Lyon est-elle prête à accueillir le cinéma 3D ?

Le nouveau film de James Cameron, marquera-t-il un tournant dans l’histoire du cinéma à l’image de La Sortie de l’usine Lumière à Lyon ? Avatar est présenté comme le premier film à utiliser les trois dimensions comme éléments artistiques et non simple attraction impressionnante. Face à cette nouvelle étape du septième art, Lyon est-elle prête à accueillir ce cinéma d’un nouveau genre ?

Deux technologies en compétition

Depuis 1954 et l’Etrange créature du lac noir, le cinéma en relief ou 3D a fait d’immenses progrès. Désormais les lunettes bicolores rouge et bleu ont laissé leur place à des procédés plus complexes. Ces derniers fonctionnent toujours sur les mêmes principes de base et utilisent l’illusion d’optique provoquée par le décalage entre les deux yeux.Grâce à des filtres, le cerveau recréait une image en relief. Dès lors, poussées par la demande des parcs d’attractions et par une volonté des studios de cinéma de ramener le public vers les salles, deux principales technologies ont émergé. Une première utilise des lunettes polarisées qui sont passives et se contentent de filtrer la lumière. La deuxième fait appel à des lunettes actives à cristaux liquides qui s’ouvrent et se ferment 144 fois par seconde en alternant verre droit et verre gauche. L’une comme l’autre apporte un confort de visionnage acceptable, même si des maux de tête peuvent apparaître chez les personnes les plus sensibles. Par ailleurs, les films ont l’avantage d’être compatibles avec n’importe quel procédé, seuls les projecteurs et types de lunettes changent. Dans les deux cas, il est impossible de pirater les longs métrages projetés puisque les caméras sont aujourd’hui incapables de capturer ces types d’images.

Pathé et CGR déjà prêts, UGC en retard

La situation de Lyon est identique à celle du reste de la France. L’ensemble des cinémas Pathé ont choisi la solution active à cristaux liquides, tandis que le Mega CGR de Brignais propose déjà des films visibles grâce à des lunettes passives. De son côté UGC n’a pas immédiatement témoigné d’un grand intérêt pour la question. Certaines salles partenaires du groupe telles que les MK2 sont déjà équipées pour diffuser des films en relief grâce à la technologie active. Cependant, aucune ne se situe dans la région lyonnaise. Depuis peu,UGC se serait rapproché de l’entreprise Real D, développeur d’un système passif. Dans ce contexte, le nouveau cinéma qui ouvrira ses portes dans le quartier confluence courant 2010 pourrait bien être compatible avec la troisième dimension.

Jusqu’à 12,80 euros la séance

Inconvénient de la nouveauté, les places des séances en relief sont plus chères que celles des projections classiques en deux dimensions. Pathé Lyon affiche un plein tarif à 12,80 contre 11 euros chez Mega CGR Brignais. Par ailleurs, l’exploitant propose au spectateur de repartir chez lui avec ses lunettes 3D. Ce dernier pourra par la suite les réutiliser dans le cinéma du groupe en échange d’une réduction de cinquante centimes. Cette inflation des prix motivée par le renouvellement du matériel ne découragera-t-elle pas le public ? En outre, les cartes d’abonnements illimités ne dispensent pas de payer la location des lunettes.

Effet de mode, ou vraie révolution ?

Jusqu’à présent le cinéma en relief n’a pas vraiment convaincu. Mis à part le film Coraline sorti cet été,la majorité des longs métrages n’ont jamais su utiliser le procédé pour apporter un véritable renouveau au septième art. L’effet attraction a souvent pris le pas sur les techniques cinématographiques. Ainsi les films en 3D se démarquent rarement de leur version 2D. À l’exception de quelques objets jetés au visage du public ou des poursuites endiablées dans des paysages tout en relief, les longs métrages peinent à convaincre sur la technologie. Cependant, en août 2009, de nombreux cinémas ont projeté plus de quinze minutes du film Avatar en avant première. Durant ces quelques scènes, la 3D n’était plus reléguée au rang de gadget, mais bien d’outil à part entière apportant un élément peut être bien plus important que l’apparition du son en 5.1 qui entoure le spectateur.De plus,Avatar sera diffusé en IMAX 3D dans l’unique salle française du genre située au Disney Village de Marne la Vallée. Encore plus impressionnante que la technologie de base, l’IMAX 3D projette le public dans son écran titanesque. Cependant pour des raisons techniques, le film sera raccourci d’une trentaine de minutes ; les salles Imax ne pouvant pas accueillir les longs métrages de plus de 3 heures. Enfin, pour les hermétiques au relief, Avatar pourra être visible en deux dimensions dans les salles non équipées. Au-delà des salles obscures, le succès d’Avatar pourrait bien avoir des répercussions sur notre vie quotidienne. À l’occasion de la sortie du film en Blu-ray et DVD au milieu de l’année 2010, les fabricants de téléviseurs commercialiseront des modèles compatibles avec la technologie 3D. Plusieurs innovations avec ou sans lunettes seront alors en concurrence, tandis que des chaines comme Canal+ pourraient être les premiers à diffuser du contenu en relief. Douze ans après Titanic, et avec un budget record de 500 millions de dollars, Avatar pourrait bien signer le renouveau du cinéma ou sa perte.

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