Verrière géante et constructions contemporaines : les révolutions de l'Hôtel-Dieu

Oui, le projet du futur Grand Hôtel-Dieu réservait encore quelques surprises. Parmi elles, une verrière géante, des suites en duplex, la construction de trois bâtiments au design contemporain et l’apparition de douze logements. Lyon Capitale vous fait visiter.

Jamais la reconversion du Grand Hôtel-Dieu de Lyon n’a été si proche. Le 28 décembre dernier, la demande d’autorisation de travaux sur monuments historiques a été déposée à la Drac* et le projet sera présenté en commission nationale des monuments historiques le 11 mars prochain. La réponse sur la délivrance ou non du précieux sésame est attendue avant le 28 juin, mais d’ores et déjà Bernard Vitiello, directeur adjoint d’Eiffage Immobilier se montre très confiant et annonce le début des travaux pour la fin de l’année 2013.

À quelques mois de l’ouverture de ce chantier à près de 250 millions d’euros, Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, Dominique Deroubaix, directeur des HCL, Bernard Vitiello, Didier Repellin, architecte en chef des monuments historiques, et Albert Constantin, architecte, avaient donc réuni la presse le 14 février pour présenter la version quasi définitive du projet. Et, si l’on connaissait plus ou moins précisément les contours du futur Grand Hôtel-Dieu, certaines nouveautés ont été dévoilées et quelques précisions apportées.

Un espace commercial “convivial et raffiné”

La version finale du projet propose 51.500 m² de plancher, dont 11.500 m² de constructions neuves. Près d’un tiers des surfaces (17.100 m²) sera dédié aux commerces. 38 boutiques sont attendues, et 7 magasins de moyenne surface (supérieure à 300 m²) devraient s’implanter, dont un en sous-sol. Pour le moment, aucun nom d’enseigne n’est avancé, mais les promoteurs du projet entendent offrir une ambiance “conviviale et raffinée”. Les commerces dédiés à l’équipement de la personne se situeront le long de la rue de la Barre et de la rue Bellecordière. Les magasins d’équipement de la maison et de décoration se déploient quant à eux autour de la cour du cloître et le long de la rue Rivière.

Un passage de l’Hôtel-Dieu va également voir le jour, qui abritera de nombreux commerces des métiers de bouche, en lieu et place de l’actuelle cour du Midi, parallèle à la rue de la Barre.

Cet espace a été conçu autour d’une cour creusée à la façon du marché londonien de Covent Garden, avec différents niveaux de commerces. Le passage sera protégé par une immense verrière aux formes courbes. Les enseignes seront accessibles à la fois par la cour et par les rues de la Barre et Bellecordière, ainsi que par le quai Jules-Courmont.

Hôtel de luxe avec suites en duplex

Un quart du Grand Hôtel-Dieu (13.500 m²) sera dédié à l’hôtel 5 étoiles Intercontinental de 138 chambres. Il s’étendra principalement dans l’aile Soufflot, la plus emblématique de l’édifice. L’accès se fera côté quai Jules-Courmont, par le vestibule situé sous le Grand Dôme. À l’étage, la coupole accueille le lobby-bar de l’hôtel. Cet établissement luxueux intégrera 28 chambres en duplex avec vue sur le Rhône et deux suites dont une présidentielle. Parmi les services proposés, on retrouve une salle de sport, une salle des banquets, ainsi qu’un restaurant de 100 couverts. Côté décoration des lieux, on évoque des gammes chromatiques dans les tons de pierre, avec des camaïeux de couleurs naturelles allant de l’ocre au taupe.

Trois bâtiments contemporains

13.600 m² de bureaux seront également aménagés, dont la moitié se situera dans le bâti neuf. Trois nouvelles constructions contemporaines naîtront dans la rue Bellecordière. Si leurs rez-de-chaussée seront consacrés aux commerces, ce sont des espaces dédiés au tertiaire qui occuperont les étages. Principaux clients visés : les professions libérales et activités de conseil (avocats, notaires…).

2.900 m² seront consacrés au centre de conventions qui sera situé au cœur de l’édifice, dans la partie dite “des quatre rangs”. Le complexe comprend une grande salle polyvalente d’une jauge de 500 places et une dizaine de salles de sous-commissions de 40 à 80 m² dans les étages.

Un espace muséal devrait s’adosser au centre de conventions au cœur du Grand Hôtel-Dieu. Il se veut le socle de la Cité de la gastronomie lyonnaise. Cette zone modulable intégrera les collections du musée des Hospices Civils de Lyon, des expositions permanentes et temporaires, des conférences, spectacles, ateliers de formation autour de la nutrition et de la santé et des laboratoires d’idées autour de la gastronomie. Le reste de la Cité se conçoit plutôt comme un “parcours du goût” qui chemine à travers l’Hôtel-Dieu.

Enfin, alors que cela n’avait encore jamais été évoqué, 800 m² d’appartements sont venus se greffer sur les plans. 12 logements, du studio au T5, implantés le long de la rue Rivière, à proximité de la place de la République.

* Direction régionale des affaires culturelles.

7 commentaires
  1. lyonnais - 15 février 2013

    Les deux immeubles de la rue Bellecordière me font penser à celui du Grand Bazar que l'on n'aime déjà plus !

  2. FOurs - 15 février 2013

    idem lecteur précédent. La hauteur des bâtiments prévus rue Bellecordière est-elle conforme avec la largeur de la rue ? (voir PLU-H). Cela densifie de manière indécente le site… on aurait pu aussi y mettre un dispensaire médical. Nous racheter la Cité de la Gastronomie pour l'enterrement du Musée de la Médecine est une manœuvre à gros sabots !

  3. Etienne Bost - 15 février 2013

    C'est vraiment dommage.

  4. jdelatour - 15 février 2013

    Au secours, je suis né à l'Hôtel Dieu, avec à l'époque des bonne soeur. Et maintenant, je me meurs de voir ce qu'il vont en faire : une merveille architecturale dédiée à la poussière, à la rouille et aux vitres sales. Maman, pourquoi ne m'as-tu pas fait naitre ailleurs ?

  5. Sphinx03 - 16 février 2013

    Déplorer ton lieu de naissance à cause d'un verrière? Ben voyons, il me semble qu'il y a des choses plus graves dans la vie

  6. white jean’s - 16 février 2013

    Un monument historique patrimoine commun des lyonnais défiguré, privatisé. 250.000.000 euros ! Ce n'est pas un montant au Rab…elais. C'est Gargantuesque ! Pour mémoire rémunération d'un Architecte en Chef des Monuments Historique : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=83205841DA6C0FEA963F3B9AFDF92D64.tpdjo16v_1?cidTexte=JORFTEXT000023561027&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id%20 TOUT ce négocie aujourd'hui

  7. hemax - 18 février 2013

    quel grand projet, un des plus beaux symboles de la presqu'île ouverts a tous les lyonnais, j'ai hâte d'être a 2017 pour flâner à l'intérieur des cours!

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut