Danse : la dernière saison de Guy Darmet !

Flamenco, classique, nouveau cirque, comédie musicale, contemporain, hip-hop… tous les styles de danse sont encore là dans cette saison de la Maison de la danse, avec du déjà vu, du bon, du très bon et du bof !

Avant de transmettre début juillet le flambeau à Dominique Hervieu, Guy Darmet a présenté hier la nouvelle saison de la Maison de la danse qui, dans ses grandes lignes, n’est pas très surprenante puisqu’elle est un florilège de ce qu’il aime. La palette est large, de qualité, mais à quelques exceptions prêts, un peu ronronnante avec une certaine absence de prise de risque. Plusieurs chorégraphes nous donnent véritablement envie de les découvrir comme Meryl Tankard, qui fut une grande interprète de Pina Bausch et qui présente à travers le solo The Oracle, sa vision du Sacre du printemps. Interprétée par Paul White, danseur Australien dont on a pu voir en quelques images toute la puissance corporelle, sa version utilise largement la vidéo pour décupler la théâtralité de cette pièce. La Cie Les choses de rien, menée par le circassien Boris Gibé et qui crée un univers véritablement original en mêlant les disciplines artistiques, sachant manier avec élégance, la mouvance des corps, des décors, des lieux, pour trouver l’absurde ou la poésie. Thomas Lebrun, magnifique interprète dont la présence scénique relève du vital, loin du chiqué. On attend avec impatience sa version de La jeune fille et la mort, autour de thèmes sur la vieillesse, l’amour ou les petites morts de la vie. Brahim Bouchelaghem, l’un des plus grands danseurs de hip-hop en France, aujourd’hui artiste associé au CCN de Roubaix auprès de Carolyn Carlson et qui a chorégraphié une pièce pour des danseurs russes, issus de battle. Histoire de croire que la danse a encore quelque chose à dire de ce monde contemporain qui nous concerne, on ira voir Yalda Younès, danseuse libanaise de flamenco, accompagnée ici du regard d'Israël Galvan et sur scène du performeur Gaspard Delanoë. Le spectacle est un pastiche d’une conférence internationale autour de la création d’un futur état, qui serait libre et ressemblerait au royaume de Belgique, avec des gens parlant l’hébreu, l’arabe et le wallon. De l’humour et du politique !

A éviter et à retrouver

Au passage, on pourra éviter la danse/effet de mode d'Hofesh Shechter, les gesticulations énervantes de Grupo Corpo, la comédie musicale, un brin ringarde, Un violon sur le toit et même Béjart qui clôt cette saison avec des pièces majeures. Sa présence symbolise aussi le travail que Guy Darmet a mené depuis 30 ans pour populariser la danse et élargir son public. Mais après lui, d’autres artistes ont chamboulé la danse et oui, on aurait aimé une apothéose finale avec un chorégraphe plus proche de nos vies. Et puis, il y a ceux qu’il faut retrouver absolument, comme Maguy Marin. Elle revient avec Salves, pièce magistrale de la dernière Biennale rappelant à notre mémoire les luttes menées par des hommes pour construire notre histoire ; La chorégraphe taïwanaise Lee-Chen avec la splendeur de ses Chants de la destinée, troisième volet d’une trilogie entamée en 1995 et pourquoi pas, dans un autre genre, les Chicos Mambo avec Cendrillon, un ballet recyclable aux tutus en bouteille plastique. Du délire, de la dérision et par-dessus-tout, de l’intelligence !

Guy Darmet, encore tout près de la danse

Guy Darmet n’en n’a pas pour autant fini avec la danse. Il devient l’ambassadeur international de Grupo Corpo et Mimulus, va continuer à soutenir Kafig et Jean-Claude Gallotta dans leurs tournées au Brésil. Il prendra également la fonction de conseiller à la danse, à la Cité des Arts de Rio. Entre temps, il s’est installé à la Confluence, pas très loin de ce qui devrait être le lieu de la Maison de la Danse 3ème génération et qu’il espère voire naître en 2016. A suivre donc !

Programme complet : www.maisondeladanse.com

à lire également
La nouvelle exposition temporaire du musée des Confluences s’intéresse au peuple kalash, qui habite les hautes montagnes entre le Pakistan et l’Afghanistan. Par sa scénographie, « Fêtes himalayennes, les derniers Kalash », nous permet d’aller à la rencontre d’une société et d’une culture en manque de reconnaissance.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut