"APOCALYPSE NOW" FRANCAIS

L'Ennemi intime ****
De Florent-Emilio Siri. Avec Benoît Magimel et Albert Dupontel. Guerre. France. 1h46.

Algérie, 1959. Les opérations militaires s'intensifient. Dans les hautes montagnes kabyles, Terrien (Benoît Magimel), un lieutenant idéaliste, prend le commandement d'une section de l'armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac (Albert Dupontel), un militaire désabusé. Leurs différences et la dure réalité du terrain vont vite mettre à l'épreuve les deux hommes. Perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom, ils vont découvrir qu'ils n'ont comme pire ennemi qu'eux-mêmes.

Rares sont les films français (R.A.S. (1973) d'Yves Boisset, La Question (1976) de Laurent Heynemann) qui traitent en profondeur de la guerre d'Algérie. D'autant plus si l'on compare avec l'importante production américaine sur les traumas du Vietnam, sous la forme de la dénonciation et de l'auto-flagellation ou du déballage explosif de sa puissance guerrière. C'est peut-être parce que nous sommes plus frileux quand il s'agit de reconnaître ou de démontrer notre culpabilité. A preuve, l'Etat français n'a reconnu cette guerre que 40 ans après le conflit.

C'est à l'initiative de Benoît Magimel que Florent-Emilio Siri a rencontré Patrick Rotman, réalisateur d'un documentaire sur lequel se fonde le film. Cette collaboration a permis de réaliser une œuvre terriblement réaliste.

L'Ennemi intime, c'est un peu un Apocalypse Now à la Française. Un homme intègre est parachuté dans une nature gigantesque où la folie a gagné chacun de ses occupants parce qu'ils vivent en marge de leurs idéaux. Le Dougnac de Dupontel ressemble au Kurtz de Marlon Brando, avec ce jeu stupéfiant qui mêle de façon extrême humanité et violence. Mais ce film français qui a l'allure d'un américain, n'en garde pas que le trait superficiel, il explose comme une catharsis... à la Française.

à lire également
La 12e édition du Festival Lumière aura lieu du 10 au 18 octobre prochain à Lyon. La programmation, annoncée ce mercredi 9 septembre, met à l'honneur les cinéastes belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, lauréats du Prix Lumière 2020, mais aussi Michel Audiard.
Faire défiler vers le haut