Arthur H comme Hadopi ?

Tête d'affiche de la prochaine édition des Invites de Villeurbanne, fort d'une vingtaine d'années de carrière, l'auteur compositeur interprète s'est imposé auprès du grand public avec la sortie en 2005 de son album Adieu Tristesse. Loin de surfer sur la vague, le chanteur à la voix d'outre tombe se remet en danger avec son dernier disque et ses prises de position discutables, en tout cas assez embrouillées, contre le téléchargement sauvage.

Lyon Capitale : Avec l'Homme du monde, votre dernier album, vous prenez le contre pied de votre précédent disque. Qu'est-ce qui vous a donné envie de sortir un album aussi groovy ?
Arthur H : Pour moi, Adieu Tristesse était un disque assez poignant à faire et même un peu douloureux. J'avais vraiment envie de m'amuser et de passer à quelque chose de plus léger, de faire le fou sur scène et de sortir de mon personnage. Je me renouvelle, je suis véritablement un chercheur. L'errance apporte énormément de richesse musicale. J'aime cette atmosphère de renouveau, mais je reste moi-même. C'est impossible de se trahir. Ça change un peu de couleur en effet, mais ça reste mon univers émotionnel. Donc finalement, je reste cohérent !

Donc, on peut s'attendre à un concert qui va groover sa race...
Mon live est beaucoup plus axé sur la danse, sur le fait d'avoir des moments où le public et moi sommes un peu en transe. Que les gens qui rentrent dedans sortent complètement pilés. Aujourd'hui, avec la crise, on a vraiment besoin de faire le plein d'énergie. Mais il y a aussi des temps très atmosphériques, des moments plus doux, plus sensuels pour que l'on puisse pénétrer à l'intérieur du son. J'aime ce contraste.

C'est la crise justement qui vous a donné envie de prendre position contre le téléchargement illégal, en soutenant la loi Hadopi ?
Je n'ai pas du tout envie d'accuser les internautes de tous les malheurs de la musique, ce serait un peu injuste. Par contre, je suis du côté des gens qui prennent des risques. C'est un travail énorme de vivre de sa musique et je trouve ça très courageux. Donc, j'ai envie de soutenir ces artistes qui font ça par amour et pas, comme certains le disent, par appât du gain ou pour se payer une troisième piscine. On a besoin d'argent pour avoir de bons studios, pour avoir de bonnes conditions. Et ça nécessite d'établir quelques règles dans cette jungle qu'est Internet.

C'est un débat qui a lieu entre les artistes ?
Quand Manu Chao dit "c'est super le téléchargement", il oublie qu'il a vendu un million d'albums. Pour lui, c'est génial qu'on télécharge de la musique, ça ne change rien à sa vie. Il n'a pas besoin de prouver quoique ce soit à des producteurs pour sortir de nouveaux disques. Ce n'est pas du tout le cas des jeunes qui commencent ou des gens qui ont une carrière plus longue, qui proposent une musique plus diverse, plus variée et pas forcément très populaire.

Mais ce sont souvent les artistes qui débutent et les indépendants qui s'opposent à cette loi...
Disons que les petits artistes émergents n'ont rien à perdre, comme de toute manière ils ne sont pas acceptés par un système qui n'a pas envie d'investir sur eux (car il sait qu'il ne va pas gagner d'argent). Donc les petits artistes émergents ont juste envie de se faire connaître, en espérant qu' il y ait un buzz sur le net et qu'ils soient enfin signés par une maison de disque. Mais une fois que ça marche un peu, ils ont besoin de rentrer dans le système. Chacun voit son intérêt dans cette histoire.

Si on devait parler de filiation, de père spirituel, vous nommeriez quelqu'un en particulier ?
Ma famille, c'est un peu les poètes rock solitaires français : Bashung, Gainsbourg, Etienne Daho que j'aime beaucoup, Brigitte Fontaine, Christophe, Philippe Katerine et Jacques Higelin... Tous les poètes déjantés quoi.
Arthur H. Aux Invites de Villeurbanne. 04 72 680 987. www.arthurh.net

Notre dossier spécial sur les Invites de Villeurbanne en cliquant ici lien

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