Sophie Moreau, organisatrice de "Courir pour elles", 'ets l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
"Vieillir, c'est bien. Mais vieillir en bonne santé, c'est essentiel."
C'est avec cette conviction que Sophie Moreau pilote depuis 2008 l'une des associations de prévention santé les plus actives de la métropole lyonnaise. "Courir pour Elles", c'est un mouvement né d'une ambition simple : "lutter contre les cancers féminins par la prévention et la promotion de l'activité sportive." Une mission qui ne faiblit pas, bien au contraire.
En dépit de son nom, l'événement n'est pas réservé aux coureuses aguerries. C'est même tout l'inverse. "L'idée principale est d'aller chercher les personnes sédentaires" explique Sophie Moreau. Pour les moins sportifs, une marche de 5 kilomètres est proposée. Et pour ceux qui hésiteraient encore, une "boucle du cœur" de 2,5 kilomètres a été aménagée, accessible aux femmes enceintes, aux poussettes, à toutes les fragilités
"Nous sommes victimes de notre nom" concède la présidente avec un sourire. "Courir pour Elles" peut en effet intimider ceux qui ne se voient pas franchir une ligne d'arrivée. Pourtant, l'association insiste : tout le monde peut venir.
Courir pour elles en chiffres
- 3, 9 millions d’euros
dédiés aux missions depuis 2010
- 165 000
participant(e)s aux évènements
- 11 500
femmes en soin aidées depuis 2010

Prévenir plutôt que guérir
Cette 17e édition marque la deuxième année consécutive où les hommes sont officiellement invités à participer. La raison est à la fois médicale et symbolique : "certains cancers féminins, comme le cancer du sein, peuvent aussi toucher les hommes." Le message de fond : "collectivement, nous sommes plus forts. Une bataille se mène à plusieurs."
Sur le terrain, l'association intervient auprès de trois cibles prioritaires : les jeunes, le milieu rural et les publics vulnérables. Elle s'appuie sur la politique de la ville et travaille "main dans la main" avec les Hospices civils de Lyon, premier employeur de la métropole, mais aussi avec le centre Léon Bérard et le Médipôle, pour proposer de l'activité physique adaptée dès l'annonce d'un diagnostic de cancer.
Ce volet médical constitue, avec la sensibilisation du grand public, le double cœur de la mission de l'association. Deux temps forts rythment l'année : les journées de juin et Octobre Rose, deux moments pensés pour "rappeler et répéter : faites attention à votre santé, devenez acteurs de votre santé."
Soutenue par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le nouvel exécutif de la Métropole de Lyon, "Courir pour elles" nourrit désormais l'ambition d' "étendre son action de prévention au-delà de la région Rhône-Alpes." Un projet qui repose sur une conviction partagée par ses partenaires : seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin.
La retranscription intégrale de l'entretien avec Sophie Moreau
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de “6 minutes chrono”. Nous accueillons aujourd'hui Sophie Moreau. Bonjour !Bonjour Guillaume
Sophie Moreau, vous êtes la présidente et la créatrice de “Courir pour Elles”. Cela existe depuis des années. Pour ceux qui ne connaissent pas, en 30 secondes, quel est le concept ?En 30 secondes, c'est un mouvement pour lutter contre les cancers féminins par la prévention et surtout la promotion de l'activité sportive. Nous faisons cela depuis 16 ans, c'est notre 17e édition.
La 17e édition. “Courir pour Elles”, concrètement, cela se traduit par un événement course-marche qui va se dérouler cette année au…
Au Grand Parc de Miribel Jonage, les 5, 6 et 7 juin. C'est surtout de la marche et de la course. L'idée principale est d'aller chercher les personnes sédentaires et de les encourager à prendre soin de leur santé en étant en mouvement, puisque le mouvement, c'est la vie. Nous sommes tous d'accord que la priorité est de prendre soin de sa santé, car vieillir, c'est bien, mais vieillir en bonne santé, c'est essentiel.
Cette année, pour cette 17e édition, il y a un élargissement à la métropole. Est-ce une nouveauté ?
L'idée, bien sûr, est que “Courir pour Elles” existe depuis 16 ans sur la métropole. Nous avons beaucoup fait Lyon et de plus en plus. Nous sommes très en lien avec les communes de la métropole et je leur adresse un grand merci de relayer notre message de prévention afin de convaincre toujours plus de monde de mettre des baskets et d'être en mouvement.
La vision de “Courir pour Elles” est d'étendre notre action de prévention au-delà de la région Rhône-Alpes. Merci à la Région Auvergne-Rhône-Alpes de nous accompagner également, car on dit toujours que seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin. Il s'agit d'associer tous les acteurs : le nouvel exécutif de la métropole, la région Rhône-Alpes, et tous ceux qui pensent comme nous que l'essentiel est la prévention, c'est-à-dire prévenir plutôt que guérir.
Oui, car on parlait de la prévention et des collectivités, notamment la métropole et la région. La santé est éminemment politique, c'est une stratégie. Comment êtes-vous aidés sur ce sujet ?
Nous sommes bien sûr soutenus par tous, car le sujet de prendre soin de sa santé concerne toutes les familles. Il faut absolument que les responsables politiques soient avec nous. Il faut instaurer des réflexes au quotidien auprès du grand public.
Prendre soin de sa santé n'est pas un sujet passionnant, car cela demande des efforts, mais cela peut rapporter beaucoup. Aujourd'hui, nous avons deux temps forts : les 5, 6 et 7 juin, et Octobre Rose. Ce sont deux moments importants pour rappeler et répéter : faites attention à votre santé, devenez acteurs de votre santé, portez les t-shirts roses. De manière engagée, nous faisons cela solidairement, collectivement.
Vous portez aujourd'hui du bleu, c'est une autre nouveauté : vous allez aussi vous ouvrir aux hommes. “Courir pour Elles”, mais désormais les hommes vont aussi pouvoir participer ?
C'est la deuxième édition où nous incluons les hommes. Nous leur demandons de venir nous soutenir pour combattre le cancer. Nous le disons toujours : collectivement, nous sommes plus forts. Une bataille se mène à plusieurs.
Les hommes ont également demandé, après toutes ces années, d'être à nos côtés, car certains cancers féminins, comme le cancer du sein, peuvent aussi toucher les hommes. Collectivement, nous sommes plus forts. Le mot clé est la solidarité : être solidaires, être ensemble et se battre collectivement.
Être solidaires signifie que toutes ces personnes vont s'inscrire pour marcher ou courir lors de ces événements.
Derrière cette solidarité, que signifie concrètement l'action de l'association pour aider les femmes ?
Concrètement, nous faisons de la prévention. Nous intervenons sur le terrain auprès de trois cibles prioritaires : les jeunes, le milieu rural et les publics vulnérables. Nous travaillons avec la politique de la ville.
La deuxième grande mission de “Courir pour Elles” est d'accompagner les hôpitaux pour proposer de l'activité physique adaptée dès le diagnostic d'un cancer. Nous aidons le centre Léon Bérard, les Hospices Civils de Lyon, le Médipôle. Nous avons un travail important avec les Hospices Civils de Lyon sur cette édition. C'est le premier employeur de la métropole, donc nous travaillons en harmonie, main dans la main.
Avec les autres centres hospitaliers, nous encourageons massivement chacun, femmes et hommes, à mettre des baskets et à devenir acteurs de leur santé.
J'imagine qu'il y a des femmes et des hommes concernés qui voient passer l'événement mais n'osent pas franchir le pas, par pudeur ou autre. Que leur dites-vous ?
Je leur dis que nous sommes victimes de notre nom : “Courir pour Elles” peut faire peur. Pourtant, nous proposons une marche de 5 kilomètres. Nous avons même mis en place une boucle du cœur de 2,5 kilomètres afin que les personnes en fragilité, les femmes enceintes ou celles avec des poussettes puissent venir.
Le mouvement “Courir pour Elles” concerne tout le monde. Tout le monde peut venir. Les 5, 6 et 7 juin, il reste encore des places. Nous essayons de transformer toute notre communauté en participants inscrits et espérons que vous serez nombreux à venir, femmes et hommes, ensemble, unis par le cœur.
L'appel est lancé. Merci Sophie Moreau d'être venue. Bravo pour ce que vous faites. Pour plus d'informations : www.lyoncapitale.fr. À très bientôt, au revoir.

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