements s’en est suivie, et c’est au tour du saxophoniste Raphaël Imbert d’ouvrir la Nuit Blues avec un superbe solo.

Hommage à Paul Robeson avec Raphaël Imbert & the New Quintet

Le New Quintet et la lumineuse chanteuse Marion Rampal rejoignent le saxophoniste pour entamer un hommage à Paul Robeson, avec une reprise de "The Peat Bog Soldiers". Chanteur, danseur et "parrain d’Eric Bibb", Paul Robeson était aussi activiste. Il fut notamment l’un des premiers à faire campagne contre l’apartheid en Afrique du Sud. Raphaël Imbert et son New Quintet fêtent aujourd’hui les quarante ans de sa disparition. "C’était quelqu’un qui était partout chez lui" explique le saxophoniste, qui joue ensuite avec émotion "Lettre à la Muse", une composition personnelle écrite après les attentats du 13 novembre qui fait écho à l'attentat du 14 juillet.

Voyage dans le Grand Théâtre grâce au duo Eric Bibb & Habib Koité

Le public voyage ensuite à New York et au Mali avec l’arrivée d’Eric Bibb & Habib Koité. Deux frères de cœur dont la complicité est scellée par l’album Brothers in Bamako, enregistré sur place juste avant les événements qui ont déchiré le Mali. C’est la rencontre de deux univers totalement différents et de deux continents, le picking-folk blues américain d’Eric Bibb épousant parfaitement bien les chansons traditionnelles de l’Afrique de l’Ouest jouées par Habib Koité. Un beau moment de partage et de connivence entre les deux artistes et le public joyeux qui danse sur les gradins. Puis les deux frères jouent une "Prière pour la paix" qui, on l’espère, a résonné au delà du Grand Théâtre de Fourvière.

Grand final avec Taj Mahal

Taj Mahal est l’une des figures emblématiques du blues de la fin du 20e siècle. C’est avec respect, admiration et un véritable plaisir, que le public accueille le bluesman américain de 74 ans. Cet aventurier nous conte ses histoires avec sa voix rauque et n’hésite pas à varier d’instruments, entre guitares, piano, banjo et ukulele... Dominique Delorme a par ailleurs demandé au public de ne pas faire le traditionnel lancé de coussin sur la scène pour ne pas risquer "d’abimer ces beaux instruments". Taj Mahal s’exprime en français et chante avec malice "Bonjour Mademoiselle Brun" à la place de l’habituel Good Morning Miss Brown. L’envoûtant Zanzibar clôture cette soirée, dont on ressort apaisé et en paix, grâce à la belle énergie du blues.

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