Reihane Taravati, Liao Yiwu et Alaa El Aswany – Assises internationales du roman 2019 © Reihane Taravati / Manuel Braun / Marc Melki (montage LC)
Reihane Taravati, Liao Yiwu et Alaa El Aswany – Assises internationales du roman 2019 © Reihane Taravati / Manuel Braun / Marc Melki (montage LC)

Assises internationales du roman : la dissidence pour programme

50 écrivains de 20 nationalités différentes sont attendus à Lyon à partir de lundi, jour d’ouverture des 13es Assises du roman sur le thème : “Le courage de la dissidence”. Avec Alaa El Aswany, Reihane Taravati et Liao Yiwu pour commencer.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas un grand entretien qui ouvre les Assises internationales du roman, mais un débat, qui s’annonce très fort, sur “le courage de la dissidence”, entre trois modèles de courage dissident. D’abord, l’écrivain égyptien Alaa El Aswany, connu pour son très culte Immeuble Yacoubian et récemment poursuivi par le pouvoir de son pays pour avoir évoqué la répression du mouvement de la place Tahrir dans son dernier roman, J’ai couru vers le Nil. L’accompagnera le poète chinois Liao Yiwu, emprisonné de 1990 à 1994 pour un poème, Massacre, dénonçant la répression des manifestations de la place Tian’anmen ; il vit aujourd’hui à Berlin et il a tiré de cette incarcération un livre, Dans l’empire des ténèbres, qui lui a valu d’être comparé à Soljenitsyne. La troisième voix de cette soirée est une photographe iranienne de 27 ans, Reihane Taravati, qui pour sa part vit toujours en Iran, malgré les menaces qui pèsent sur elle depuis qu’elle a réalisé en 2015 un remake du clip Happy de Pharrell Williams, mettant en scène de jeunes Iraniens habillés à l’occidentale et surtout sans foulard, lequel clip a particulièrement heurté les mollahs. Une entrée en matière coup de poing, donc, ce lundi soir aux Subsistances.

On évoquera encore la violence sociale et politique avec Sophie Divry, Santiago Gamboa et Daniel Galera (jeudi à 21h). Autre sujet de société, Internet et les nouvelles technologies seront incontournables avec Aude Seigne, Joshua Cohen et Pierre Ducrozet (Écrire l’ultracontemporain, vendredi à 19h). Dans une veine plus intime, mais pas moins sociétale, on se hissera à hauteur d’enfant à travers les récits d’enfance d’Antoine Wauters, Mick Kitson et Andrès Barba (mercredi à 19h) ; on évoquera le corps féminin à travers les œuvres récentes de Carolin Emcke, Fabienne Jacob et Joumana Haddad (mardi à 19h) et l’on suivra les exils littéraires de Davide Enia, Linda Lê et Amitava Kumar (mercredi à 21h). Enfin, il s’agira de revisiter sa vie aux côtés de Bérengère Cournut et d’un monument nordique : l’Islandais Jón Kalman Stefánsson.

Coulisses de la création

Le traditionnel dialogue d’écrivains “opposera” Jérôme Ferrari à Elisabetta Rasy (vendredi à 21h) et l’on pourra également entrer dans les coulisses de la création de Maylis de Kerangal, Rodrigo Fresán et Connie Palmen (mardi à 21h). On le sait, les Assises, c’est aussi un week-end consacré à la langue française. Où l’on retrouvera des amoureux du détail (Grégoire Bouillier, Adrien Bosc, Emmanuelle Pagano – samedi à 17h) et où l’on tentera de trouver “des mots pour une mère” en compagnie de Maria Pourchet, Christophe Boltanski, Geneviève Brisac et Éric Fottorino (dimanche à 16), tous récents auteurs de romans sur la figure de la mère. Ou même d’en mettre, des mots, donc, derrière les images, à l’initiative d’Amaury Da Cunha et Sylvie Gracia, Marie-Hélène Lafon, Camille Laurens et Sylvain Prudhomme (samedi à 21h), ou au service de la construction d’un personnage sous l’expertise de Serge Joncour, Anne-Marie Garat et Yves Ravey (samedi à 15h).

Contre l’oubli

Les Assises nous proposent aussi quelques escapades hors les murs des Subsistances. Notamment à l’école des beaux-arts (samedi à 19h) pour une rencontre autour de la mémoire et du travail du graphiste Philippe Apeloig sur les plaques commémoratives parisiennes relatives à la Seconde Guerre mondiale, et au musée Gadagne (dimanche à 11h) – en liaison avec l’exposition “L’Odyssée des livres sauvés” au musée de l’Imprimerie – pour écouter Michaeel Najeeb, qui a sauvé des centaines de manuscrits à Mossoul.


NB : Jens Christian Grøndahl et Delphine Minoui, dont la présence avait été annoncée à ces Assises, ne seront finalement pas là.


Assises internationales du roman – Du 20 au 26 mai aux Subsistances – www.villagillet.net

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