Grup Simsek / Lemon Twigs © DR (montage LC)
Grup Simsek / Lemon Twigs © DR (montage LC)

Concerts à Lyon : psyché-rock anatolien à l’opéra et rock indé à l’Épicerie

Après un premier semestre endiablé, la nouvelle programmation Underground de l’opéra prend une couleur “musiques du monde”, mais à la sauce cross-over très prononcée, avec Derya Yildirim & Grup Simsek et Ti’kaniki. Pendant que les deux surdoués de Lemon Twigs ressuscitent les sixties à Feyzin.

Derya Yildirim et Grup Simsek ressuscitent les fantômes sous acide du rock psyché turc des années 1970. Un “âge d’or” en Turquie où une scène contre-culturelle explosa soudain, prouvant que le bon usage des instruments électriques n’était pas réservé aux Anglo-Saxons. Et même mieux, que les Occidentaux n’étaient pas les seuls à faire évoluer leurs traditions folkloriques en les passant à la moulinette ! Un saz (luth traditionnel à manche long) passé dans la distorsion et la pédale wah-wah, une rythmique binaire aux accents anatoliens : le rock turc était né.

De la rencontre de la chanteuse et joueuse de saz Derya Yildirim avec des musiciens français biberonnés à Selda Bağcan, Arif Sağ ou Ersen, est né ce groupe original qui rend hommage aux grandes heures d’un courant majeur du rock oriental tout en y apportant une touche personnelle à base de compositions originales et de synthétiseurs acidulés. À l’instar du groupe Altin Gün, basé pour sa part aux Pays-Bas et signé sur le même label suisse (Les Disques Bongo Joe), Derya Yildirim et Grup Simsek incarnent le renouveau d’un rock anatolien expatrié mais qui a le vent en poupe. À vérifier vendredi sur la scène de l’Amphi de l’opéra.

Changement d’ambiance – mais non de démarche – samedi avec Ti’kaniki, jeune collectif lyonnais composé de Réunionnais et de métropolitains ayant pour sa part jeté son dévolu sur le maloya… Musique traditionnelle de la Réunion, fruit d’une histoire “nationale” douloureuse marquée par la colonisation et l’esclavage, le maloya incarna selon les époques un chant d’espérance, de résistance ou d’aspiration à l’indépendance – jusqu’à subir une interdiction de la part des autorités coloniales à la fin des années 1950. Comme la rumba cubaine, il consiste en des chants à plusieurs voix, uniquement soutenus par les tambours et les percussions. Comme dans bien des traditions musicales venues d’Afrique, la sophistication rythmique est au rendez-vous.

Derya Yildirim & Grup Simsek – Vendredi 1er mars à 20h à l’Amphi de l’opéra de Lyon (programmation Underground)

Ti’kaniki – Samedi 2, même horaire même lieu, avec une conférence gratuite sur les musiques portuaires à 17h30



Retour au collège à Feyzin samedi

Michael et Brian D’Addario, alias les Lemon Twigs © DR
Michael et Brian D’Addario, alias les Lemon Twigs © DR

À respectivement 21 et 19 ans, les frères d’Addario constituent sans doute l’une des plus belles promesses du rock indé américain. Sauf que ces deux phénomènes de précocité qui ont publié leurs premières vidéos à 8 et 6 ans n’en sont plus réellement à l’âge des promesses, comme en témoigne la réception de leurs deux premiers albums, inscrits dans une veine éminemment passéiste (tout ici hurle une passion pour les roaring sixties), raccord avec les pattes d’eph et les cols pelle à tarte anachroniques arborés par les deux frères. Ainsi du second d’entre eux, Go to school, album concept comme on n’en fait plus, narrant les aventures d’un chimpanzé qui va au collège ( !), comme un écho à l’enfance un peu spéciale de ces deux surdoués jamais entrés dans le moule de l’adolescence US contemporaine.

The Lemon Twigs – Samedi 2 mars à 20h30 à l’Épicerie Moderne


[Articles extraits de Lyon Capitale n°785 (février 2019) et du supplément Culture de janvier de Lyon Capitale]

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