Festival Lumière : un petit air d’Hollywood à Lyon

Devant 5 000 spectateurs, Thierry Frémaux et ses invités ont lancé hier le 8e festival Lumière à la halle Tony-Garnier.

Quentin Tarantino au festival Lumière 2016

©Jean-Philippe Ksiazek/AFP
Quentin Tarantino au festival Lumière 2016

18h. Le quartier de Gerland est tourné vers la halle Tony-Garnier. Pleine comme un œuf, elle s’apprête à accueillir la cérémonie d'ouverture de la 8e édition du festival Lumière, avant sa clôture dimanche prochain. À l’intérieur, les spectateurs attendent, bien ou mal installés par des bénévoles légèrement perdus, le début de la cérémonie. "Vu que vous ne la lisez pas, je peux vous piquer votre gazette Lumière ? demande une spectatrice habituée. Vous savez que la première édition est toujours collector, on ne la trouve pas en ville." Pas de doute, les fans sont présents.

La soirée s’intensifie à mesure que l’heure avance. Une musique western démarre. C’est Claude Lelouch qui franchit le premier le rideau rouge, inaugurant ainsi l’entrée des artistes. Premiers applaudissements mais aussi premiers flashs des photographes. Les invités entrent seuls, ou accompagnés bien souvent par le directeur de l'institut Lumière Thierry Frémaux, sur une playlist de choix. "Je n’ai rien raté ?" demande Francesca, une Italienne installée à Lyon dont c’est "le 4e festival, mais le premier où [elle] arrive en retard".

Laurent Wauquiez conspué

Les acclamations sont proportionnelles au degré de connaissance des artistes, raison pour laquelle les Français gagnent haut la main à l’applaudimètre. Ramzy Bédia, Alice Taglioni, Line Renaud, Agnès Varda et Lambert Wilson remportent ainsi les faveurs du public. Mais pas Laurent Wauquiez, conspué par la halle mais emportant la compassion de Francesca ("Je ne le connais pas").

Le président du conseil régional aurait peut-être dû prendre exemple sur Gérard Collomb. Au micro, le sénateur-maire de Lyon se vante d’être entré au bras de Monica Bellucci, "pour être sûr de se faire applaudir !" Francesca est quant à elle conquise par la présence de sa compatriote qui est "si belle..."

Tarantino star de la soirée

Mais Francesca n’est pas venue pour son actrice favorite, et s’extasie au moment des premières notes de Little Green Bag, musique emblématique du film Reservoir Dogs. Comme un signe pour accueillir son réalisateur, Quentin Tarantino, dont la venue a été annoncée mercredi dernier. Le prix Lumière 2013 revient en guest-star de cette cérémonie d’ouverture. Il sera présent tout au long de la semaine, notamment pour une masterclass à l’Auditorium de Lyon, et la présentation du film Hollywood Vixens de Russ Meyer, aujourd'hui à 14h15 au Pathé Bellecour. La cote d'amour du cinéaste se confirme une nouvelle fois avec la standing-ovation des spectateurs.

Ouverture Festival Lumière 2016

©Grégor Clauss
Les invités lancent officiellement le festival Lumière 2016

Le show Thierry Frémaux

C’est maintenant le début du "Thierry Frémaux show", à son aise dans l’art du maître de cérémonie. Tantôt drôle, tantôt émouvant au moment de rendre hommage à Pierre Tchernia, décédé le jour même. Bertrand Tavernier, le président du festival, est lui bien présent, après avoir "guéri du cancer". Le directeur de l’institut Lumière lance tour à tour les montages et court-métrages, qui fonctionnent comme une bande-annonce à ces neufs jours de cinéma. Le prix Lumière sera cette année décerné à Catherine Deneuve, l’occasion de célébrer "la trace féminine dans le cinéma".

Thierry Frémaux est très attaché aux traditions, et comme d’habitude l’ensemble des invités récitent sur scène et en chœur le texte d’ouverture, avec plus ou moins de réussite. Un karaoké est ensuite entamé avec le public, sur l’air d’On ira tous au paradis, en hommage à son auteur, Jean-Loup Dabadie, également présent. Malgré ces passages obligés durant deux heures, la soirée demeure fluide, rythmée par les projections.

“Butch Cassidy et le Kid” film d’ouverture

La cérémonie prend fin avec le film d’ouverture : Butch Cassidy et le Kid, de George Roy Hill, choisi par Tarantino lui-même. "Je l'ai vu pour la première fois quand j'avais 6 ans. C'était la victoire du nouvel Hollywood sur l'ancien." Francesca et d’autres spectateurs quittent les lieux, mais l’ensemble de la halle contemple avec passion le western mettant en scène Paul Newman et Robert Redford, deux monstres sacrés du cinéma américain.

Il est 22h. Le générique de fin est applaudi et la halle Tony-Garnier se vide. Mais, pour la plupart des spectateurs, ce n'était que la première séance. Et le moment où l'on établit son programme pour la semaine, au sein des 390 projections annoncées. Une cérémonie d'ouverture comme un générique de début pour une semaine de festival.

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