VENT DE FRONDE AU MODEM

25 adhérents du Modem de Lyon ont signé une pétition pour réclamer un peu de "démocratie interne" au sein du jeune parti. Leur inquiétude ? Que Michel Mercier impose son candidat, voire pas du tout de candidat si le patron du Modem du Rhône décidait de soutenir Dominique Perben (UMP) et de rejoindre le gouvernement en janvier prochain, comme il en est de plus en plus question (lire ci-contre). "Bayrou a ouvert le Modem à des gens nouveaux, il faut des pratiques nouvelles, une démocratie participative" défend un des pétitionnaires, Philippe Christophe, d'autant plus sensible à ses questions qu'en 2001, il était candidat sur les listes "Participation Citoyenne". "La démocratie interne doit être une priorité, sinon le Modem ne pourra pas s'installer durablement dans le paysage politique" poursuit un autre, Luc Ragon. Membre du bureau politique du parti, Anne Pellet les appuie : "Aux législatives, les investitures ont été à la discrétion de Mercier. Le renouvellement est là, il exige plus de démocratie. C'est ce que Bayrou dit, il faut l'appliquer maintenant ! Je ne voudrais pas que le Modem soit le seul parti, avec le FN, à ne pas investir démocratiquement ses candidats..." Faut pas énerver une centriste ! Christophe Cédat met encore moins de pincettes : "Mercier n'est pas un homme d'audace, ni d'action. Il est attentiste... On ne peut pas l'être à cinq mois d'une échéance importante !" Il ajoute : "Mercier pourrait faire partie de l'ouverture de Sarkozy, on ne voudrait pas être mis sur la touche." Le fond du problème semble bien là. Pour y remédier, certains en appellent déjà au roi : "Bayrou n'est pas un imbécile, il voit bien le petit jeu de Mercier. Et il ne laissera pas faire !"

Mercier veut "dialoguer" avec Sarkozy
Michel Mercier est finalement sorti de sa réserve dimanche, dans Le Parisien. Ses propos ont immédiatement été repris par les agences de presse : "Je pense que Bayrou est prêt à dialoguer avec Sarkozy", confie-t-il, ajoutant qu'il estimait ce dialogue "normal, naturel, nécessaire". De plus, "jamais il n'a dit qu'il n'y aurait pas d'alliance avec l'UMP". Ce nouveau signe "d'ouverture à droite" le rapproche sans doute d'une entrée au gouvernement... mais pourrait accentuer la crise au sein du Modem du Rhône.

Begag ne voit pas Mercier trahir...
Azouz Begag confie à Lyon Capitale qu'il ne croit pas aux rumeurs qui envoient Michel Mercier au gouvernement : "C'est de la caricature. Je n'y crois pas. Mercier, c'est le dépositaire des valeurs passées et à venir du Modem". La formule traduit-elle un gage de confiance ou un rappel à l'ordre ? L'ancien ministre de l'Egalité des chances croit en tout cas toujours en ses chances d'être désigné tête de liste du Modem à Lyon : "Ça va se décanter dans les jours qui viennent. Cela prend du temps, c'est normal. Ce n'est pas tous les jours qu'un ancien ministre, qui a fait ses preuves d'engagement auprès de François Bayrou, est candidat à Lyon."

...et définit son anti-Sarkozysme
Azouz Begag n'a pas apprécié les commentaires faits sur sa déclaration de candidature au Modem. "Me présenter comme le candidat anti-Sarkozy, c'est de la caricature ! Cela relèverait de la psychiatrie ! Mon programme politique pour Lyon va bien au delà" explique-t-il, avant de préciser : "J'ai parlé de la ville de l'anti-sarkozysme, parce qu'aujourd'hui, il n'y a plus de gauche ni de droite. Demain Julien Dray, Jack Lang, des communistes et pourquoi pas Malek Boutih vont aller au gouvernement... Ça veut dire que la ligne de rupture n'est plus entre la gauche et la droite, mais entre sarkozysme et anti-sarkozysme. Le sarkozysme, c'est la France de la guerre en Iran, c'est la France arrogante, alignée derrière les américains, c'est la France du bouclier fiscal pour les riches et de la franchise médicale pour les pauvres..."

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Dominique Perben © tim douet
Défait par Gérard Collomb en 2008, Dominique Perben, qui est passé En Marche depuis, aura son mot à dire sur les investitures lyonnais de LREM pour 2020. Il fait partie de la commission d'investiture qui devra choisir entre Gérard Collomb et David Kimelfeld. Tout comme Jean-Marie Girier un ancien collaborateur du maire de Lyon qui a depuis pris ses distances.

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