Giovanni Antonini © Paolo Morello

Concert classique à l’Auditorium de Lyon : de Vivaldi à Haydn

Découvert il y a presque 20 ans grâce à son intégrale Vivaldi tapageuse, le chef Giovanni Antonini et son ensemble Il Giardino Armonico nous reviennent le temps d’un concert consacré aux symphonies “londoniennes” de Haydn.

En 1994, l’orchestre baroque Il Giardino Armonico défrayait la chronique avec un enregistrement des Quatre Saisons de Vivaldi parfois qualifié de révolutionnaire. Les références sur instrument d’époque ne manquaient pourtant pas mais la vision du chef Giovanni Antonini va changer la donne en appuyant – pour certains plus que de raison – les clins d’œil naturalistes suggérés par Vivaldi.

Nul auparavant n’était allé aussi loin dans l’illustration sonore des sonnets accompagnant la partition. Dans la version d’Il Giardino Armonico, on entend vraiment chanter les oiseaux au printemps, le chien aboyer… L’orage d’été n’a jamais été aussi tonitruant et les pas sur la glace en hiver aussi périlleux. Les nuances sont appliquées à l’extrême alors que le violon solo d’Enrico Onofri rivalise avec la guitare de Jimi Hendrix dans ses effets de timbre d’une expressivité outrancière. Il n’empêche que le jeune ensemble signe la meilleure intégrale des Concerti de Vivaldi… et séduit par ses postures “rock’n’roll” au-delà de l’auditoire traditionnel.

L’orchestre se spécialise dans le répertoire baroque italien dont les outrances lui vont comme un gant, mais, avec les années, Antonini, loin de s’assagir, étend son champ d’action. À tel point qu’une quinzaine d’années plus tard, c’est Joseph Haydn qui fait l’objet d’une intégrale.

On n’aborde cependant pas un concerto de Vivaldi de la même façon qu’une symphonie de Haydn et celles et ceux qui chercheront dans cette nouvelle intégrale la même démesure feront fausse route. C’est ici dans les nuances, la clarté des lignes, la beauté des timbres et le choix des tempi qu’Antonini tire son épingle du jeu.

C’est aux ultimes symphonies de Haydn, surnommées “londoniennes”, eu égard au lieu de leur composition, qu’est consacré ce concert.

À la tête du Kammerorchester Basel et des musiciens d’Il Giardino Armonico, le chef nous gratifiera (dans le cadre du tricentenaire de la naissance de Haydn) de trois d’entre ces perles du classicisme ainsi que de l’ouverture de L’Échelle de soie de Gioachino Rossini, le tout sur instruments historiques.


Symphonies de Haydn – Mardi 25 janvier à 20 h à l’Auditorium, Lyon 3e – www.auditorium-lyon.com


 

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