Guy Darmet, le "fou dansant" de Lyon

Nous l'avons rencontré pour évoquer le thème, les choix artistiques de cette édition 2008 et l'approche de son départ. Il nous offre au passage le secret de la meilleure place à prendre pour mieux voir l'explosion finale du Défilé !

Lyon Capitale : Est-ce que ce thème, Retour en avant, correspond à un constat que vous faites sur ce qu'est la danse aujourd'hui ?

Guy Darmet : La réponse est double. Avec les 25 ans de la Biennale, j'avais d'abord envie sans nostalgie aucune, d'avoir un regard sur
ce qui avait été fait depuis, sur les moments marquants. C'est de là qu'est venu le titre de cette 13ème Biennale, autour de questions sur la mémoire, la recréation, la transmission et la création. Et puis, il y a en effet, le contexte de la danse contemporaine qui vient de vivre des moments difficiles, dont beaucoup disaient qu'elle était dans le creux de la vague, où l'on a vu naître des formes hybrides, la non-danse. Sans y apporter de réponse, j'ai voulu me demander s'il existe un répertoire contemporain et s'il est nécessaire. Si l'on peut considérer qu'il y a aujourd'hui des œuvres majeures qui vivent régulièrement. Je pense ainsi à May Be de Maguy Marin ou à Kontakthof de Pina Bausch présenté dans sa 3ème version, avec des jeunes, à la Maison de la Danse.

Le défilé cette année apporte une nouveauté, avec le chorégraphe Mourad Merzouki...

Oui, Mourad a créé des pointillés constitués de 250 personnes, danseurs, musiciens et slameurs. Ils seront à la fois informatifs sur le thème Légendes d'avenir, tout en portant un discours commun. Et je peux, en exclusivité, conseiller à vos lecteurs de s'installer sur la fin du parcours, la dernière ligne droite côté Rue Victor Hugo, parce qu'ils vont tous se retrouver pour faire une chorégraphie d'ensemble et que cela va être un très grand moment.

Cette Biennale est l'avant dernière pour vous. Vous avez choisi finalement la date de votre départ ?

Fin 2010. Mais je ne veux pas partir sans préparer ma succession car j'ai une responsabilité envers mon équipe à la Maison de la Danse et
à la Biennale. Il faut qu'un regard nouveau soit posé sur la danse, avec une ouverture d'esprit qui n'exclut aucun style. Les choses seront complexes, s'il est possible que nous ayons une candidature interne pour la Maison, je souhaite un appel d'offre européen pour la Biennale. J'espère que nos partenaires comme la Ville, le Grand Lyon, le Département, la Région seront associés à la discussion pour nous éviter d'être labellisés Scène Nationale, avec une prise en main du Ministère et un directeur imposé pour 3 ans, une durée qui ne permettra pas l'installation d'une nouvelle politique.

Un entretien à retrouver en intégralité dans le hors-série Culture de Lyon Capitale en kiosque le samedi 6 septembre.

Propos recueillis par Martine Pullara

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