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©Gilles Michallet

Villeurbanne, capitale française de la culture en 2022 : la culture partout et pour tous pendant un an, tout ce qu'il faut savoir

Fin mars, la ville de Villeurbanne a été désignée capitale française de la culture 2022 par le ministère de la culture. En quoi ça consiste ? Comment la culture va être mise au coeur de la vie des Villeurbannais pendant un an ? Eléments de réponse avec le maire, Cédric Van Styvendael, et son adjoint à la culture, Stéphane Frioux. Ils se confient à Lyon Capitale.

Grande satisfaction pour Villeurbanne. La ville a été désignée au printemps « capitale française de la culture » pour l’année 2022, un label décerné par le ministère de la culture pour la première fois. Le lauréat bénéficie d’1 million d’euro pour mettre en œuvre son projet, articulé à Villeurbanne autour de la jeunesse. Angoulême, Brest, Laval, Le Mans, Metz, Saint-Paul de la Réunion, Sète et la communauté de communes du Val Briard étaient en concurrence avec Villeurbanne pour l'obtention du label. Mais le projet villeurbannais a séduit. Il a été retenu.

En quoi va consister cette année culturelle dans la cité de 150 000 habitants, la grande voisine de Lyon ? Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne et Stéphane Frioux, adjoint à la culture de Villeurbanne, apportent des éléments de réponse à Lyon Capitale.

En 2022, comment souhaitez mettre la culture au cœur de la vie des habitants de Villeurbanne ?

Cédric Van Styvendael : Le label, on peut l’utiliser que du 1er janvier au 31 décembre. Pour autant, on a besoin de mettre les Villeurbannaises et les Villeurbannais dans un état d’esprit, de les préparer. Tous les évènements culturels qui vont se dérouler entre septembre et décembre auront quand même une connotation de préparation à la capitale française de la culture. Les 101 ans du TNP (il n’y a pas eu les 100 ans en raison de la crise sanitaire), les Invites en septembre (15 au 18 septembre 2021) auront aussi cette tonalité. Les Invites ont fait le choix de cibler plus particulièrement le public jeunesse, ça sera une manière de commencer à se mettre dans l’ambiance.

Stéphane Frioux : Ce titre de capitale française de la culture a aussi été octroyé sur la base d’un projet très cohérent politiquement qui est de transmettre la culture, la pratique culturelle, l’expérience culturelle, dès le plus jeune âge. Dès 3 ans, dès l’école maternelle. On a 25 groupes scolaires. Dès l’automne 2021, on ouvre 14 mini-mix dans nos groupes scolaires.

Qu’est-ce qu’un mini-mix ? Ce n’est pas un nouveau centre culturel. Mais c’est faire plus qu’une BCD (bibliothèque centre de documentation) ou une salle d’arts plastiques. C’est avoir un lieu et des personnes dans l’école où vont se croiser les esthétiques, et faire se rencontrer le public scolaire et les artistes, et cela tout au long de l’année. On commence dès l’automne, on n’attend pas le 1er janvier. On recrute des médiateurs, un pour deux écoles (7 médiateurs), une coordinatrice, un médiateur du patrimoine et un intervenant en milieu scolaire pour la musique. Ca va se déployer au rythme de trois ou quatre chaque année pour couvrir l’ensemble de nos groupes scolaires d’ici 2026. Le jury a aussi validé un projet pérenne avec des critères de solidarité territoriale. Nos groupes qui sont dans les zones d’éducation prioritaire (à Villeurbanne) vont être les premiers à bénéficier du dispositif. C’est un travail qui depuis plusieurs mois mobilise notre service culture et éducation. Ces mini-mix ne seront pas ouverts que sur le temps scolaire, mais aussi lors du temps périscolaire et pendant des vacances scolaires.

Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne. @Alex MARTIN / AFP)

Au-delà de ces mini-mix dans les écoles, qu’est-ce qui va être proposé aux Villeurbannais pendant cette année 2022 ?

Stéphane Frioux : On va déployer des parcours patrimoniaux. Au-delà des Gratte-Ciel, il y a du patrimoine ordinaire caché un peu dans tous les quartiers. Les jeunes vont être les premiers à les expérimenter. Le Rize (centre culturel) pilote ça. Pour 11 des 22 parcours. Et les 11 autres vont être proposés par les partenaires du territoires : l’institut d’art contemporain par exemple pour un parcours sur les œuvres d’art dans l’espace public etc... Il y aura un festival des balades patrimoniales sur plusieurs week-ends lors de l’automne 2022. Qui permettra de remettre tout ça en musique et aux Villeurbannais d’expérimenter une balade qu’ils n’aurait pas faite pendant l’année.

Cédric Van Styvendael : On a 600 évènements en tout. Il y aura des évènements tous les mois de 2022. Des arts de la rue, la biennale d’art contemporain avec l’institut d’art contemporain qui va venir exposer des œuvres dans Villeurbanne. Ariane Mnouchkine vient en juin 2022 au TNP. Et aussi la grande fête à la Feyssine réalisée par des jeunes pour les jeunes. On a lancé un appel à candidatures, on recherche 100 jeunes âgés de 12 à 25 ans pour participer avec nous à cet épisode. La fête du livre jeunesse va se thématiser « grandir ». 300 concerts sont prévus, 4 festivals, une exposition « crever l’écran ». Il y en aura pour tous les âges, pour tous les goûts. Tous les mois, il va se passer quelques chose dans la ville en matière de culture.

Les mini-mix, c’est la question structurante. Et puis il y a LA surprise sur laquelle on travaille, ça sera d’ailleurs peut-être plusieurs moments pendant l’année 2022. Avec quelque chose qui va rayonner au niveau national voir international. Ca, on vous en dira en peu plus à l’automne…

Quelles connexions avec les villes voisines de la Métropole, avec Lyon, Bron, Vaulx ?

Cédric Van Styvendael : J’étais au comité de pilotage de la médiathèque maison de quartier Leonard de Vinci de Vaulx. Il y aura des partenariats. Il ont fait le choix de mobiliser très fortement des jeunes dans l’animation du lieu, dans la découverte du lieu. J’ai proposé à ce qu’il y ait des liens entre nos équipes de jeunes mobilisés sur les parcours patrimoine et les équipes de jeunes de Vaulx mobilisés sur la découverte de ce lieu incroyable que va être cette médiathèque.

On discute avec Lyon sur de l’évènementiel le long de l’axe, le cours Emile-Zola qui devient le cours Vitton. On discute avec la fête du livre de Bron qui envisage de créer pour la première fois un prix jeunesse. Il n’est pas impossible qu’il y ait un partenariat entre le festival culture de Bron et Villeurbanne capitale française de la culture.

On discute aussi avec les grands évènements, avec l’Opera, avec les Nuits de Fourvière. Tout est en train de se caler.

On est submergés par les demandes. Tous les acteurs villeurbannais, et c’est normal - c’est un souhait de notre part que ça soit la fête de tous les Villeurbannais - veulent participer, veulent en être. On est en train de trouver des niveaux de labellisation, d’accréditation, d’accompagnement, pour que chacun s’y retrouve.

Il ne faut pas oublier l’effet mécénat. On est déjà à presque un million d’euro de ressources privées mobilisées grâce à ce label. On espère aller jusqu’à 2M d’euros. Cela permettra de financer des projets supplémentaires qui n’étaient pas programmés jusqu’à présent.

Les Gratte-ciel à Villeurbanne © Antoine Merlet

Comment résumer et décrire simplement cette année culturelle à Villeurbanne ? Qu'est-ce qui va changer au quotidien ?

Stéphane Frioux : C’est la reconnaissance de l’excellence culturelle qui va se passer près de chez tous les habitants. Avec des représentations en plein d’air de groupes de jeunes devant le TNP, un géant ivoirien qui va sillonner les quartiers, des jeunes qui vont apprendre à manipuler une marionnette de 9 mètres de haut etc... Ca va être spectaculaire. Des actions auront lieu dans tous les quartiers toute l’année.

Cédric Van Styvendael : Il y aura un programme. On va installer une maison "capitale française de la culture juste à côté du lycée Brossolette. Dans cette maison, vous aurez les bureaux de l’équipe et un lieu d’accueil pour le public pour expliquer, présenter la programmation, se renseigner.

Ca va être un an où la culture sera omniprésente dans l’espace public, dans les salles, dans les évènements. Ca va permettre d’avoir des rencontres avec la culture beaucoup plus fréquentes et beaucoup plus faciles. C’est ça la capitale française de la culture : la culture partout, pour toutes et tous, dans un accès facilité et renouvelé.

Lire aussi : Métropole de Lyon : tout ce qu'il faut savoir sur la future piétonisation de Villeurbanne

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