Lyon Capitale n°158

Il y a 20 ans : Rolland, élu sportif de l’année

IL Y A 20 ANS DANS LYON CAPITALE – Jean-Christophe Rolland devient le grand chouchou des lecteurs de Lyon Capitale en 1998. Maestro incontesté de l’aviron français, il récolte 597 votes, lui assurant la plus haute marche du podium. Quant au flop de l’année, Djamel Bouras a la vie dure…

Lyon Capitale n°158, 11 février 1998, © Lyon Capitale

Il y a fort-fort longtemps, Lyon Capitale aimait solliciter ses lecteurs pour découvrir quelle était leur personnalité sportive préférée et club assorti. Côté 1998, c’est Jean-Christophe Rolland qui récolte les lauriers du lectorat, chose peu surprenante compte tenu du palmarès du personnage. Le rameur, qui ironiquement ne ramait jamais vraiment, devient champion du monde en 1997, après une ribambelle d’autres titres – champion de France et des jeux Méditerranéen entre autres. Il raccroche la pagaie en 2000 après un titre olympique à Sydney pour se consacrer de nouveau à l’ingénierie, sans toutefois trop tourner le dos au sport. L’année dernière, Jean-Christophe Rolland est élu membre du Comité international olympique à Lima, devenant alors représentant des Fédérations Internationales.

Lyon Capitale n°158 du 11/02/1998, p. 6 © Lyon Capitale

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Lyon Capitale n°158 du 11/02/1998, p. 6 © Lyon Capitale

Un article paru dans Lyon Capitale n°158 le mercredi 11 février 1998, signé par Stéphane Marteau.

Rolland, élu sportif de l'année

Champion du monde en deux sans barreur en septembre dernier, Jean-Christophe Rolland succède à Delaney Rudd au palmarès du sportif lyonnais de l’année. Il devance très largement Fabrice Tiozzo et Alain Digbeu. Nos lecteurs ont également plébiscité les basketteurs de l'ASVEL. Quant au flop de L'an­née, il a été décerné à l'unanimité au judoka Djamel Bouras, contrôlé positif au nandrolone...
Que Jean-Christophe Rolland et Fabrice Tiozzo apparais­sent aux deux premières places de l'élection du sportif lyonnais de l'année n'est guère sur­prenant dans la mesure où ces deux athlètes ont été sacrés en 1997 champion du monde dans leur disci­pline respective. Ce qui l'est davan­tage, c'est l'écart de voix - près du double - qui sépare le rameur du boxeur.
Joint par téléphone- à son domicile caluirard, Jean-Christophe Rolland était bien évidemment très touché d'avoir été plébiscité par nos lec­teurs. "Ça fait très plaisir. Ça prouve que mes performances ne sont pas passées inaperçues et que les gens ont su les apprécier." Mais ce dont il est le plus fier, c'est d'avoir devancé des athlètes comme Fabrice Tiozzo ou Alain Digbeu, "car d'un point de vue médiatique, je ne tire pas dans la même catégorie qu'eux. Ça fait bizarre, mais c'est une belle reconnaissance". La reconnaissance d'un sportif exem­plaire, qui aura été pendant une décennie le plus bel ambassadeur de l'aviron français. Ce que n'a pas manqué de souligner Pierre Levrat, président de l'Aviron Union Nautique de Lyon. "Jean-Christophe a telle­ment apporté à son club et à son sport que ce n'est que justice qu'il ait été élu sportif de l'année. Cela me fait donc très plaisir, mais ça me touche d'autant plus que pour la pre­mière fois, c'est un sportif amateur qui est mis en avant,"
Cinquième de notre consultation en 1995 et second l'an dernier, Jean-Christophe Rolland méritait sans conteste une telle distinction au regard de la saison exceptionnelle qu'il a réalisée en 1997 - champion de France en deux sans barreur et en huit, champion du monde et vain­queur des Jeux Méditerranéens en deux sans barreur - mais surtout pour l'ensemble de sa carrière. Une carrière à laquelle le plus grand rameur français de tous les temps a décidé de mettre un terme en octobre dernier. Après avoir bénéfi­cié pendant plusieurs années d'ho­raires aménagés, J.-C. R. se consacre désormais à plein temps à son poste d'ingénieur à la centrale du Bugey. "J'ai hérité de dossiers très intéressants qui demandent beaucoup d'investissement. Néanmoins, je m'astreins toujours à un entraînement afin de rester bien dans mon corps et dans ma tête."Un entretien physique qui est loin d'être négligeable pour un retraité puisque le rameur lyonnais s'en­traîne environ vingt heures par semaine !
A l'instar de Jean-Christophe Rolland, l'ASVEL et Djamel Bouras ont été respectivement élu à l'unani­mité club et flop de l'année. Si on ne s'éternisera pas sur le succès des basketteurs villeurbannais, primés logiquement pour la troisième année consécutive, le cas Bouras mérite qu'on s'y attarde. Champion olym­pique des moins de 78 kg en 1996 et vice-champion du monde l'an der­nier, le judoka givordin a été déclaré positif au nandrolone (anabolisant) à la suite d'un contrôle inopiné prati­qué le 2 octobre à l'INSEP. La contre-expertise s'étant également révélée positive, Bouras encourait une suspension maximale de trois ans. Mais ce dernier, qui a toujours clamé son innocence, a finalement bénéficié en décembre dernier d'un sursis de quatre mois de la part de la commission dopage de la Fédération française de judo (FFJ). Un délai qu'il devra mettre à profit afin d'apporter de nouveaux élé­ments scientifiques pour sa défense. Innocent ou pas, toujours est-il que l’image du judoka a pâti de cette affaire, les résultats de notre consultation le prouve. Nos lecteurs confortent par là même le sondage réalisé fin décembre à la demande du ministère de la Jeunesse et des Sports où il apparaissait que 10 % des 1 002 personnes interrogées ne croyaient pas les sportifs qui cla­ment leur innocence après un contrôle positif. Il est vrai qu'il serait temps d'arrêter de prendre les gens pour des imbéciles...
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