Les larmes du Pleure-Misère au TNP

Le TNP reprend le Pleure-Misère, un texte de l’Irlandais Flann O’Brien bourré d’humour jusqu’à la gueule, adapté pour le théâtre par Clara Simpson.

De son compatriote Flann O’Brien, James Joyce disait qu’il était “un écrivain authentique doué d’un véritable esprit comique”. Jugement judicieux, si l’on en croit l’adaptation théâtrale que signe Clara Simpson de son roman Le Pleure-Misère. Dans cette œuvre écrite en gaélique, qui créa le scandale, l’écrivain décrit l’enfance et la jeunesse misérables d’un garçon né sur une terre en proie à la famine. Aux confins hostiles de l’Irlande, où il ne se passe pas une journée sans que tombe une pluie torrentielle. C’est une féroce satire des chroniques paysannes de l’époque (1940) à laquelle se livre O’Brien.

Usant d’une langue à la force d’évocation rare, il exagère la condition, pourtant déjà passablement pitoyable, d’Irlandais isolés vivant peu ou prou comme des animaux. Ainsi découvre-t-on son héros grandissant au milieu des cochons, des vaches et des chevaux qui habitent à l’intérieur même de sa maison avec sa mère et son grand-père. Ce qui pose de sérieux problèmes d’hygiène et d’intimité. Surtout lorsque l’un des verrats, Ambroise, devient énorme et pue au point de dégager de la “vapeur de porc”... Mais on ne peut pas le sortir, il ne passe plus par la porte d’entrée ! Tout est de cet acabit : le grotesque côtoie le réalisme le plus cru dans ce récit baigné d’un humour noir comme le purin.

Sur scène, sans autre décor qu’une table et des chaises, Gilles Fisseau incarne le jeune narrateur avec une fausse naïveté et une truculence irrésistibles. À son côté, abreuvé de moult whiskeys, le musicien Davog Rynne vient ajouter à cette extraordinaire chronique paysanne des pauses musicales enlevées ou mélancoliques qui achèvent de nous transporter dans cette Irlande lointaine.

Le Pleure-Misère. Du 13 au 17 novembre, à 20h30, au TNP (Villeurbanne).

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