Un Revolver sur l’oreille

Concert d’un groupe à la pop délicate et ouvragée, imprégnée de Beatles, de Simon & Garfunkel, de Beach Boys, et de bien d’autres choses.

100 000, c’est le nombre d’exemplaires vendus en 2010 par Revolver de leur premier album, Music for a While. À l’époque de Cloclo ou de Johnny pas encore jauni, c’était peanuts, et même un peu la honte. Mais aujourd’hui, tout vendeur de disques échangerait sa mère contre un tel chiffre. Un groupe de pop pourrait toujours essayer d’échanger toute sa famille sur trois générations, sans succès. C’est pourtant ce qu’est parvenu à faire Revolver avec sa “pop de chambre”, comme ils l’ont appelée.

Revolver a ce qu’on appelle un parcours atypique : trois potes qui ne se réunissent pas le samedi entre les bidons d’essence et la tondeuse dans le garage de papa, mais qui suivent une formation de musiciens classiques au conservatoire, où ils se passionnent pour Purcell. Et qui, parce qu’ils aiment aussi la pop, enregistrent dans une chambre sans penser à mal, ni à bien. Une Victoire de la musique plus tard (bon, il y a des références plus parlantes), les gentils Revolver passent même par le gigantesque festival SXSW d’Austin, au Texas, véritable laboratoire mondial du rock indé, devenu incontournable Léviathan musical.

Le succès aussi rapide qu’inespéré a au moins une vertu, il laisse au groupe le champ libre pour étoffer son registre sur le tout chaud Let Go (“Laisse aller”) qui démontre toute sa science pop avec des morceaux accrocheurs, simples à l’extérieur, sophistiqués à l’intérieur. Le tout mené par un tube que vous avez déjà solidement enfoncé dans les esgourdes à force de l’entendre un peu partout : l’électro-disco-pop et très phoenixien (le disque a emprunté son producteur à Phoenix et ça s’entend) Wind Song, davantage bâti pour appâter le chaland que pour donner une idée précise de ce qu’est le deuxième album du groupe. Une chose est sûre, avec cet album, Revolver pourrait bien réussir un second braquage des bacs à disques.

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Revolver. Vendredi 11 mai, à 19h30, au Ninkasi Kao.

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