© Bernard Pichène

Musique classique : le festival d’Ambronay sauve les meubles

Contre vents et marées, le festival d’Ambronay maintient son édition 2020. Une cuvée certes fort diminuée par rapport aux années précédentes mais qui a le mérite, en s’adaptant aux normes du moment, de ménager protocole sanitaire et programmation exigeante.

Qu’on se le dise, l’édition 2020 du festival d’Ambronay sera un peu spéciale… Une parenthèse, on l’espère, dans l’histoire de cette institution.

Afin de rendre possible la tenue d’un festival de cette envergure par ces temps incertains, Ambronay a dû mettre de l’eau dans son vin et revoir ses ambitions à la baisse. Un pari somme toute réussi, au vu d’une programmation bien assortie qui nous réserve plus d’une surprise.

Vite fait bien fait !

Contraintes sanitaires obligent, le menu, cette année, fait la part belle aux formes courtes. Avec la série “barococourt”, Ambronay propose un format original : des concerts d’une heure seulement qui, en plus de réduire le temps de promiscuité du public, sont autant d’invitations à la découverte pour des publics jeunes, familiaux et peu initiés.

Bien entendu, la distanciation physique sera de mise et, au moyen d’une jauge limitée, le festival garantit une distance “d’un mètre entre le sommet de la tête de chaque spectateur et celle de son voisin de devant ou de derrière”.

Le programme de ces concerts “éclair” vaut néanmoins son pesant de notes ! On y retrouve notamment l’Ensemble Jupiter, emmené par le luthiste Thomas Dunford, dans des concertos et extraits d’opéras de Vivaldi en compagnie de la mezzo-soprano Lea Desandre. L’orchestre “maison” La Cappella Mediterranea de Leonardo García Alarcón sera également de la partie – en effectif réduit – le temps d’un récital XVIIe siècle italien de la soprano Mariana Florès.

William Christie, qui n’a guère lui non plus l’habitude de rater une édition, viendra diriger les merveilleuses Leçons de Ténèbres de François Couperin, trois joyaux du baroque français dont le chef et continuiste a depuis longtemps percé les secrets.

Un brin d’Ars subtilior, ce style médiéval particulièrement sophistiqué de la fin du XIVe siècle, avec l’un de ses preux défenseurs (Sollazzo Ensemble), des Méditations pour le Carême de Charpentier par l’ensemble Les Surprises ou un concert “à la bougie” par Les Ombres (quoi de plus naturel ?) : l’éclectisme est de mise ! Sans oublier cet Actéon de Charpentier, présenté par Les Cris de Paris et le comédien et metteur en scène Benjamin Lazar, dans une version de “chantier” qui préludera au tournage prochain d’un film en plan-séquence de cet opéra.

Périphériques et patrimoine

Aux côtés de ces formes familières, le festival d’Ambronay a, comme à son habitude, le goût pour l’épice et les spectacles peu convenus. Crossover avec Orpheus Mix, rencontre impromptue entre musique électro live et chanteurs baroques autour des œuvres de Purcell, Vivaldi ou Haendel… Ou encore ce concert participatif en forme de “tournoi musical” par l’ensemble Les Timbres. Des sérénades, en plein air, ponctueront les journées des festivaliers en compagnie des ensembles à vent Sarbacanes et Into the Winds tandis que les amateurs de musiques du monde auront le choix entre les mélodies syriennes de Bab Assalam et le maloya créole de Maya Kamaty.

Le patrimoine sera également à l’honneur avec des parcours de visite de l’abbaye et ses alentours, notamment pour les plus jeunes, point en reste puisque des spectacles de rue leur seront tout particulièrement destinés.

Un cycle de conférences, enfin, animé par le philosophe Dominique Bourg et ses invités, tentera de faire dialoguer les notions d’écologie et de culture.


Festival d’Ambronay. Du 18 septembre au 4 octobre. Divers lieux dans Ambronay et ses environs. https://festival.ambronay.org


 

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